Marie-Monique Robin, Notre poison quotidien:Haro sur les agences de sécurité sanitaire !

à la une 07 | 03 | 2011

Marie-Monique Robin, Notre poison quotidien:Haro sur les agences de sécurité sanitaire !

Avec Notre poison quotidien , Marie-Monique Robin revient à la charge, en prenant cette fois-ci pour cible le fonctionnement des agences de sécurité sanitaire des aliments. Enquête sur le parcours d’une journaliste militante.

Programmé pour une sortie simultanée en livre, en DVD et sur Arte en mars 2011, le dernier documentaire de Marie-Monique Robin, Notre poison quotidien, ne fait pas dans la dentelle. Implacable réquisitoire contre les agences de sécuritésanitaire internationales (OMS, EFSA, FDA, etc.), son dernier opus est à l’image des précédents : excessif et parsemé de raccourcis. Toutefois, grâce à une maîtrise parfaite du rythme, la journaliste réussit à faire partager au spectateur sa conclusion : « Le système de réglementation est totalement inopérant, il ne sert à rien et ne nous protège pas [1] ! ». Le récent cas du Médiator – qui concerne certes un médicament et non un aliment – semble d’ailleurs donner raison à la journaliste. Et pourtant, c’est l’inverse qui est vrai. Jamais dans l’histoire le consommateur n’a en effet disposé d’une nourriture aussi contrôlée, normalisée, et au final, sécurisée. Certes, ce système, imparfait, peut et doit encore être amélioré. Il n’en reste pas moins qu’en Europe et aux États-Unis, les consommateurs disposent du plus performant système de contrôle alimentaire jamais mis en place. L’augmentation de l’espérance de vie en est la preuve patente – bien que le problème de l’obésité pourrait bien inverser la tendance aux États-Unis.

Dans ces conditions, pourquoi la journaliste a-t-elle décidé de s’en prendre maintenant aux agences de sécurité sanitaire ? Ne s’agit-il pas plutôt pour elle d’un moyen facile de discréditer une certaine forme de société, dont les États Unis seraient le modèle ? C’est en tout cas ce que laisse à penser son « triptyque » Le monde selon Monsanto (2008), Torture made in USA (2010) et Notre poison quotidien ; trois documentaires qui jalonnent le parcours d’une journaliste très militante.

À l’école de l’agence CAPA

« Ma première manif – à treize ans – était contre Pinochet. C’était le temps des grandes dictatures dans toute l’Amérique du Sud [2] », explique Marie-Monique Robin. Quelques années plus tard, son diplôme de journaliste en poche, elle s’engage « au Nicaragua, dans une brigade de solidarité ». En Europe, elle découvre également les grandes manifestations des pacifistes allemands, et sympathise avec le mouvement écologiste naissant. En 1989, après un début de carrière à France 3 Région, elle rejoint tout naturellement l’agence CAPA, une agence de presse privée connue pour son journalisme engagé. Hervé Chabalier, son fondateur, témoigne : « J’ai fait une licence d’histoire, je me sentais très concerné par les événements de Mai 68 à la Sorbonne… J’étais proche de l’Unef [3] . » Soucieux de « défendre la veuve et l’orphelin », il invente un style mêlant intrigue et agitation politique, avec pour toile de fond une information moins institutionnelle et plus « pop ». C’est-à- dire plus proche du spectateur. « À CAPA, on ne zoome pas, on se rapproche », explique celui qui a formé de nombreux grands reporters. « Tous ceux qui sont passés par CAPA ont gardé les fondamentaux en tête [4] », note-t-il. En 1993, Hervé Chabalier confie à Marie-Monique Robin la mission d’enquêter sur le trafic d’organes humains en Colombie. À cette époque, le gouvernement colombien est dans le collimateur de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et de la Fondation France Libertés, présidée par Danielle Mitterrand. L’épouse du président estime que la Colombie est « entre les mains d’un gouvernement instrumentalisé et financé par les États-Unis [5] ». Le documentaire de MMR tombe à pic ! « Un collectif a été créé pour soutenir mon enquête, produite par l’agence CAPA », confirme aujourd’hui la journaliste.

