actualités 23 | 11 | 2006

Libération admet l’utilité des pesticides

Le cas est assez rare pour être mentionné : dans un article signé Sylvie Briet, publié le 17 novembre 2006, le quotidien Libération admet l’utilité d’un pesticide. Et pas des moindres, puisqu’il s’agit de l’un de ces fameux organochlorés de première génération, tant décrié par l’Appel de Paris de Dominique Belpomme !

Ce pesticide figure même dans la liste des douze POP (polluants organiques persistants, dont les caractéristiques sont de perdurer dans l’environnement, de s’accumuler dans les graisses et de se disperser dans la nature via les courants atmosphériques et marins). On aura bien sûr reconnu le dichloro-diphenyl-trichloroethane, plus connu sous le nom de DDT, qui a été interdit d’usage en 1972.

C’est qu’il faut bien se rendre à l’évidence : aux regards des ravages que fait le paludisme, l’analyse risques/bénéfices de ce produit incite en effet à revenir sur une interdiction plus politique que scientifique. Sylvie Briet rappelle donc avec raison que « le paludisme ne faiblit pas », et qu’« il provoque trois fois plus de morts que dans les années 70, et tue deux à trois millions de personnes par an ». Cette maladie, « la plus importante maladie parasitaire tropicale dans le monde, transmise à l’homme par des moustiques, compte peu d’avocats dans les pays riches puisqu’elle touche les pays pauvres », poursuit-elle. Ce qui explique qu’il ait fallu attendre aussi longtemps pour lever son interdiction, alors qu’il est le seul moyen efficace existant pour lutter contre ce fléau. « Ainsi, trente ans après l’interdiction du DDT pour des raisons environnementales, l’OMS a fait marche arrière et a recommandé en juin la vaporisation du pesticide à l’intérieur des habitations », commente Sylvie Briet. Une mesure que la journaliste justifie, car « le paludisme, qui n’a toujours pas de vaccin, continue à s’attaquer en priorité aux femmes et aux enfants. Il est responsable de 60 % des cas d’absentéisme scolaire et peut tuer une femme faisant une hémorragie, celle-ci étant déjà anémiée. » Comme le souligne la journaliste, « il existe des moyens de lutte simples telles les moustiquaires imprégnées d’insecticide [DDT] qui coûtent six dollars ». On ne peut qu’espérer que ces propos pleins de bon sens soient repris par les associations environnementalistes françaises, notamment par le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), habituellement si prompt à citer les articles de Libération sur son site...

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