Le stockage des céréales bientôt dans l'impasse technique ?

actualités 07 | 10 | 2008

Le stockage des céréales bientôt dans l’impasse technique ?

Dans un rapport sur les méthodes de gestion des insectes pour le stockage des céréales, daté du 22 septembre 2008, le Comité du commerce des céréales, aliments du bétail, oléagineux, huile d’olive, huiles et graisses et agrofournitures (Coceral) lance un sévère avertissement à la Commission européenne. « En l’état, la proposition de la Commission Européenne sur la diminution des LMR, conjuguée à la suppression croissante des matières actives, pourrait bien mettre en péril le système de stockage européen », avertit l’auteur du rapport, Matthieu Segard.

Afin de garantir la norme de « zéro insecte vivant » dans les silos, les organisations de stockage ne peuvent se contenter des traitements mécaniques (lavage des silos, ventilation) et de la fumigation. « Les insecticides restent indispensables pour fournir une garantie maximale », rappelle Matthieu Segard. Ce dernier déplore que l’agrochimie délaisse ce marché considéré comme non rentable : « En conséquence, par manque d’investissement dans la recherche, les sociétés de stockage ne disposent plus que d’anciennes matières actives, dont les profils toxicologiques ne répondent plus toujours aux exigences d’aujourd’hui. Ainsi, cinq des onze insecticides disponibles ont déjà été retirés du marché, dont le dichlorvos, alors que celui-ci était très efficace, en particulier contre les insectes adultes ».

« Notre étude, qui porte sur 5% du total des 300 millions de tonnes stockées chaque année en Europe, a mis en évidence que pour la récolte 2006-2007, l’ensemble des traitements chimiques reposait essentiellement sur quatre matières actives (dichlorvos, malathion, pyrimiphos-methyl et deltaméthrine) », poursuit Matthieu Segard. La plupart des autres matières actives utilisées ne sont effectivement efficaces que contre les larves. Le dichlorvos et le malathion n’étant plus autorisés, il ne reste donc plus que le pyrimiphos-methyl la deltaméthrine et le chlorpiriphos méthyl, dont les LMR sont en train d’être revues à la baisse par la DG Sanco. « Or, la suppression du dichlorvos et du malathion conduira à une hausse mécanique de l’usage des deux matières actives restantes », avertit Matthieu Segard. Si les autorités ne prennent pas en compte les impasses techniques qu’entraîneraient des normes européennes plus strictes que celles des autres continents, une quantité non négligeable de céréales (estimée entre 15 et 20%) pourrait sortir du marché européen, au risque de provoquer une hausse des prix de l’alimentation animale. On évoque déjà le cas de cargaisons qui n’ont pas pu entrer en Europe au printemps dernier pour cause de dépassement des LMR. Une situation qui risque de se reproduire très fréquemment si la LMR du pyrimiphos-methyl est fixée en dessous de 1,5 ppm...

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