OGM : Décryptage d'une manipulation médiatique

à la une 26 | 03 | 2007

OGM : Décryptage d’une manipulation médiatique

« Le citoyen, comme le consommateur, est manipulable pour peu qu’on sache appuyer sur les bons boutons », peut-on lire en présentation de l’ouvrage de Paul Moreira, Les nouvelles censures, dans les coulisses de la manipulation de l’information (Robert Laffont, février 2007). Et lorsqu’il s’agit d’appuyer sur les bons boutons, Paul Moreira connaît l’exercice ! Lui-même est le réalisateur de l’émission de Canal + « 90 minutes » , qui a récemment beaucoup fait parler d’elle, avec son documentaire très controversé « OGM, l’étude qui accuse », signé du journaliste Michel Despratx.

Diffusé le 15 novembre 2005 sur Canal +, « OGM, l’étude qui accuse » a bénéficié d’une seconde vie sur Internet en février 2007, grâce à une rumeur insinuant qu’il aurait été censuré. Rumeur subtilement distillée sur certains sites anti-OGM à partir du 2 février 2007, soit trois jours avant la publication du livre de Paul Moreira sur les nouvelles censures (et que Paul Moreira a immédiatement démenti) !

Ce « documentaire », qui a été vu par plus de 3 millions de personnes, constitue un parfait cas d’étude de l’utilisation des rouages de la désinformation médiatique, dénoncée par ce même Paul Moreira. Il nous paraît donc indispensable de le décrypter.

Tout d’abord, l’ambiance. « Jusqu’à maintenant, on n’a jamais eu la preuve scientifique que les OGM étaient dangereux pour la santé. Et bien [grâce à deux études], c’est chose faite », annonce gravement Paul Moreira. « Ce que montre l’enquête de Michel Despratx, c’est que les firmes des OGM et les gouvernements occidentaux ont tout fait pour minimiser et cacher les résultats de ces enquêtes scientifiques », renchérit Luc Hermann, rédacteur en chef de l’émission. Habilement, les premiers éléments du montage sont ainsi posés : « danger pour la santé » et « dissimulation d’information par les gouvernements et les agences internationales au profit des multinationales ». C’est ce que l’enquête va « prouver », grâce à la « révélation de deux études secrètes ». Des accusations qui font froid dans le dos... si tant est qu’elles soient fondées !

Cependant, il y a un obstacle à surmonter. C’est que « le public est méfiant face aux journalistes en général, et à ceux de la télévision en particulier », affirme Paul Moreira dans un entretien accordé à Télérama le 6 février 2007. Il faut donc frapper fort, quitte à s’octroyer quelques libertés par rapport à la vérité. C’est pourquoi Michel Despratx décide d’assener une nouvelle fois sa thèse en faisant parler madame Tout-le-monde. C’est bien connu, grâce au phénomène identificatoire, le message passe mieux chez le téléspectateur. « En fait, on ne sait pas si [les OGM] sont dangereux ? », demande le journaliste à une passante. « On ne sait pas », répond-elle. « On ne sait pas, mais cela se vend quand même », poursuit-il. « Exactement ! », confirme la passante. L’affaire est entendue. Cette subtile mise en scène permet de faire croire que ces dangers sont établis et, pire, que nos responsables sont tout à fait prêts à les ignorer.

Après cette délicate mise en bouche, Michel Despratx se lance dans la définition d’un OGM : « Un organisme génétiquement modifié est une plante dans laquelle des scientifiques ont introduit un gène venant d’un animal ». Cette définition est fausse. En effet, un OGM est un organisme dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne peut s’effectuer naturellement par multiplication et/ou par recombinaison. La différence n’est pas anodine, car aucun OGM utilisé aujourd’hui ne contient « un gène venant d’un animal » . L’affirmation suivante : « on a inventé le maïs qui tue les insectes » est également erronée. En effet, il n’existe pas de « maïs OGM qui tue les insectes », mais des maïs OGM qui tuent certains insectes bien ciblés qui leur sont nuisibles, tout en étant parfaitement inoffensifs vis-à-vis des autres ! Cette technique de manipulation, qui mêle amalgames et raccourcis, n’a pas échappé à un jeune étudiant en biologie de l’Université de Versailles, qui résumait sur son blog Internet : « On présente la plante génétiquement modifiée comme un outil qui provoque la mort » . L’objectif du journaliste n’est visiblement pas de donner une information exacte, mais de faire émerger un concept, qu’il veut terrifiant - et qu’il illustre habilement par une abeille morte -, celui de « maïs-pesticide » !

