Le barrage de Sivens est-il surdimensionné ?

actualités 27 | 11 | 2014

Le barrage de Sivens est-il surdimensionné ?

Dans leur rapport sur le barrage de Sivens, les experts Nicolas Forray et Pierre Rathouis concluent à une « surestimation des besoins de substitution de l’ordre de 35 % ». Par conséquent, ils proposent de ramener le volume contractualisable de substitution de 726000 à 448000 m3.

« Faute d’une connaissance précise des volumes prélevés, les débuts de la gestion quantitative, à partir de 1997, ont été conduits, non sur la base des prélèvements réels, mais à partir des surfaces irriguées déclarées au titre de la politique agricole commune (PAC), auxquelles on affectait des besoins forfaitaires à l’hectare. Cette approche est devenue impossible avec la réforme de la PAC en 2009, qui met fin à la surprime culture irriguée, et donc aux déclarations de surfaces correspondantes », expliquent Nicolas Forray et Pierre Rathouis. C’est pourquoi ils ont fixé le volume contractualisable de substitution à partir de l’historique des prélèvements effectués de 2004 à 2009, aboutissant ainsi à une différence de 35% par rapport au projet initial.

Cette méthode est contestée par les responsables agricoles, qui rappellent que pendant ces années de référence, des interdictions, totales ou partielles, ont fortement limité les volumes prélevés. « Ce calcul ne prend donc pas en compte les besoins réels des plantes, mais ceux qui ont été autorisés précisément parce qu’il n’y a pas de retenue d’eau », déplore Pierre Vincens, responsable du secteur irrigation de la FDSEA du Tarn. Alors que le recyclage vertueux et écologique de l’eau de pluie devrait être encouragé, la méthode choisie par les deux experts relève du contraire, puisqu’elle se base sur un statu quo et fixe un volume le plus bas possible.

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