Les eaux troubles des « Monsanto Papers »

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Grâce à la révélation des « Monsanto Papers », le duo Foucart-Horel a été honoré du Prix de la presse européenne dans la catégorie « Journalisme d’investigation ». A&E a mené une enquête approfondie dans les eaux troubles de la genèse de cette affaire.

Dans le courant de l’année 2017, les journalistes Stéphane Horel et Stéphane Foucart ont fait paraître dans Le Monde une série de quatre articles intitulés « Monsanto Papers ». Officiellement, cette publication serait le fruit d’une vaste enquête réalisée grâce au travail de plusieurs cabinets d’avocats américains, représentant un collectif de plaignants contre Monsanto, et d’une journaliste indépendante, Carey Gillam, ancienne employée de l’agence de presse Reuters, devenue salariée de l’association U.S. Right to Know (USRTK).

« Une fois le procès enclenché, les avocats avaient la possibilité légale d’interroger les responsables de Monsanto et de leur demander de fournir certains documents. La firme a livré des millions de documents, pour nous noyer », relate l’une des avocates du cabinet Andrus Wastaff, Kathryn Forgie. Elle poursuit : « De surcroît, certains documents étaient sujets à une confidentialité ordonnée par le juge. Mais au lieu d’identifier uniquement les documents réellement confidentiels (tels que des secrets relatifs à la propriété intellectuelle), Monsanto a classé comme confidentiels quasiment tous les documents fournis. Les avocats ont dû revenir vers le juge pour lui demander de déclassifier les documents non confidentiels afin qu’on puisse les rendre publics. Le juge l’a accepté en mars 2017, et voilà comment sont nés les “Monsanto Papers”.»

À partir de ces documents, – et d’autres provenant de documents déclassifiés grâce au Freedom of Information Act (FOIA) –, Foucart et Horel se sont appliqués à révéler au public français certaines méthodes pas très orthodoxes utilisées par la firme de Saint-Louis pour défendre le glyphosate. Comme, par exemple, le ghostwriting, une pratique qui consiste à faire signer des articles par des scientifiques réputés indépendants, alors qu’ils auraient été en fait rédigés ou relus par la firme.

Ainsi, selon la thèse des deux journalistes, les agences en charge de l’homologation du glyphosate – notamment l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) – auraient été trompées par Monsanto. Amplifié massivement par les associations écologistes, l’impact médiatique a été d’un tel retentissement qu’il est désormais devenu totalement impossible d’échapper aux « Monsanto Papers » dès lors qu’on évoque le sujet du glyphosate. Les deux journalistes du Monde ont même reçu en mars 2018 le Prix de la presse européenne dans la catégorie « Journalisme d’investigation », « pour leur enquête très fouillée sur les stratégies et les méthodes discutables mises en place par Monsanto pour défendre coûte que coûte son produit phare controversé, le glyphosate ».

Il est vrai que le tableau avait de quoi séduire: deux journalistes d’un quotidien français réputé, plusieurs grands cabinets d’avocats, une ancienne journaliste de l’honorable agence Reuters. Pour un peu, on croirait assister au remake du film Erin Brockovich, seule contre tous…

À cette nouvelle, Gary Ruskin, cofondateur et codirecteur d’USRTK, n’a pas manqué de s’exclamer : « Stéphane Foucart et Stéphane Horel sont des héros journalistiques ! » Il est vrai que le tableau avait de quoi séduire : deux journalistes d’un quotidien français réputé, plusieurs grands cabinets d’avocats, une ancienne journaliste de l’honorable agence Reuters. Pour un peu, on croirait assister au remake du film Erin Brockovich, seule contre tous…

Une tempête dans un verre d’eau

Sauf que l’Efsa a répondu en expliquant que la provenance des articles ghostwrités « était évidente dans les déclarations d’intérêts et les remerciements figurant dans les articles eux-mêmes ». Et de préciser : « Cela signifie que les experts des États membres et de l’Efsa ne se faisaient aucune illusion sur les liens entre les auteurs de l’étude et les entreprises qui finançaient ou facilitaient leurs travaux lorsque les experts ont procédé à l’évaluation des risques. » Une façon diplomatique de sous-entendre qu’il ne fallait pas être un journaliste d’investigation particulièrement chevronné pour se rendre compte des liens existant entre lesdites études et Monsanto…

En d’autres termes, toute l’affaire des « Monsanto Papers » ne serait rien d’autre qu’une tempête dans un verre d’eau ! Si cette mise au point de l’agence européenne était très utile, il semble tout aussi nécessaire de mettre en lumière le processus qui a abouti à cette belle opération anti-glyphosate, censée mettre en difficulté les agences sanitaires. On voit alors apparaître sur le tableau des protagonistes au profil nettement moins attrayant : d’une part, l’Organic Consumers Association (OCA), une association radicale qui n’hésite pas à relayer les thèses complotistes les plus délirantes, et d’autre part, l’un des principaux acteurs du business très lucratif de la santé alternative, le Dr. Joseph Mercola.