Dans son entretien à Télérama, Paul Moreira s’insurge contre le fait que certains de ses confrères «  acceptent de balancer telle ou telle info, plus ou moins complète, plus ou moins orientée ». Pourquoi alors cautionne-t-il un documentaire dont la rigueur journalistique ne répond pas à sa propre éthique ? D’autant plus que dans le reste du reportage, Michel Despratx ne fait pas vraiment dans la dentelle...

Le cas de l’étude italienne

Le premier dossier « secret » sur lequel s’appuie le reportage a fait l’objet de... cinq publications, dont trois dans le European Journal of Histochemistry (2003, 2004, 2005). Il s’agit de travaux réalisés par l’équipe italienne de Manuela Malatesta, effectués sur des souris nourries avec un soja OGM. Ils ont été présentés lors du 46e symposium d’histochimie qui s’est tenu à Prague les 22-25 septembre 2004. Ces travaux sont d’ailleurs tellement connus que même la petite revue militante anti-OGM de l’association Inf’OGM en a fait état à plusieurs reprises. Dans le reportage, ils sont présentés comme révolutionnaires. « C’est ce microscope électronique jamais utilisé avant qui a permis de découvrir que l’OGM a modifié les organes des souris », explique Michel Despratx. Cette découverte alarmante nécessite donc d’être poursuivie. « Il est crucial de poursuivre cette étude », ajoute le journaliste, en anticipant sur la réaction naturelle du spectateur. Or, qu’apprend-on ? « Curieusement, le gouvernement italien refuse de financer plus loin cette recherche ». Une information qui semble invraisemblable ! Pourtant, ces propos sont confirmés par Mme Malatesta. « Comme il n’y a pas de données scientifiques qui démontrent que les OGM ont des effets négatifs sur la santé, il est inutile de faire de la recherche sur ce sujet », lui aurait-on répondu. « Pour l’instant, les souris qui ont mangé des OGM ne sont pas tombées malades », admet le journaliste. « Mais à long terme ? », interroge-t-il, insinuant le doute quant à d’éventuelles conséquences dans le futur. Laissant entendre qu’on ne sait pas et qu’on ne veut surtout pas savoir, Michel Despratx peut donc conclure : « Autrement dit, le gouvernement Berlusconi ne veut pas en savoir plus sur les risques du soja transgénique ». L’affaire est limpide : sous l’influence de Silvio Berlusconi, l’Etat italien aurait enterré la seule étude démontrant le danger des OGM pour la santé humaine. Fin de la séquence italienne.

Pourtant, contrairement à ce que laisse entendre le reportage, l’étude de Mme Malatesta a fait l’objet d’une polémique publique tout à fait transparente en Italie. Lors de sa publication, un reportage à la télévision italienne lui a été consacré, et le plus grand hebdomadaire national, Panorama, a publié un article de plusieurs pages à son sujet. Gianni Alemanno, le ministre italien de l’Agriculture - connu pour ses positions très prudentes à l’égard des OGM, - a d’ailleurs saisi le Conseil supérieur de la santé pour lui demander d’analyser les travaux de la chercheuse. Démarche qui a reçu le soutien du parti Vert italien. Après examen, le conseil italien a jugé que les travaux de Mme Malatesta ne méritaient pas d’être poursuivis. En effet, sans analyse biochimique, sans définition claire de la lignée des animaux utilisée et sans définition de la nature des sojas témoin et transgénique, ces expériences ne sont ni reproductibles, ni vérifiables. Les travaux de Mme Malatesta n’ont suscité aucune inquiétude particulière de la part du Conseil supérieur de la santé italien ni de celle de la communauté scientifique internationale qui a examiné les résultats. Ce qui explique que personne n’ait estimé utile de poursuivre ces recherches. M. Berlusconi n’y est donc pour rien !

