actualités 16 | 06 | 2006

L’Académie d’Agriculture s’engage auprès des apiculteurs

Le 14 juin 2006 s’est tenue à Paris la deuxième séance du groupe de réflexion « Abeilles et Agriculture », organisée par l’Académie d’Agriculture. Occasion pour son président, Alain Rérat, de dégager quelques conclusions générales sur le sujet très controversé des dépérissements d’abeilles. Pour ce dernier, aucun doute : ce problème résulte d’un ensemble de facteurs d’ordres nutritionnel, climatique, pathologique et toxicologique. « Au premier chef, on peut incriminer très probablement l’alimentation des abeilles, devenue par phases déséquilibrée et insuffisante en raison des très importantes modifications des milieux naturels provoquées par les activités anthropiques et plus particulièrement agricoles », a souligné Alain Rérat. Ce dernier accuse « la monoculture de végétaux sans intérêt pour les apoïdes (céréales), la massive disparition des haies, la fauche précoce des bordures fleuries, les variations des proportions d’espèces végétales entomophiles et notamment l’extension passive ou active de variétés végétales peu mellifères et pollinifères, et l’épandage excessif d’herbicides totaux ».

Sans écarter la piste des pesticides, le groupe de réflexion estime qu’on a également « sans doute un peu trop négligé les causes variées de pathologies, et en tout premier lieu l’invasion catastrophique d’un acarien sans frontière d’origine asiatique, le varroa destructor  ». Phénomène universel, le dépérissement des abeilles est donc clairement d’origine multifactorielle, et il serait « vain de vouloir [le] prévenir par des mesures isolées », selon les membres de l’Académie.

Pour tenter d’apporter une solution aux problèmes apicoles, l’Académie envisage une multiplicité de pistes, « dont chacune serait inutile sans le concours des autres ». Parmi celles-ci, Alain Rérat accorde la priorité au « développement d’espaces voués à l’alimentation des insectes mellifères, aux améliorations des tests d’évaluation et des procédures d’homologation et d’emploi des divers pesticides, à la lutte contre le varroa, notamment par la mobilisation de l’industrie chimique, et à l’instauration de mesures hygiéniques systématiques et généralisées dans la filière apicole, appuyées par un réseau de techniciens apicoles bien formés  ».

Pour les membres de l’Académie, le dépérissement des abeilles n’est pas seulement un problème apicole. Il « représente en outre un extrême danger pour les productions agricoles, horticoles et fruitières, en raison du déficit de pollinisation qui peut en résulter, d’autant plus important que ce phénomène touche également les apoïdes sauvages, dont l’activité et l’efficacité leur sont complémentaires dans le temps et dans l’espace ». Dans cet esprit, le groupe Abeilles et Agriculture va maintenant hiérarchiser des recommandations, qui après validation par l’Académie, seront présentées très prochainement aux pouvoirs publics.

Académie d’agriculture apiculture

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