USRTK entre en scène

Il va sans dire que ni Mercola ni l’OCA n’apparaissent nommément dans la genèse des « Monsanto Papers », qui auraient été révélés aux États-Unis grâce à l’U.S. Right to Know, une association créée à la suite du rejet d’un projet de loi californien – la Proposition 37 – visant à imposer par voie référendaire un étiquetage spécial pour les produits alimentaires contenant des OGM.

À l’époque, de nombreuses entreprises favorables aux biotechnologies dépensèrent plus de 44 millions de dollars – essentiellement en messages télévisés – pour contrer le texte, tandis que l’association California Right to Know, fondée par deux des principaux organisateurs de la campagne en faveur de l’étiquetage, Gary Ruskin et Stacy Malkan, ne réunit de son côté que 10 millions de dollars, soit quatre fois moins. Mais parmi ses plus importants donateurs figuraient l’OCA (1,185 million de dollars) et l’entreprise Mercola Health Resources du Dr Joseph Mercola (1,199 million de dollars), associées pour l’occasion. On notera au passage que, curieusement, si l’Organic Trade Association, qui représente le lobby américain du biobusiness, a appelé à voter en faveur de la Proposition 37, elle n’a toutefois apporté qu’un soutien tout symbolique à l’initiative de Ruskin et Malkan.

Le texte ayant finalement été rejeté par une très mince majorité d’électeurs, Gary Ruskin et Stacy Malkan décidèrent de fonder une association de portée nationale. C’est ainsi qu’est née en 2014 l’association USRTK, soit un an à peine avant que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) émette son avis controversé sur le glyphosate.

Après que l’agence onusienne eut exprimé son avis, plusieurs cabinets d’avocats américains spécialisés dans les procès contre les grandes entreprises se mobilisèrent pour réunir, dès le courant de l’été 2015, des plaintes d’agriculteurs et également de jardiniers amateurs. L’objectif, on s’en doute, était de monter une série de procédures judiciaires à l’encontre de la firme de Saint-Louis, pour obtenir des milliards de dollars de dédommagement, scénario qui est un grand classique dans l’univers judiciaire américain. Ainsi, une armée comptant pas moins d’une vingtaine d’avocats spécialisés se mit à travailler d’arrache-pied sur cette affaire. Six mois plus tard, au début de l’année 2016, l’USRTK décida d’engager Carey Gillam, ancienne journaliste auprès de Reuters, fort appréciée, à l’époque déjà, des militants anti-OGM. Devenue la directrice de recherche de l’USRTK, celle-ci fut chargée du dossier du glyphosate. Sans surprise, on la retrouve peu de temps après, accompagnée de Kathryn Forgie, l’avocate du cabinet Andrus Wastaff, portant la bonne parole anti-glyphosate en Europe. L’étroite collaboration unissant dans cette affaire l’USRTK aux cabinets d’avocats n’est en rien surprenante. En effet, pour les plaignants, il est indispensable de pouvoir apporter une explication crédible au fait que le CIRC demeure encore à ce jour le seul organisme officiel à avoir considéré le glyphosate comme « cancérigène probable » – une affirmation par ailleurs démentie, aujourd’hui encore, par l’ensemble des agences sanitaires mondiales. Les « Monsanto Papers » constituent donc un maillon essentiel dans la stratégie des avocats, puisqu’ils suggèrent que toutes les agences, à l’exception du CIRC, auraient tout simplement été manipulées par la firme de Saint-Louis.

Or, la révélation par USRTK des « Monsanto Papers » ainsi que la communication orchestrée tout autour, n’auraient pas été possibles sans l’apport financier de l’OCA, qui fut son seul et unique sponsor durant les deux premières années de son existence. Depuis lors, l’OCA est d’ailleurs resté l’un de ses principaux financeurs. Ainsi, entre 2014 et 2017, l’association de Ronnie Cummins a octroyé pas moins de 850000 dollars à l’USRTK, ce qui représente environ 55 % du budget de l’association.

L’OCA et le conspirationnisme

Fondée en 1998 par Ronnie Cummins – un militant pacifiste des années 60, reconnaissable à son béret orné du symbole peace and love –, l’OCA se présente comme une association de défense de consommateurs bio. Avec un budget annuel de 3 à 4 millions de dollars, et une base de données comptant plus de 850 000 abonnés, membres, bénévoles et sympathisants, elle est en effet particulièrement active dans la défense de l’agriculture biologique. Mais elle est surtout l’une des associations les plus radicales dans la guerre contre l’agriculture conventionnelle, et plus spécifiquement contre les OGM. Contributrice majeure à l’initiative californienne de Gary Ruskin et Stacy Malkan, principale commanditaire de USRTK, l’OCA figure également parmi les généreux financeurs du Tribunal international Monsanto, coorganisé par la militante décroissante Marie-Monique Robin.

Depuis sa fondation, l’OCA est resté l’un de ses principaux financeurs. Ainsi, entre 2014 et 2017, l’association de Ronnie Cummins a octroyé pas moins de 850000 dollars à l’USRTK, ce qui représente environ 55% du budget de l’association.

