Le double langage de Ségolène Royal

édito 13 | 10 | 2014

Le double langage de Ségolène Royal

La ministre de l’Écologie ne rate aucune occasion d’affirmer haut et fort qu’elle ne veut pas d’une « écologie punitive ». Au contraire, elle défend une « écologie citoyenne et incitative ». « Il s’agit de ne pas accabler les Français et les entreprises par des normes. J’ai supprimé tout ce qui est obligations », a-t-elle publiquement déclaré le 18 juin dernier. Pourtant, force est de constater que Ségolène Royal a importé au ministère ses bonnes vieilles méthodes de la région Poitou-Charentes : sectarisme, dogmatisme et autoritarisme, le tout déconnecté de la réalité économique. « Depuis que Mme Royal est en charge du ministère de l’Environnement, nous n’avons pas pu obtenir un seul rendez-vous, alors que la ministre prépare en catimini une modification de la loi Labbé visant à interdire dès décembre 2016 l’usage des produits phytosanitaires dans les espaces verts publics, initialement prévue pour janvier 2020 », témoigne Jacques My, directeur général de l’Union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces publics. Voulant profiter du projet de loi relatif à la transition énergétique, Ségolène Royal veut faire passer son amendement dans l’urgence et sans aucune concertation avec les professionnels du secteur. « Nous sommes en colère », a martelé le directeur lors d’une conférence de presse organisée le 30 septembre. « C’est une remise en cause d’une loi votée il y a à peine un an. Comment voulez-vous que la profession puisse s’organiser sereinement ? », a-t-il ajouté.

En réalité, Mme Royal ne prend jamais ses décisions en fonction des avis des professionnels. C’est d’ailleurs ce qui l’a conduite à dépenser en pure perte plusieurs millions d’euros de la collectivité dans le projet de la société Éco & mobilité, censé développer la voiture électrique du futur. Celui-ci a tourné au fiasco en 2012 en dépit de la perfusion financière de la région Poitou-Charentes, présidée par Ségolène Royal de 2004 à 2014. Ce manque total de vision stratégique a d’ailleurs été pointé dans un rapport dévastateur rendu public le 27 juin 2014 par la Chambre régionale des comptes d’Aquitaine, qui reproche également à la ministre son manque de transparence et sa gestion opaque. Mais que les professionnels se rassurent ! Ségolène Royal n’a pas davantage de considération pour les travaux de sa propre administration. L’étude Compamed, réalisée sous l’égide du ministère de l’Écologie, a ainsi comparé les différentes techniques chimiques, thermiques (eau et gaz) et mécaniques de désherbage en zone non agricole. Or, elle conclut que « les techniques chimiques et mécaniques ressortent globalement sur l’ensemble des indicateurs comme relativement peu impactantes » sur l’environnement. L’étude relève également que le désherbage avec des produits phytosanitaires reste le plus économique et le plus efficace. Une équipe de deux applicateurs peut en effet couvrir une zone de 20000m2 en 4h15, pour un coût à l’année estimé à 64 euros, alors qu’il lui faudrait entre 50 et 57 h pour le même travail avec un désherbage à la binette ou par techniques thermiques, pour un coût situé entre 870 et 2600 euros. Ce qui n’est pas étonnant au regard du coût de la main d’œuvre. Et on devine qui va payer la facture ! C’est cela, l’écologie participative si chère à Ségolène Royal...

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