pesticides : les 3 piliers du business de François Veillerette

actualités 30 | 04 | 2014

pesticides : les 3 piliers du business de François Veillerette

Cette année, plus de 1000 évènements ont été annoncés dans le dossier de presse constitué à l’occasion de la neuvième Semaine sans pesticides, organisée par l’association Générations Futures (GF). Portes ouvertes, balades « pour regarder la nature autrement », formations, échanges de graines, « troc nature », ateliers pour apprendre à « fabriquer ses pesticides bio », concours « Miam ! Ça pousse ! »... bref, les initiatives n’ont pas manqué pour attirer un public bon enfant et nourrir un climat anxiogène autour des pesticides !

Zéro phyto pour... 0,6 % des mairies

Cependant, aucune action d’envergure nationale n’a été prévue. Seule une carte de France recensant toutes les communes ayant rejoint l’opération « 0 phyto – 100% bio » a été publiée. « À l’heure actuelle, déjà près de 900 communes ont participé », se réjouit GF sur son site le 27 février. 900 ? Pas tout à fait ! Le 3 avril, l’association anti-pesticides annonce en effet que seules 629 communes ont renvoyé le formulaire. Parmi elles, à peine 218 affirment utiliser zéro pesticide (soit 0,6% des 36571 communes du territoire), 236 admettent continuer à traiter les terrains de sport ou les cimetières, et 165 déclarent « faire un effort ».

Sans surprise, la ville du maire sortant et sénateur EELV Joël Labbé, Saint Nolff (Morbihan), fait partie des bons élèves. Ce qui n’empêche pas la candidate qu’il a officiellement soutenue d’avoir subi un cuisant revers. Sa liste n’a en effet obtenu que 6 sièges, contre 21 pour la liste d’opposition menée par Nadine Le Goff-Carnec. Il est vrai que l’ancien maire avait réussi l’exploit d’augmenter la taxe d’habitation de 57,8 % entre 2000 et 2012, rendant celle-ci de 40,6% plus élevée que celle des communes similaires [1] ! L’écologie a visiblement un prix, qu’une majorité de nolfféens et nolfféennes ne sont plus prêts à payer. Le cas de Joël Labbé est d’autant plus intéressant que le sénateur est l’auteur d’une loi liberticide visant à interdire l’usage des pesticides dans tous les espaces publics, ainsi que pour les jardiniers du dimanche. Une loi élaborée d’après les bons conseils de... François Veille- rette, le patron de Générations Futures.

Du militantisme au business

Le business de cet ancien enseignant repose sur trois piliers : une association, un parti et une entreprise de conseil.

Grâce à Générations Futures, qu’il contrôle entièrement depuis une dizaine d’années, François Veillerette a patiemment rempli un beau carnet d’adresses, que la Semaine sans pesticides vient étoffer chaque année. GF ayant obtenu il y a cinq ans son agrément d’« association dédiée à la protection de l’environnement », le militant participe aux diverses commissions organisées par les ministères, ce qui lui permet d’obtenir une information de première main. Très utile pour ses relations privilégiées avec certains journalistes, qui reçoivent par ailleurs régulièrement les pseudo-enquêtes publiées par GF... Des travaux que le site Alerte Environnement qualifie avec raison d’« enquêtes Canada Dry », car elles « ressemblent à des études scientifiques, ont le goût d’études scientifiques... mais ne sont pas des études scientifiques [2] ».

La reprise systématique des résultats de ces « enquêtes », de même que les multiples communiqués de presse de GF et la couverture médiatique des campagnes dont François Veillerette est l’initiateur, ont apporté à ce dernier une notoriété qu’il a su habilement monnayer au sein d’Europe Écologie-Les Verts. Au point d’en être devenu l’un des principaux responsables politiques ! Élu depuis juin 2009 sur la liste EELV au conseil régional de Picardie, il est aujourd’hui vice-président du conseil régional, chargé des dossiers environnement, alimentation et santé. Et il sera tête de liste du parti de Cécile Duflot pour la Région Nord-Picardie lors des prochaines élections européennes. Enfin, renvoi d’ascenseur oblige, plusieurs parlementaires EELV financent GF à travers leurs réserves parlementaires.

Consultant en environnement

Mais ce n’est pas tout. Trois mois après son élection au sein du conseil régional, l’élu EELV a monté une micro-entreprise qui lui permet de se présenter comme « consultant en environnement ». Permanente salariée à plein temps au sein de GF depuis de nombreuses années, Nadine Lauverjat a également enregistré sa propre micro-entreprise, en tant que spécialiste « des activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses [sic] ». Et ce, seulement trois mois après la déclaration de celle de François Veillerette.
 
Or, ces deux structures sont domiciliées chez Nadine Lauverjat, c’est-à-dire à la même adresse que le siège de GF et que... François Veillerette ! Ni l’une, ni l’autre, ces micro-entreprises n’ont l’obligation de publier de bilan ou de déposer des comptes annuels. François Veillerette et Nadine Lauverjat peuvent donc encaisser en toute légalité de l’argent pour leurs activités d’« expertise militante » en provenance d’entreprises, de fondations, d’associations ou autres, sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit. En termes de confusion des genres, difficile de faire mieux ! Surtout pour l’élu d’un parti qui se gausse d’être transparent et qui a stipulé dans sa charte pour les municipales 2014 que ses élus « dont l’activité professionnelle pourrait interférer avec la gestion municipale (urbanisme, gestion financière, passation de marchés, vie associative, etc.) ne pourront pas obtenir de responsabilité dans les domaines concernés par l’incompatibilité »...

écologie politique Générations Futures/MDRGF pesticides