Les Verts privés d'écologie

actualités 21 | 05 | 2012

Les Verts privés d’écologie

Il n’y aura donc aucun membre d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) au ministère de l’Environnement, dont la charge a été confiée à la sénatrice PS Nicole Bricq. En revanche, accord PS-EELV oblige, Cécile Duflot hérite… du ministère de l’Egalité des territoires et du Logement.

Il s’agit d’« un pôle ministériel majeur, au carrefour des crises écologiques, économiques et sociales, avec des enjeux considérables pour la vie quotidienne de nos concitoyennes et de nos concitoyens », note un communiqué de presse d’EELV, en guise de justification aux yeux des militants écologistes, justement déroutés. Titulaire d’un DEA de géographie et d’un diplôme d’urbaniste, Cécile Duflot pourra donc mettre toutes ses compétences aux services de la nation. Mais surtout, sa nomination a l’immense avantage de résoudre l’épineuse question des partages de circonscriptions pour les futures élections législatives. En effet, l’ancienne patronne d’EELV avait obtenu la promesse que le PS ne présenterait aucun candidat dans la sixième circonscription de Paris, considérée comme l’une des plus bobos de France. Un cadeau qui avait plutôt énervé la députée-sortante Danielle Hoffman-Rispal. Soutenue par le maire de Paris et par Anne Hidalgo, l’élue du PS avait alors menacé de se présenter en dissidente. Affichant leur soudaine « union », lundi dernier, Cécile Duflot et Danielle Hoffman-Rispal ont finalement trouvé un terrain d’entente, la dernière ayant soudainement accepté de devenir la suppléante de la première. La perspective de conserver son siège au Palais-Bourbon étant garantie par la nomination ministérielle de l’ex-patronne d’EELV, Danielle Hoffman-Rispal a donc mis de l’eau dans son vin. Toutefois, l’accord entre amies ne trompe personne. Car on est plus proche du montage et du partage, certes efficace, que de l’éthique politique. « Nous sommes un peu ’cornerisés’ en donnant une image de chasse aux portefeuilles, aux maroquins. On en a trop fait », avait déclaré quelques jours auparavant le sénateur Vert Jean-Vincent Placé. Visiblement sans mettre fin à la « ministrite », qui a atteint la tête du Parti.

Pendant que Cécile Duflot s’occupera de l’encadrement des loyers – une promesse du candidat Hollande –, la sénatrice PS Nicole Bricq aura en charge les dossiers de l’énergie, de la transition écologique et du développement durable. La ministre de l’Ecologie pourra compter sur l’aide de la transfuge des Verts et députée européenne PS Marie-Hélène Aubert, qui s’est entourée de Géraud Guibert, animateur du pôle écologique au PS, de Philippe Martin, député PS du Gers, de Laurence Rossignol, sénatrice PS de l’Oise, de Jean-Louis Joseph, vice-président PS de la région PACA et de Jean-Louis Fousseret, maire PS de Besançon. Bref, que des élus socialistes…

L’écologie serait-il un sujet trop sérieux pour être confié aux Verts ? C’est en tout cas ce que semble penser le président Hollande, qui a jugé que dans ce domaine, mieux valait laisser une place singulièrement étroite au turbulent allié écologiste. Il est vrai qu’opérer un « redressement productif » de la France avec des adeptes de la décroissance ne sera pas un exercice facile…

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