Pour étayer sa thèse, Michel Despratx prend cependant à témoin le spectateur en lui montrant des images d’organes de souris ayant ingéré du soja OGM, et présentant des « lésions » sous forme de « points noirs ». Ces images peuvent persuader facilement le néophyte de la nocivité du soja OGM. En revanche, elles ne trompent pas les spécialistes. « Les conclusions de Manuela Malatesta, telles que je les ai vues sur le film, ne sont nullement convaincantes », déclare le Pr Jean-François Foncin, du laboratoire de neuro-histologie de Brie-Comte-Robert. En effet, « ces images en microscopie électronique sont non spécifiques et peuvent très bien être dues à des variations dans les conditions de fixation - la rigueur de celle-ci doit être à la mesure de la sensibilité de la méthode ». Une précision qu’il n’aurait pas été inutile de faire partager aux téléspectateurs.Tout comme il aurait été instructif que Michel Despratx fasse état des propres conclusions de Mme Malatesta, consignées dans ses diverses publications. La chercheuse italienne ne fournit en effet aucune explication définitive quant à la nature de ces points noirs, sauf à suggérer que ceux-ci pourraient être dus à des résidus de glyphosate sur le soja transgénique, ou à une modification des teneurs en phyto-œstrogènes, substances présentes à l’état naturel dans le soja et dont la teneur peut varier selon les variétés. Rien à voir avec un problème d’OGM ! Ce qu’elle a clairement démontré en revanche, c’est que « les animaux ne présentent aucune anomalie au plan des organes étudiés (foie, pancréas, etc.) et surtout aucune atteinte à leur survie, ou à leur poids, ou à leurs niveaux circulants d’insuline et d’alpha-amylase à la fin des traitements », comme l’explique Patrick Maurel, directeur de recherche à l’Inserm et membre de la Société française de toxicologie. Manuela Malatesta a également prouvé que ces perturbations - lorsqu’elles existent - sont réversibles, et que les points noirs disparaissent au bout d’un mois ! Michel Despratx disposait donc de la réponse à sa question sur les effets à long terme : ceux-ci sont inexistants. Pourquoi a-t-il entretenu le doute ? Pire, pourquoi a-t-il affirmé que « l’OGM a modifié les organes des souris » ? Pourquoi n’a-t-il pas communiqué l’avis des experts qui se sont prononcés sur ces travaux ? Pourquoi a-t-il présenté cette étude comme secrète ? Pourquoi n’a-t-il pas fourni aux spectateurs l’ensemble des éléments relatifs aux véritables motifs de l’arrêt des recherches de l’équipe de Mme Malatesta ?

Le cas de l’étude Monsanto

Deuxième dossier « révélé » par le documentaire : celui du maïs MON 863 de Monsanto. Ce maïs OGM a fait l’objet de travaux réalisés par la firme américaine et consignés dans une étude de plus de 4 000 pages. Selon le reportage, c’est dans cette étude « cachée par les pouvoirs publics et par les firmes » que se trouveraient les preuves de la toxicité de cet OGM pour les rats. Certes, le volumineux rapport de Monsanto n’était pas consultable par le citoyen. Mais laisser entendre que la firme américaine aurait caché des éléments importants relève de la pure désinformation. En effet, le rapport - qui contient exclusivement des données brutes sur une seule étude sur rat réalisée pour la firme américaine par un nombre limité de laboratoires - avait été diffusé auprès de tous les organismes officiels de santé publique qui devaient trancher sur l’innocuité de l’OGM. Il n’avait donc rien de secret. La confidentialité exigée par Monsanto pour ce document - comme d’ailleurs pour la plupart des rapports de ce type - est peut-être discutable. En revanche, le fait que la firme américaine ne désire pas communiquer ses résultats à des organisations anti-OGM, se doutant de l’utilisation qui pourrait en être faite, est parfaitement compréhensible. Pourquoi Michel Despratx a-t-il prétendu qu’il s’agissait d’un document secret ? Cette technique de reportage n’est-elle pas précisément celle que Paul Moreira reproche au réalisateur américain Michael Moore d’utiliser, lorsqu’il fustige sa « tendance à escamoter un peu les faits qui ne le servent pas » ?

