Davantage de transparence pour les ONG

A Bruxelles, la question du lobbying fait l’objet de vifs débats. Le 16 septembre 2008, Silvana Koch-Mehrin et Jan Mulder, deux parlementaires de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), ont organisé une audition concernant le rôle exact des ONG dans le processus d’élaboration des politiques européennes. Tout en insistant sur le rôle indispensable des ONG, qui sont « des partenaires importants pour la Commission », Siim Kallas, vice-président de la Commission des affaires administratives, de l’audit et de la lutte antifraude, a souligné lors de cette audition qu’aujourd’hui, « les ONG utilisent les mêmes outils que les lobbyistes des entreprises ». Il serait donc logique qu’elles appliquent les mêmes règles de transparence que les autres organismes de lobbying. C’est ce qui a motivé la Commission à adopter un cadre concernant un code de conduite. Adopté le 27 mai dernier, celui-ci concerne la mise en place d’un « Registre », auquel les ONG sont invitées à s’inscrire.

Or, moins de 20% des 334 organisations qui se sont déjà enregistrées sont des ONG, déplore M. Kallas. « Je m’étonne que même des ONG qui bénéficient des fonds de la communauté européenne ne figurent pas dans le registre. Pourtant, les gens ont le droit de savoir à quoi leur argent est dépensé », a-t-il insisté. « C’est important de savoir si une ONG représente l’intérêt de la société ou bien seulement celui d’un individu particulier », a renchéri Silvana Koch-Mehrin, qui estime qu’avec les ONG, on ne sait pas toujours « à qui on parle et d’où vient le financement ». La parlementaire allemande a noté que « le lobbying est nécessaire en politique, mais il est aussi important de savoir qui le fait, et pour qui ».

Un avis que partage Miklos Marschall, de Transparency International. « Toutes les ONG qui ont un rôle public devraient être totalement transparentes. Elles devraient rendre tout public. Pour garder leur légitimité, elles doivent clairement indiquer quels sont les intérêts qu’elles représentent et qui les finance », a-t-il déclaré lors de l’audition du 16 septembre. Miklos Marschall a surtout insisté sur la diversité des sponsors nécessaires à l’indépendance des ONG. « Il faudrait établir des règles afin de garantir la diversification des sources de revenus pour les ONG », a-t-il déclaré. Il estime à 20% le maximum d’aides que devrait apporter un seul et unique sponsor à une ONG.

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