Contaminations alimentaires : « It’s not easy being green » !

Depuis l’affaire des épinards bio contaminés par la bactérie intestinale Escherichia Coli 0157 (à l’origine de la mort de trois personnes, dont un enfant de 2 ans), la société Earthbound Farm (Californie), qui avait commercialisé ces épinards, tente de refaire surface. Ainsi, elle a mis en place un performant programme de sécurité alimentaire, incluant deux contrôles de ses produits, l’un à l’arrivée, l’autre à la sortie. Le problème, c’est que de l’aveu même du microbiologiste chargé de superviser le programme, ce système est incapable d’éliminer complètement le risque, même s’il peut le diminuer. Obstacle pris très au sérieux aux Etats-Unis, d’autant plus que des retraits de produits frais ont lieu très régulièrement suite à des infestations par diverses entérobactéries pathogènes (E. Coli, salmonelle, etc.). Les cas de retraits d’aliments frais sont même devenus si fréquents qu’ils ont fait l’objet d’un article paru dans la prestigieuse revue Lancet Infectious Diseases, sous le titre révélateur : « It’s not easy being green ».

On y apprend ainsi que certaines salmonelles et autres bactéries sont très résistantes aux désinfectants grâce à leurs propriétés d’adhésion extrêmement fortes aux végétaux, et qu’elles ont également des capacités étonnantes de pénétration à l’intérieur des feuilles. En effet, même lorsqu’on désinfecte celles-ci à la chlorine, les populations bactériennes ne sont réduites que d’un facteur de 10 à 100, ce qui est très souvent insuffisant. Deux chercheurs de Boston (A. Asceri et E. Scott) ont mené une expérience concluante : ils ont comparé les charges bactériennes d’épinards lavés trois fois. Or, tous les lots étaient contaminés, y compris par des coliformes fécaux ! C’est probablement ce qui explique l’augmentation du nombre de cas d’infections à la Salmonella Senftenberg enregistrés au début de l’année 2007 en Angleterre, au Danemark, aux USA et aux Pays-Bas. Selon un communiqué du 25 mai 2007 de l’agence britannique de protection de la santé, ces cas pourraient tout simplement être liés à l’importation de basilic frais.

Il existe une alternative aux solutions chlorées, parfaitement efficace pour éliminer ces bactéries très pathogènes, et déjà utilisée dans certaines branches de l’industrie alimentaire méricaine : l’irradiation. Une technologie que les producteurs de légumes bio refusent d’utiliser. Mais comme le conclut le Dr Jack Breuil, du Centre hospitalier de Villeneuve-Saint-Georges, dans un article publié le 9 septembre 2007 dans le Journal International de Médecine, si l’irradiation permet d’éliminer totalement le risque du aux entérobactéries pathogènes, « les consommateurs épris de culture (purement) biologique, quant à eux, composeront avec leurs convictions… ou tomberont malades un jour ou l’autre ».

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