Diffusé dans une trentaine de pays, ce premier grand reportage, intitulé Voleurs d’yeux, lui vaut le prix Albert Londres, mais aussi, à en croire la journaliste, les foudres de la CIA. « Les Américains se mettent en branle. […] Todd Leventhal (de l’USIA) a rencontré Henri Amouroux, président du prix Albert Londres, William Bourdon et Antoine Bernard (FIDH), Jean-Claude Alt (Amnesty International) et d’autres personnalités, pour tenter de les convaincre que j’avais payé les témoins du film plusieurs milliers de dollars [6] », déclaret- elle.

Pire, Marie-Monique Robin aurait été traitée « d’agent du KGB ». « Panique. La presse s’empare de l’affaire. Le président du prix Albert Londres prend peur. Mon prix est suspendu », poursuit la journaliste, qui ne cache pas sa rancoeur envers ses collègues : « Seuls les journalistes de la Croix et de l’Humanité se sont déplacés, m’ont écoutée. Les autres ont descendu le film, parfois même sans le voir. » « Je recevais des menaces téléphoniques. Un jour, j’ai retrouvé le volant de ma voiture sur le siège. En Amérique latine, c’est un signe que lancent l’extrême-droite ou les mafieux, signifiant ”tiens-toi à carreau, sinon on te zigouille” », poursuit-elle. Menaces, CIA, mafia, crime, tous les éléments d’un véritable roman policier, dont Marie-Monique Robin serait l’actrice principale, sont réunis. Et l’affaire de Voleurs d’yeux ne s’arrête pas là : la journaliste de CAPA intente un procès contre le correspondant à Paris du journal El Espectador, Eduardo Mackenzie, qui avait mis en doute l’authenticité de certains faits évoqués dans son documentaire. Un procès qu’elle a d’ailleurs gagné, grâce à Me William Bourdon, alors secrétaire général de la FIDH, et qui est resté depuis son fidèle conseiller.

William Bourdon, un avocat engagé

Outre son militantisme au sein de la FIDH, William Bourdon est le fondateur de
l’association Sherpa, dont l’objectif est de « défendre les victimes de crimes commis par des opérateurs économiques ». Son ouvrage Face aux crimes du marché, paru en février 2010 aux Éditions La Découverte, décortique les dessous de la mondialisation en s’attaquant principalement aux rôles des multinationales. À l’instar de Marie-Monique Robin, l’avocat de la rue de Rivoli y dénonce les stratégies des entreprises « pour flouer les citoyens » . Candidat sur la liste Europe-Écologie, William Bourdon a profité de cette occasion pour faire connaître ses critiques d’une mondialisation qu’il juge « inhumaine ».

Enfin, Me Bourdon est l’avocat de Transparence International (TP), une ONG qui lutte contre la corruption des gouvernements. À ce titre, TP et Sherpa viennent d’ailleurs de déposer une plainte concernant les biens détenus en France par le clan Ben Ali (la Tunisie ayant été placée à la 59e place dans le classement 2010 de l’indice de perception de la corruption établi par
TP). Mais ce brillant avocat ne s’est pas illustré que par sa défense des victimes
des régimes totalitaires d’Amérique latine et d’Afrique. En 2007, il a été l’avocat du directeur de la sécurité extérieure et des renseignements libyens, Moussa Koussa, alors que la Libye était placée à la 146e place du classement de TP, c’est-à-dire bien après la Tunisie ! Et le cas de Moussa Koussa n’est pas unique. « En 2005, William Bourdon a défendu Motassim Bilal Hannibal Kadhafi, le fils du Colonel Mouammar Kadhafi, condamné le 23 mai 2005 par la 10e Chambre du Tribunal correctionnel de Paris à quatre mois d’emprisonnement avec sursis pour violences et port d’arme illégal », révèle le site AgoraVox. Enfin, Me Bourdon a été aux côtés du Colonel lui-même, en défendant son immunité face aux victimes de l’attentat du DC10 d’UTA. Pour William Bourdon, trois crimes à « valeur universelle » peuvent justifier la levée
de l’immunité présidentielle : « le génocide, le crime contre l’humanité et le crime de guerre ». « Le terrorisme, [lui,] est un crime très relatif [7] », explique celui qui est à la fois l’avocat de Marie-Monique Robin et du chef des services de renseignement libyens.

