On a besoin de plus d’une terre pour couvrir nos besoins en ressources naturelles / Baliverne #19

Depuis plus de dix ans, le WWF communique sur le « Jour du dépassement de la Terre », date à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète peut régénérer en une année.

L’écolo-sphère et les médias reprennent ensuite à l’unisson que l’humanité vivrait à crédit à partir de cette journée. Pour arriver à cette conclusion catastrophique, les écologistes utilisent un outil dénommé « empreinte écologique » et censé mesurer les limites de la planète. Exprimée en hectares globaux, elle désigne la surface correspondante de terre productive et d’écosystèmes aquatiques nécessaires pour la production des ressources utilisées et l’assimilation des déchets.

Or cet indicateur est en réalité trompeur. D’abord, l’empreinte écologique mélange deux choses très différentes. D’une part, les ressources nécessaires à la production d’aliments et de biens de consommation. Et d’autre part, notre capacité à éliminer les déchets, en particulier le CO2, principal déchet pris en compte par cet indicateur. Concernant les ressources, il est clair que pour ce qui est de l’agriculture, on ne consomme pas plus que ce que l’on a cultivé. Quant aux déchets, les concepteurs de cet indicateur ont décidé de façon totalement arbitraire de traduire les émissions de CO2 non absorbées par les océans en surface de reforestation nécessaires pour absorber ce surplus.

Pourtant, un statisticien a calculé qu’il suffirait de 30m2 d’éoliennes ou de panneaux solaires pour éviter l’émission d’une tonne de CO2, contre 2000 m2 de reforestation pour absorber cette même quantité de CO2 émis. Bref, en adoptant cet exemple, une Terre serait largement suffisante pour subvenir à nos besoins. Ensuite, l’empreinte écologique désigne un concept statique et ne prend donc pas en compte les promesses des mutations technologiques, comme la capacité de désalinisation de l’eau de mer pour la transformer en eau potable. Celle-ci permet de fournir en eau potable 75% de la population israélienne. Sans parler aussi des matériaux révolutionnaires comme le graphène qui va rendre obsolète le métal ou le plastique, et dont certaines propriétés, selon une équipe de chercheurs américains, permettraient d’avoir des batteries à l’énergie illimitée.

De même, l’amélioration des rendements en agriculture. Par exemple pour le blé, nous sommes passés en un siècle d’un rendement de 10 quintaux par hectare à 70 quintaux. Et rien ne permet d’affirmer que ces augmentations soient arrivées à leur terme, au vu des progrès fulgurants en robotique et dans les biotechnologies végétales et animales qu’annonce le XXIème siècle.

Au final, l’empreinte écologique est rien d’autre qu’un instrument pour imposer la décroissance, telle qu’elle est défendue par William Rees, l’un des concepteurs de l’indicateur.

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