SIA 2016, le salon des bonnes intentions

édito 22 | 03 | 2016

SIA 2016, le salon des bonnes intentions

Encore une fois, ils sont tous venus. François, Nicolas, Manuel, Alain, Stéphane, Bruno, Emmanuel, Nathalie, Xavier et les autres... En pleine crise agricole, ils ne pouvaient pas rater l’occasion du Salon international de l’agriculture (SIA) pour rappeler leur soutien à un secteur dramatiquement touché . Un peu comme lorsqu’on se rend au chevet d’un proche, un bouquet de fleurs à la main, prêt à l’écouter et à prononcer des mots réconfortants. Sur le plateau de TVAgri, Nicolas Sarkozy a ainsi promis rien moins qu’un Plan Marshall pour l’agriculture, tandis qu’Alain Juppé a insisté sur son soutien à une agriculture compétitive et qui garde « sa vocation exportatrice ». Un point de vue partagé par le Président François Hollande et son ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, comme leurs auditeurs ont pu le constater lors de leur passage respectif à la Terrasse des céréales, à l’invitation de l’AGPM et de l’AGPB. L’ancien ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire a pour sa part juré vouloir livrer la « grande bataille pour la régulation européenne des marchés agricoles ». Quant à Xavier Bertrand, il a proposé de mettre en place des « terroirs francs, comme il y a des zones franches en zones urbaines », c’est-à-dire sans charges fiscales. Invitée par Daniel Peyraube, le président de l’AGPM, Nathalie Kosciusko-Morizet s’est, elle, dite prête à regarder avec beaucoup d’attention ce que peuvent apporter les biotechnologies végétales de seconde génération –les NBT–, tout en précisant « ne pas avoir une confiance aveugle en une technologie ». Bref, des déclarations d’intention toutes très sympathiques...

Incontestablement, l’[agriculture française est arrivée à un moment crucial de son existence, et il se dégage aujourd’hui un consensus pour affirmer qu’elle doit certes préserver ses atouts dans les filières d’exception, ancrées dans les terroirs, mais qu’elle ne peut pas faire l’impasse sur des productions plus standardisées, qui se retrouvent dans l’immense majorité des produits consommés en France ou vendus à l’exportation. Le futur de l’agriculture française repose sur l’organisation de ses multiples filières, non pas en compétition mais en complémentarité.

C’est en se fédérant et en portant un message homogène et rassembleur que notre agriculture pourra se sortir de cette crise. Toutefois, elle ne pourra se dispenser de casser quelques mythes. Comme, en premier lieu, celui de « Martine à la Ferme », pour reprendre l’expression de Véronique Bellemain, la directrice du Conseil national de l’alimentation et auteure du rapport « Communication et alimentation : comment reprendre confiance », paru en juillet 2015. « Il faut cesser de nourrir une représentation des modes de production déconnectée de la réalité, qui fait le lit des crises de confiance », martèle la responsable, qui incite les acteurs de la filière agricole à « construire un nouveau paradigme de communication sur l’alimentation, fondé sur la prise de conscience que tout ce qui est fait doit pouvoir être vu ». Un défi que compte bien relever la nouvelle plateforme de communication #Agridemain. Opérationnelle depuis le 1er février 2016, #Agridemain entend recruter plus de 1000 ambassadeurs répartis sur tout le territoire afin qu’ils investissent notamment les réseaux sociaux. Une belle initiative !

Salon de l’agriculture politique