De quoi Sivens est-il le nom ?

édito 19 | 01 | 2015

De quoi Sivens est-il le nom ?

L’occupation illégale du site de Sivens, après celle de Notre-Dames-des-Landes, base arrière des squatteurs, signe une nouvelle étape dans la guerre asymétrique que mènent plusieurs groupes de militants anarchiques et écolo-altermondialistes. Une guerre qui prolonge tout naturellement celle conduite par les Faucheurs de science depuis les années 2000. « Il existe en France un courant écologique radical dont l’ambition n’est pas de protéger l’environnement mais de détruire le système économique », note avec raison le chroniqueur de la chaîne BFM Business, Jean-Marc Sylvestre. Ce courant fédère une multitude de groupuscules autour d’une cause commune : la décroissance. Tous partagent la même hostilité envers le progrès technologique, et tous n’hésitent pas à détruire la recherche, publique comme privée. En juin 1999, José Bové a ouvert le bal avec le sabotage d’une expérimentation de riz transgénique réalisée par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), à Montpellier. Onze ans plus tard, ses fidèles ont récidivé, en détruisant en août 2010 un essai sur vigne transgénique effectué par l’Inra-Colmar.

Aujourd’hui, José Bové, qui siège tranquillement à Strasbourg, est dépassé par les actions organisées par cette petite armée d’agitateurs professionnels. Lors de sa visite à Sivens, le 24 octobre dernier, l’ex-leader syndical a été hué, puis aspergé de yaourt et d’œufs. Jean-Luc Mélenchon a subi le même traitement. « Si on avait attendu qu’EELV et le PG fassent quelque chose, le barrage serait déjà construit », s’était alors exclamé l’un des zadistes. Itinérants, ces derniers sont prêts à prendre les armes aussi bien contre le futur parc de loisirs de Roybon que contre une centrale à bois à Gardanne, un village Décathlon à Orléans, une scierie dans le Morvan, et bien entendu, contre le TGV Lyon-Turin et la liaison A28-A13 de Rouen.

Experts en dialectique, ces fanatiques de l’antiprogrès –adeptes des théories révolutionnaires les plus violentes– prétendent agir au nom de la démocratie pour faire échouer des projets qui ont pourtant obtenu leur permis de construction suite à la réalisation de commissions d’enquête et à l’approbation des élus locaux. « Toutes ces actions font fi du respect des principes de la démocratie. Tous ces projets ont été voulus, étudiés et défendus par des élus locaux », souligne Jean-Marc Sylvestre.

Croire un instant qu’un aménagement structurel d’un de ces projets suffirait à apaiser les zadistes et leur cortège de soutiens politiques est une erreur politique majeure. Le Premier ministre Manuel Valls a donc eu raison de rappeler qu’après l’épuisement légal des recours, le chantier de l’aéroport du Grand-Ouest devrait être mis en route. Reste à espérer qu’il en sera de même pour Sivens, dès lors que le projet de retenue d’eau répondra aux quelques réserves émises par la Commission européenne. Ceci devrait rester la seule et unique préoccupation de la ministre de l’Environnement. Au lieu de cela, Ségolène Royal tente de plaire à ses interlocuteurs écologistes (EELV, France Nature Environnement) ou aux responsables des collectifs locaux, alors qu’aucun d’entre eux n’a désormais la main sur les occupations...

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