climat 05 | 01 | 2006

Glaciers, Antarctique et Réchauffement climatique

A lire le titre d’un article de Christiane Galus, journaliste au quotidien Le Monde, le réchauffement climatique menacerait 90% des glaciers du continent Antarctique. Terrible nouvelle ou banale constatation ?

« Près de 90% des glaciers de la péninsule Antarctique ont régressé en cinquante ans. » Voilà un titre qui fait froid dans le dos, et qui renforce une enième fois la thèse du réchauffement climatique. D’autant plus que c’est le très sérieux quotidien Le Monde qui, carte à l’appui et sous la plume de Christiane Galus, annonce cette effroyable nouvelle.

Dans l’édition du 25 avril 2005, la journaliste explique que le continent Antarctique «  a connu le réchauffement climatique le plus élevé [du globe] : 2,5° depuis 1950 », et que « cette situation a entraîné la régression de 87% des 244 glaciers marins recensés dans la région. » Selon les statistiques établies par une équipe de chercheurs anglais et américains dirigée par Alison Cook, du British Antarctic Survey, le glacier Sjorgen, situé à la pointe nord de la péninsule, aurait régressé de 13 km depuis 1993, tandis que le glacier Widdowson aurait subi le recul le plus important en cinq ans, alors qu’il avait avancé de 200 mètres par an dans les années 1940.

La journaliste souligne en outre qu’avant 1954, seulement 38% des glaciers étudiés avaient reculé, alors que pour la période 2000-2004, ils ont atteint 75%, avec un retrait moyen de 600 mètres. Pour Christiane Galus, les résultats obtenus « sont globalement compatibles avec un retrait dû au réchauffement de l’atmosphère ». On imagine déjà un reportage larmoyant au journal de 20 heures, mettant en scène un ours polaire se retrouvant subitement isolé sur une banquise en train de fondre... Heureusement qu’il n’y a pas d’ours en Antarctique !

Le hic - car malheureusement, il y a un hic -, c’est que selon Alison Cook, « la rapidité de la migration [des glaciers] suggère aussi que ce n’est pas la seule cause [le réchauffement de l’atmosphère] de la fonte des glaciers de la région. »
D’autres éléments peuvent également jouer un rôle, explique la chercheuse anglaise. Par exemple la température de l’océan. Interrogée à ce sujet, Catherine Ritz, glaciologue au Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE) à Grenoble, précise qu’en réalité, « ces petits glaciers n’ont aucun effet sur
la grande masse du continent antarctique
(...). Ils n’ont qu’un effet local  », et « la grande calotte glaciaire n’en sera pas déstabilisée pour autant.  » Son collègue Christophe Genthon, climatologue au LGGE, souligne en outre que « le climat n’a pas changé dans le reste du continent antarctique. Il y a même quelques endroits où la température a baissé.  »

Ouf, on a eu chaud !

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