« Globalement orientée à gauche »

Bien entendu, William Bourdon n’est pas l’unique soutien de Mme Robin. La
journaliste peut également compter sur l’appui des Éditions La Découverte, « une maison globalement orientée à gauche, dans un esprit non dogmatique et non ”partidaire” ». Depuis 1983, les ÉditionsLa Découverte sont présidées par François Gèze, dont la carrière de militant a débuté au sein du Centre d’études anti-impérialistes (Cedetim), devenu depuis le Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale. « Au Cedetim, dans les années 1960 et 1970, les luttes, les combats, les discussions et les débats sont empreints d’anti-colonialisme, de libération et de révolution des peuples [8] », note Le journal des Alternatives. « Pour sa part, le jeune révolutionnaire qu’est alors l’éditeur de La Découverte est surtout marqué par l’Amérique latine. Ingénieur et journaliste de formation, le “camarade” s’investit dans la formation d’un comité de soutien à la lutte révolutionnaire au Chili et d’un comité de soutien au peuple argentin », poursuit l’article. « La France néocoloniale était au coeur de notre action, nous agissions en solidarité avec toutes les luttes de libération : l’Angola, la Palestine... », confie François Gèze. Après dix années de présidence, il fait fusionner La Découverte avec Syros, une maison d’édition née en 1974 à l’initiative du PSU. Durant vingt ans, Syros a été « un acteur actif de l’innovation sociale et politique de gauche, dans plusieurs domaines : le monde du travail, le développement local, le combat des femmes, la famille et ses évolutions, le champ social », peut-on lire sur le site de La Découverte. Bref, le militantisme de la maison d’édition est revendiqué. Ce qui ne l’empêche pas d’intégrer en 1998 le groupe Havas, devenu par la suite la propriété de Vincent Bolloré, l’ami de Nicolas Sarkozy, et l’un des plus forts symboles de la Françafrique... Cependant, François Gèze reste plus que jamais convaincu d’avoir pris la bonne décision. « Nous n’avons subi de pressions éditoriales d’aucune sorte. Ça se passe très bien. Ce qui compte, ce sont les bouquins », a-t-il confié au Journal des alternatives. Comme quoi personne ne crache sur le profit, pas même un ancien militant du Cedetim... Et les livres de Marie-Monique Robin rapportent ! Mais François Gèze n’a pas pour autant perdu ses convictions. Comme le souligne le journaliste Antoine Vitkine, le PDG de La Découverte semble également apprécier les théories politiques les plus curieuses. Il n’est donc pas étonnant que certains des ouvrages de Mme Robin, comme Le Monde selon Monsanto ou Escadrons de la mort : l’école française, aient trouvé chez lui un accueil bienveillant.

Des poisons partout

C’est également le cas de Notre poison quotidien, qu’il a choisi d’éditer. Partant d’un constat erroné – le monde occidental subit une épidémie de cancers qui provoque une baisse de l’espérance de vie –, ce livre impute la responsabilité de ce « drame » à la chimie contenue dans nos aliments. « Aujourd’hui, il y a du poison partout, qui rentre dans la nourriture, et on essaie simplement de faire en sorte que les gens ne tombent pas raides morts tout de suite », martèle sans nuance Mme Robin. « Il faut reprendre tout à zéro », c’est-à-dire « forcer le retour à une agriculture non chimique et replacer la santé au coeur du processus », poursuit-elle. Seuls les pays dits du Sud seraient épargnés par « l’épidémie de maladies ». Pesticides, additifs alimentaires, emballages plastiques, aspartame, bisphénol A, etc., tout est passé au crible par la journaliste, qui tient toujours le même discours : les poisons sont partout.