Haro sur la CGB

En France, nul chercheur ne connaît mieux le dossier MON 863 que Gérard Pascal, chargé de mission à la Direction scientifique nutrition humaine et sécurité des aliments de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Membre de la Commission du génie biomoléculaire (CGB), il est le premier à avoir décortiqué la volumineuse étude déposée à la CGB pour avis par la firme américaine. Il aurait donc été naturel que le journaliste s’entretienne avec lui. D’autant plus que c’est lui qui a formulé les objections initiales sur le MON 863. Or, curieusement, Gérard Pascal n’a jamais été contacté par l’équipe de Michel Despratx. Apparemment, le journaliste a préféré s’en tenir aux quelques explications sommaires de Gilles-Eric Séralini, professeur de biologie moléculaire - qui n’est au demeurant ni toxicologue, ni statisticien. En moins de quinze secondes, M. Séralini démontre, avec toute l’autorité de sa blouse blanche revêtue pour l’occasion, la « fraude statistique » de Monsanto. Une « fraude » qui aurait échappé à tous les experts de la CGB ! Michel Despratx n’a de toute évidence pas estimé nécessaire de suivre les doctes recommandations confiées par Paul Moreira au magazine Télérama : « Le journaliste reste garant d’une indépendance et d’une méthode : il vérifie les infos, il multiplie ses sources, il va sur place ». A moins que son objectif n’ait tout simplement été de jeter le discrédit sur la CGB. Ce qui pourrait expliquer l’intervention de Gilles-Eric Séralini. Le professeur, bien que membre de la Commission du génie biomoléculaire, est en effet un militant anti-OGM notoire, qui ne rate pas une occasion de critiquer le fonctionnement de la CGB. Un autre élément qui aurait certainement pu intéresser le téléspectateur...

Où est le scandale ?

La véritable histoire du maïs MON 863 n’a rien de scandaleux, et constitue même l’exemple parfait du fonctionnement très prudent de la CGB. Alors que ce dossier était déjà validé par plusieurs instances internationales, dont l’Afssa et l’Aesa, la Commission du génie biomoléculaire a pris plus d’un an pour l’examiner. Interrogé par la rédaction d’A&E, Gérard Pascal a rappelé que « lors d’une première séance, le 27 mai 2003, la CGB a examiné le rapport sur le maïs MON 863 déposé auprès des autorités allemandes. Or, à la lecture de ce dernier, elle a estimé qu’il était impossible de se prononcer sans disposer du rapport complet de l’étude de toxicité à 90 jours chez le rat, dont elle n’avait reçu qu’un court résumé. C’est ce qu’elle a fait savoir par un avis, le 27 juin 2003. » Après réception de ces données, fournies par la Commission européenne, Gérard Pascal a mis en évidence un certain nombre de différences significatives entre le lot d’animaux « lignée parentale » non transgénique et le lot MON 863. La CGB est donc revenue vers Monsanto en lui demandant un complément d’explications. « Lors d’une première rencontre avec les représentants américains de la firme, ces derniers ne nous avaient pas apporté des éléments convaincants. Dans un avis daté du 25 juin 2004, nous avons donc suggéré à Monsanto de nous fournir des informations complémentaires », poursuit Gérard Pascal. La firme américaine s’est exécutée. Elle a remis une expertise indépendante réalisée par deux anatomo-pathologistes de renom international en matière d’anomalies du rein du rat. L’expertise faisait ressortir que les anomalies observées sur le lot MON 863 étaient de même nature que celles observées sur le lot témoin - tout en étant un peu plus nombreuses, bien que non statistiquement significatives - et qu’elles étaient identiques à celles observées traditionnellement chez le rat de laboratoire. « Pour être certains, nous avons demandé une contre-expertise à un expert français, le Pr A-Laurent Parodi, ancien directeur de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort », ajoute Gérard Pascal. Ayant obtenu réponse à l’ensemble de ses interrogations, la CGB a finalement conclu, lors des séances des 9 et 23 novembre 2004, que le maïs MON 863 ne représentait aucun danger. Ce faisant, elle se ralliait aux autorités sanitaires de nombreux pays, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, Taïwan ou les Etats-Unis, qui avaient déjà donné leur accord à l’importation du maïs MON 863. « Michel Despratx pense-t-il sérieusement qu’il y ait également dans ces pays une conspiration des gouvernements et des agences de protection de la santé ? », s’interroge Patrick Maurel.

