actualités 30 | 10 | 2006

Marc Mennessier et les « dérapages scientifiques » de Ségolène

Après A&E FLASH, c’est au tour du Figaro de s’interroger sur les « dérapages scientifiques » de Ségolène Royal. Ainsi, dans un article daté du 27 octobre 2006, Marc Mennessier rapporte la déroute qu’ont provoquée les déclarations tenues le 16 septembre dernier par l’élue socialiste chez ses propres partisans.

Celles-ci portaient sur les dangers des OGM et les « insecticides à l’origine de cancers du sein ». On se souvient en effet qu’à Lens, la candidate avait affirmé qu’il existe des « rapports sur la santé publique qui montrent qu’il y a notamment un impact [des OGM] sur le fœtus ». « [Ces affirmations] ont semé le trouble dans la communauté scientifique et jusqu’au cœur de sa famille politique », relate Marc Mennessier, qui s’empresse de préciser qu’ « il n’existe aucune publication scientifique et encore moins de “rapports de santé publique” démontrant une quelconque toxicité des aliments transgéniques sur les enfants à naître. Ni même d’ailleurs sur l’être humain ou les animaux en général ». Le professeur Marc Fellous, président de la Commission du génie biomoléculaire (CGB), a confirmé les propos du journaliste, affirmant qu’il n’avait pas connaissance de rapports indiquant un effet toxique des OGM autorisés en France sur les fœtus. « Si cela avait été le cas, jamais un tel OGM n’aurait reçu l’aval de la Commission », a expliqué le professeur à la rédaction d’A&E FLASH.

« Comment [Ségolène Royal] peut [-elle] prétendre lutter contre les “mensonges officiels” et proférer dans le même temps une telle contrevérité ? », s’interroge Marc Mennessier. Question d’autant plus légitime que le journaliste du Figaro s’est procuré une copie de la lettre ouverte adressée le 27 septembre 2006 à Ségolène Royal par Christophe Terrain (1). Dans cette lettre, le président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) appelle l’élue socialiste à rendre publiques ses sources : « Au-delà de la profession et de la filière que je représente, tout citoyen ne comprendrait pas que vos propos publics, sur des questions aussi graves que celles relatées, demeurent sans les indispensables compléments qu’ils appellent de votre part. » Cette demande est cependant restée sans réponse de la part de la candidate socialiste !

Pour sa part, l’épidémiologiste Luc Multignier, spécialiste des questions pesticides à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), a également réagi dans les colonnes du Figaro aux accusations envers les pesticides de la présidente de la région Poitou-Charentes : « Dire que les pesticides dans l’alimentation sont responsables de l’augmentation du nombre des cancers du sein relève, dans l’état actuel des connaissances, de la pure invention, et je pèse mes mots ! À ce jour, il n’existe aucune publication ou rapport scientifique soutenant de telles allégations. » Marc Mennessier précise ensuite que « les très nombreuses études menées, dans différents pays, depuis une quinzaine d’années, sur les liens possibles entre pesticides et cancer du sein, que ce soit sur le tristement célèbre DDT, par exemple, ou sur des populations très exposées (agriculteurs notamment) démontrent, au contraire, que “le risque doit être selon toute vraisemblance très faible” ». « Si les pesticides n’ont rien à faire dans les aliments, il est inutile d’alarmer l’opinion avec des informations infondées », conclut Luc Multignier.

A quelques jours du vote des militants socialistes, il serait grand temps que la candidate socialiste s’explique...

(1) : Suite à l’article du Figaro, le Monde a publié de larges extraits de la lettre de Christophe Terrain dans son édition du 31 octobre. « a&e Flash » rend public l’intégralité de cette lettre ouverte.

(2) : lire l’article du Figaro :« Quand Ségolène Royal accumule les dérapages scientifiques »

Ségolène Royal écologie politique

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