Anxiogène à souhait, son documentaire s’ouvre sur le témoignage de « victimes de pesticides », comme Yannick Chenet, viticulteur à Saujon (Charente-Maritime), décédé le 15 janvier 2011 à 43 ans des suites d’une leucémie. Selon la MSA, sa maladie aurait été déclenchée par l’usage de produits contenant du benzène. Or, cette substance reconnue comme cancérogène n’est pas un pesticide, mais un constituant naturel du pétrole brut, et surtout, un résidu de la combustion du bois ! Certes, elle est utilisée comme solvant dans les pesticides. Mais le principal émetteur de benzène n’est pas la chimie de synthèse : c’est le secteur résidentiel (75,8 % des émissions totales en 2007), suivi du transport routier (14,1 %). On estime d’ailleurs que les vapeurs d’essence inhalées lors du remplissage des réservoirs de véhicules – dont les tracteurs – peuvent provoquer une exposition chronique. Après avoir été remplacé dans le gazoil par le tétraéthylplomb, le benzène a fait son retour dans de nombreux pays, suite à une législation plus sévère sur le plomb. Enfin, il est toujours utilisé pour fabriquer résines, adhésifs, pneus, lubrifiants, colorants, détergents, médicaments… L’exposition au benzène reste donc très complexe, et ne peut en aucun cas se réduire à l’usage des pesticides, contrairement à ce que laisse entendre le reportage de Marie-Monique Robin, ainsi d’ailleurs que les nombreux commentaires qui ont suivi le décès du viticulteur. « Ce métier, cette passion, l’a empoisonné », se révolte Paul François, un agriculteur membre de l’association Victimes des pesticides, mise en place par le patron de Générations Futures, François Veillerette. Ne mâchant pas ses mots, Jean-Paul Jaud, le réalisateur d’un autre film à charge contre les pesticides, Severn, la voix de nos enfants, renchérit : « Arrêtons le massacre. Nous avons le devoir de clamer haut et fort que notre terroir nous tue ». Pas un mot, pas une phrase, concernant l’éventuel rôle de l’industrie des carburants dans l’exposition au benzène. Pourtant, le gasoil peut contenir jusqu’à 1 % de benzène, contre 100 fois moins dans les formulations actuelles de pesticides ! Mais pour Marie- Monique Robin, l’affaire est entendue : les pesticides sont la seule cause de la leucémie de M. Chenet. Un raccourci
bien facile...

Or, ce n’est pas la première fois que la journaliste construit ses reportages sur un procédé aussi radical. Elle en a d’ailleurs fait les frais avec son documentaire Voleurs d’yeux.

Voleurs d’yeux, donneurs d’émotions

Afin d’étayer sa thèse sur la complicité implicite entre voleurs d’organes et autorités colombiennes, Marie-Monique Robin avait bâti son reportage Voleurs d’yeux sur l’histoire d’un jeune garçon, Jaison Cruz Vargas, retrouvé sans yeux et présenté dans son documentaire comme la victime des trafiquants d’organes. Une contre-enquête a montré qu’il n’en était rien. Le malheureux garçon avait en réalité été victime d’une infection ophtalmique qui avait mal tourné. Après avoir effectué, en France, un examen approfondi de
l’enfant, les Pr Gentilini, Fischer et Renard ont apporté un démenti formel à la thèse de la journaliste, mettant en évidence l’énorme erreur de son documentaire. Suite à cette révélation, la commission du prix Albert Londres a pris acte du fait que « le reportage n’apporte pas les preuves irréfutables de ce que [Mme Robin] avance dans le cas précis de l’enfant Jaison Cruz Vargas [9] ». Cependant, elle a décidé de maintenir son prix à la journaliste, au motif qu’elle n’avait pas relevé de volonté de fraude de sa part. Or, le contraire aurait mis en défaut non seulement Mme Robin, mais également la FIDH, qui lui avait fourni son expertise médicale à travers l’une de ses membres, Sylvie Deplus. L’ophtalmologiste de la FIDH, désignée dès le tournage comme la « conseillère médicale dans cette investigation qui s’annonçait particulièrement difficile », semble en effet ne pas avoir été à la hauteur de la tâche, puisqu’elle n’aurait... rien vu ! La commission du prix Albert Londres s’est donc contentée d’émettre les réserves suivantes : « Marie-Monique Robin nous semble s’être laissée emporter par l’émotion, [qui] a contribué à influencer son regard et son langage. Son reportage est ainsi devenu une démonstration, l’illustration d’une thèse. » Elle a également rappelé aux journalistes l’importance de « gérer avec prudence et lucidité leur enthousiasme » et de ne jamais avoir « un recours forcé à l’émotion ».