Pourquoi ces clarifications ont-elles été exclues du reportage, alors qu’elles étaient de notoriété publique ? En effet, Gérard Pascal s’était clairement exprimé à ce sujet lors de son audition parlementaire du 2 février 2005. De telles omissions peuvent-elles être considérées comme « le résultat d’une enquête contradictoire réalisée dans les règles les plus strictes du métier journalistique », comme l’écrit Luc Hermann dans un courrier du 14 décembre 2005 ? On peut alors se demander où est le vrai scandale : dans l’affaire du maïs MON 863, ou dans la réalisation d’un « documentaire » qui veut faire passer la CGB pour un comité corrompu à la solde de Monsanto.

Une manipulation dénoncée

Personnellement mis en cause dans le reportage, le Pr Marc Fellous, président de la CGB, a réagi avec la plus grande fermeté : « Ce document manque d’objectivité et accumule les erreurs et les inexactitudes. Avec des coupures bien choisies, l’on me fait tenir des propos qui, sortis de leur contexte, donnent lieu à des interprétations erronées. » Comme le relève Patrick Maurel, « la question de la dangerosité des plantes OGM est posée au Pr Marc Fellous à la fin du reportage. Avec une très grande honnêteté scientifique et intellectuelle, celui-ci répond en scientifique responsable : même si aucune donnée ne nous permet à l’heure actuelle de dire que des risques existent pour les populations humaines exposées, on ne peut pas affirmer qu’il n’y en a pas. Le risque zéro n’existe pas. Et le journaliste de s’emparer prestement de cette réserve avec l’arrogance imbécile des ignorants pour conclure à “un surprenant aveu” [sic] sur le fait que les plantes OGM représentent un grand danger ! Bravo pour l’entourloupe : un modèle du genre ! »

Le Pr Fellous a reçu de nombreux témoignages de soutien. Michel Dron, professeur de biologie et de pathologie végétale et directeur de l’Ecole doctorale d’Orsay, qualifie le reportage d’« abominable désinformation ». Gérard Pascal estime, lui, que « cette diffusion est une attaque intolérable à la vérité scientifique ». C’est pourquoi dès le 8 décembre 2005, il a organisé « une réunion de tous les responsables de communication des centres de l’Inra pour analyser avec eux, en détail, les passages mensongers ». Quant à Jean-Yves Le Déaut, député socialiste de Meurthe-et-Moselle et vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, il a vivement réagi dans un courrier adressé à l’équipe du reportage le 1er février 2006 : « Je suis sidéré par le manque total d’esprit critique et d’objectivité du journaliste Michel Despratx. [...] La qualité scientifique du film est médiocre. [...] Tout est à l’avenant dans ce film : de la définition du maïs “tueur d’insectes” à l’isolement de leur contexte des propos du Pr. Marc Fellous, que vous affublez de la distinction péjorative de “chef des experts”. [...] Ces sujets sont complexes et ne méritent pas le traitement de “café du commerce” ».

Dans Télérama, Paul Moreira déclare que « le journaliste est obligé de soigner ses réseaux, d’être dans la connivence. Il est du coup plus facilement manipulable ». Formulée à propos de la « fuite » du secret d’instruction, cette remarque semble avoir été taillée sur mesure pour ce reportage ! Car s’il y a connivence, c’est bien entre Michel Despratx et les Faucheurs volontaires, comme en témoigne la séquence consacrée aux destructions de champs de maïs OGM. De plus, Michel Despratx était présent lors du procès des Faucheurs volontaires à Orléans le 27 février dernier ! Auréolé de sa prétendue objectivité journalistique, « OGM, l’étude qui accuse » a donc été utilisé à des fins militantes et politiques dans le cadre d’affaires judiciaires relevant du pénal... alors qu’il ne s’agit que d’un grossier montage ! Doit-on en déduire que les opposants aux OGM n’ont rien de plus solide pour défendre leurs positions ?

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