Doit-on participer sans recul à l'emballement médiatique intentionnellement provoqué par l'équipe Lepage-Jaud-Séralini ?

à la une 20 | 09 | 2012

Doit-on participer sans recul à l’emballement médiatique intentionnellement provoqué par l’équipe Lepage-Jaud-Séralini ?

L’emballement médiatique qu’a suscité la publication de la toute dernière étude de Gilles-Eric Séralini était attendu. Il était même programmé dans le plan de communication de la sortie concomitante de son livre Tous Cobayes ! , de celui de Corinne Lepage, La vérité sur les OGM, c’est notre affaire, et du film du réalisateur anti-OGM Jean-Paul Jaud, Tous Cobayes ? dont quelques séquences ont largement été distribuées aux médias.

Dans un premier temps, il a atteint son objectif : consolider le climat d’anxiété autour des OGM, et faire beaucoup de bruit. La déclaration malheureuse des ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Recherche indiquant que cette étude « valide la position de précaution prise par le gouvernement français sur le moratoire des cultures OGM » ne peut que renforcer la crédibilité des travaux de M. Séralini, pourtant connu pour une certaine légèreté dans sa rigueur scientifique.

Seule la presse étrangère (notamment la BBC et New Scientist) aura soulevé les toutes premières interrogations concernant la fiabilité de l’étude, notamment le choix de la lignée de Rat Sprag-Rauwley, dont le taux élevé de tumeur, et donc de mortalité, en fonction de conditions environnementales (stress, nourriture trop riche, etc.) a fait l’objet de plusieurs articles scientifiques. Ce n’est qu’une des nombreuses questions que soulève le protocole de l’étude, qui n’a à l’heure actuelle fait l’objet que d’une très rapide analyse de la part de la communauté scientifique, très prudente dans ses premiers commentaires. Ce qui se comprend d’autant plus que l’étude de Séralini est loin d’être la première à supposer des problèmes sur des rats nourris aux OGM (Malatesta et al. 2002, Irina Ermakova et al. 2007, Zentek et al. 2008, etc.). Elles ont toutes été contestées par l’ensemble de la communauté scientifique, leur manque de rigueur ayant été démontré...
Dans un second temps, les agences internationales et nationales – sollicitées à juste titre par les autorités publiques – vont donc apporter leurs avis sur les travaux de l’équipe de Caen.

On ne peut qu’espérer que les médias seront alors aussi prolifiques en articles... quelles qu’en soient les conclusions !

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