L’émotion est de retour

Or, moins de dix ans plus tard, Marie-Monique Robin ressort sa stratégie pour ce dernier documentaire, de nouveau auservice d’une thèse. En effet, comment le spectateur peut-il ne pas se sentir concerné face à un chercheur en blouse blanche qui lui apporte la « preuve » du danger des cocktails de produits chimiques ? Analysés séparément, ces produits ne présentent aucun risque. Ce qui ne serait pas le cas avec des mélanges, explique le documentaire. « Lorsque nous travaillons sur la toxicologie des mélanges, nous devons apprendre de nouvelles mathématiques. Car ce que disent nos résultats sur les rats, c’est que 0 + 0 + 0 = 60 », souligne le Pr Ulla Hass, de l’Institut danois de l’alimentation. « C’est effrayant », réagit MMR, qui lui demande : « Ce que vous avez observé sur des rats pourrait-il aussi se produire dans nos organismes ? ». Réponse du Pr Hass : « Le gros problème c’est que nous n’en savons rien ! ». Imparable ! Tout comme le taux d’adrénaline de l’auditeur, qui ne peut qu’augmenter... « Il est très difficile de comprendre pourquoi cela n’a pas été pris en compte plus tôt », conclut le Pr Hass. Or, le spectateur devine déjà la réponse... que lui fournit d’ailleurs Mme Robin à la fin de son documentaire, sur fond de musique sombre, parfaitement adapté à ce moment d’angoisse : « Effets de faibles doses, sensibilité particulière du foetus, effets cocktail. Tout cela a été ignoré pendant 50 ans. Dans le même temps, les maladies chroniques n’ont cessé d’augmenter dans les pays dits développés, avec en tête le cancer, dont
l’incidence a été multipliée par deux au cours des 30 dernières années, selon les chiffres du CIRC. Comment peut-on encore nier que ces pathologies sont
liées au modèle industriel qui caractérise la civilisation moderne ? »
. La journaliste présente alors son alternative : des villages reculés de l’Inde paysanne, où ni le cancer ni l’obésité n’ont encore prise sur l’homme. Le spectateur l’aura donc compris sans problème : il faut en finir au plus vite avec le pouvoir de l’argent des multinationales...

Pris dans la cadence rapide du reportage, où se succèdent les images chocs, ce dernier n’a plus le temps de la réflexion. Or, de nombreux faits infirment les conclusions alarmistes de MMR ; le plus éclatant restant le fait que l’espérance de vie continue à augmenter, notamment en France, avec un gain moyen de deux mois chaque année. En outre, cette amélioration touche la tranche d’âge qui a subi la plus grande agression chimique, à une époque où l’état des connaissances ne permettait pas aux instances sanitaires d’effectuer les contrôles nécessaires. Grand pays agricole et grand consommateur de pesticides, la France reste donc bien placée dans le peloton de tête (84,5 ans pour les femmes et 77,8 ans pour les hommes), juste derrière le Japon, et bien avant le Danemark, pourtant champion du bio... et « capitale européenne du cancer » !

Reste à savoir si les documentaires de Mme Robin sont vraiment « subversifs ». On peut en effet se demander si le fait de prendre Monsanto pour cible au moment où Nicolas Sarkozy décide d’interdire le maïs OGM du semencier américain, ou de mettre en cause le fonctionnement des organismes de sécurité sanitaire européens, alors que la France en exige la réforme, dérange tellement le locataire de l’Élysée...

[1Entretien avec Marie-Monique Robin, dossier de Presse, Arte.

[2Marie-Monique Robin, grand reporter sous pressions médiatiques, L’Humanité, 21 septembre 2002.

[3Les Échos.fr, 11 août 2006.

[4L’agence CAPA a 20 ans, Les Inrocks, 26 novembre 2009.

[6Marie-Monique Robin, Voleurs d’organes, enquête sur un trafic, Bayard Éditions.

[7William Bourdon, candide ou imposteur ?, AgoraVox, 14 juillet 2009.

[8Un éditeur engagé, Le journal des alternatives, France-Isabelle Langlois, octobre 2003.

[9Aujourd’hui, Marie-Monique Robin se défend, affirmant qu’« il n’y eut jamais “d’examen”, mais la seule interprétation d’un dossier médical fourni par la clinique Barraquer ». Ce n’est pourtant pas ce qui ressort du Rapport d’examen de l’enfant Wenis Yeison Cruz Vargas, 10 août 1995, disponible sur Internet.

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