Mauvaise nouvelle pour les Décroissants

édito 14 | 05 | 2012

Mauvaise nouvelle pour les Décroissants

Élu septième président de la Cinquième République le 6mai 2012, François Hollande a déclaré vouloir être jugé à l’aune de deux valeurs : la justice et la jeunesse. Pourtant, c’est sur les chantiers économiques qu’il est attendu. « Donner à la construction européenne une dimension de croissance, d’emploi, de prospérité, d’avenir, telle est la mission qui désormais est la mienne », a—t-il affirmé dans son discours de victoire à Tulle, témoignant ainsi de sa lucidité concernant les réels enjeux de son mandat.

Saluant son élection, le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s’est empressé de vouloir sceller avec le nouveau président « un pacte de croissance pour plus de compétitivité ». De son côté, Villy Soevndal, le ministre danois des Affaires étrangères –dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’UE–, s’est réjoui de coopérer avec la France « pour créer de la croissance et de nouveaux emplois en Europe ». Les appels à la relance de la croissance sont également venus d’Italie, du Luxembourg et de Belgique. Enfin, dans son propre message de félicitations à François Hollande, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré avoir « clairement un objectif commun [avec la France] : relancer l’économie européenne pour générer une croissance durable, reposant sur des bases saines et source de nouveaux emplois ». Dans son message, M.Barroso a rappelé partager avec François Hollande « la conviction qu’il faut investir dans la croissance et les grands réseaux d’infrastructures, en mobilisant plus fortement la Banque européenne d’investissement et les fonds disponibles dans le budget européen, tout en maintenant le cap de la consolidation budgétaire et de la réduction de la dette ».

Bref, tout le monde étant unanime au sujet de la relance économique, l’élection du nouveau président français est une très mauvaise nouvelle pour les adeptes de la décroissance, nombreux dans les rangs des écologistes. Car le futur pacte pour la croissance passe inévitablement par l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises et par l’investissement dans l’innovation. Au même titre que le secteur industriel, il concerne l’agriculture française, « l’un des seuls secteurs excédentaires en terme de balance commerciale pour la France, en produits de base agricoles, en produits de qualité et en produits transformés industriels », a d’ailleurs rappelé le nouveau président pendant sa campagne. Quoi qu’en pensent les auteurs de l’accord PS-Verts, l’agriculture française se doit donc de rester productive et « intensive ». Elle ne peut se réduire à une agriculture paysanne et de proximité, comme le souhaitent les Verts et le Front de Gauche. Ainsi, François Hollande peut compter sur le secteur agricole pour contribuer au redressement économique de la France. Mais encore faudra-t-il qu’il propose une politique agricole qui ne se résume pas à un simple rééquilibrage des aides ou des forces entre producteurs et distributeurs. Et surtout, qu’il libère l’agriculture des excès de certaines mesures dites environnementales, trop souvent arbitraires, que l’équipe sortante a mises en place au nom d’un certain Grenelle de l’environnement...

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