Abeilles : Nosema ceranae envahit l’est de la France

Dans un communiqué paru le 11 juin 2008, le Réseau Biodiversité pour les Abeilles a rendu compte des derniers résultats du Laboratoire départemental d’analyses du Jura, situé à Poligny. « 50 % des échantillons provenant de quatre régions de l’est de la France (Champagne, Lorraine, Alsace et Franche Comté) ont plus de 4 millions de spores de Nosema ceranae par abeille », explique l’apiculteur Philippe Lecomte, président du réseau. Pour ce dernier, le lien entre « cette véritable invasion de Nosema ceranae et la mort des abeilles et de ruchers entiers dans l’est de la France ne fait aucun doute. D’autant plus que le redoutable protozoaire est présent dans presque tous les échantillons analysés ». Selon le communiqué du réseau, les apiculteurs qui ont constaté des problèmes de mortalités d’abeilles sont invités à faire réaliser des analyses auprès du Laboratoire de Poligny, le seul en France, avec l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de Biot, à utiliser la méthode dite PCR. « La multiplication de ces analyses permettra de dresser un premier bilan d’extension de ces pathologies », indique Philippe Lecompte, qui s’en remet aux autorités sanitaires françaises pour intervenir rapidement contre cette nouvelle épidémie.

Aux Etats-Unis, au Canada et en Amérique latine, les apiculteurs professionnels disposent déjà de moyens de lutte efficace contre cette nosémose, comme le fumidil-B (un antibiotique). Les apiculteurs français n’ont pas droit d’utiliser ce produit car il ne dispose pas d’une autorisation de mise sur le marché. « Au regard de la situation catastrophique de nos ruches, le ministère de l’Agriculture ne pourrait-il pas au moins donner une dérogation, comme c’est le cas en Espagne ? », s’interroge Daniel Limon, président du Syndicat des apiculteurs professionnels Alsace-Lorraine-Champagne. (voir : La résurrection des abeilles espagnoles!)

Faute de mesure d’urgence, la récolte de miel 2008 risque d’être encore plus catastrophique que celle de l’année dernière.

Derniers articles

Les NBT : une solution à l’impasse du cuivre

En février dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rendu publique une « cartographie » sur...

La France des villes et la France des champs, une fracture française

France des villes / France des champs : la fracture française ne pourra se résorber en faisant uniquement de l’écologie politique. Analyse des perspectives...

Glyphosate : un article entaché de conflits d’intérêts

Une publication dans une revue scientifique prétend confirmer l'exposition de l'ensemble de la population au glyphosate sur la base d'analyses très controversées. Rien d'étonnant,...

Irrigation, passons aux actes pour des exploitations durables rappelle Jean-Marc Scwartz de AGPM maïs

Jean-Marc Schwartz, secrétaire général adjoint de  @agpm_mais : Irrigation après les belles paroles, il est temps de passer aux actes pour avoir des exploitations durables Il...

La fausse bonne idée de la fin des emballages plastiques

« La colère gronde chez les industriels du plastique et dans la filière des fruits et légumes opposés à la fin des emballages plastiques...

Dans la même rubrique

Piteuse année pour l’apiculture française

L’année 2021 restera dans les annales de l’apiculture comme l’une des pires en raison d’un climat défavorable à la floraison, entraînant un manque de...
Quitter la version mobile