Or, à côté d’articles sur les vertus du bio, le site de l’OCA n’hésite pas à publier des articles conspirationnistes des plus fumeux, tel celui sur le 11 septembre, remettant en cause la version officielle des attentats terroristes. « Ces tours ne sont pas seulement tombées par gravité, elles ont été détruites par explosion ! », peut-on ainsi lire sur le site de Cummins. Les fameux « chemtrails », ces traînées blanches créées par le passage des avions en vol, qui seraient, selon les théories conspirationnistes, composées de produits chimiques délibérément répandus en haute altitude par diverses agences gouvernementales dans le cadre d’opérations secrètes aux motivations diverses, font également partie de la panoplie des «fake news» divulguées par l’OCA.

Plus grave encore, l’OCA compte au nombre des promoteurs du chirurgien britannique Andrew Wakefield, à l’origine de l’une des plus grandes supercheries de la médecine moderne, qui établit un prétendu lien entre autisme et vaccination. Comme vient encore de le rappeler Laurent Joffrin de Libération dans sa chronique du 8 mars dernier : « Wakefield, qui a prétendu avoir découvert un lien entre l’autisme et le vaccin ROR (rougeole- oreillons-rubéole), a été convaincu, au terme d’enquêtes scientifiques approfondies, de fraude pure et simple, de conflit d’intérêts, avant d’être radié de l’ordre des médecins britanniques. » « Les faits rassemblés par le journaliste britannique (…) sont particulièrement accablants », admet même Stéphane Foucart. Et pour cause ! Pendant des années, M. Wakefield a réussi à dissimuler qu’il a été secrètement rémunéré par un cabinet d’avocats pour mener son étude. « L’étude devait appuyer des poursuites en justice contre le laboratoire à l’origine du vaccin », note encore Foucart… Une collaboration entre chercheur et cabinet d’avocats qui rappelle, mutatis mutandis, celle du chercheur à la retraite Christopher Portier – qui a joué un rôle essentiel dans l’avis du CIRC sur le glyphosate – avec deux cabinets d’avocats qui l’ont rémunéré à hauteur de 160000 dollars dans le cadre de plaintes contre Monsanto.

Outre ces théories conspirationnistes, l’OCA fait régulièrement la promotion des « pratiques de santé naturelle », surtout si elles sont soutenues par le Dr Joseph Mercola, qui, rappelons-le, est, en termes de montant, le second sponsor de California Right to Know. On pourrait presque parler d’un joint-venture entre l’OCA et le Dr Mercola, dans la mesure où le site de l’OCA contient une centaine d’articles de Joseph Mercola et chacune de ses pages affiche une publicité pour un produit Mercola… Last but not least : Mercola a accordé, via son association Natural Health Research Foundation, la bagatelle de 3,266 millions de dollars à l’OCA entre 2011 et 2016, soit près de 20 % du budget de l’OCA.

Le business du Dr Mercola

Ce n’est pas d’hier que le Dr Joseph Mercola a saisi tout l’intérêt de susciter la peur du grand public sur les OGM et les pesticides : chaque consommateur victime de panique dans son assiette est en effet un client potentiel des produits dits de « santé naturelle » estampillés « Mercola ». D’où son partenariat avec Cummins.

De fait, fondateur en 1997 du site mercola.com, cet ostéopathe très controversé administre un business juteux de vente en ligne de compléments alimentaires, de produits d’hygiène « naturels » et d’autres articles censés apporter santé et bien-être à leurs utilisateurs.

Mercola assure être le « numéro 1 des sites web de santé naturelle » aux États- Unis. Côté chiffre d’affaires, son business lui rapporte en effet plus de 15 millions de dollars par an grâce à la vente de produits « alternatifs ». Ainsi, son huile de noix de coco extra vierge permettrait de « réduire le risque de maladies cardiaques, de cancer et de maladies dégénératives », tandis que son Momentum Health Products Vitamine K2 serait efficace « dans le traitement de certains types de cancer et de la maladie d’Alzheimer ». Ces allégations mensongères ont fait l’objet d’avertissements de la part de la Food and Drug Administration (l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) dès 2006.

De son côté, la Federal Trade Commission ( Commission fédérale du commerce ) a déposé plainte contre Mercola, en le mettant en demeure de suspendre la vente de lits de bronzage. Car la FTC lui reproche d’avoir faussement prétendu que ses appareils de bronzage en cabine permettraient aux consommateurs non seulement d’améliorer la clarté, le tonus et la texture de leur peau mais aussi de réduire leur risque de cancer. Face aux poursuites de la FTC, Mercola s’est vu finalement contraint de rembourser la somme de 2,6 millions de dollars aux quelque 1 367 clients ayant acheté l’un de ses systèmes de bronzage.

Mais il n’y a pas que ses produits de santé alternative qui posent problème. Tout comme Ronnie Cummins, Joseph Mercola relaie les idées des mouvements anti-vaccins, responsables de la recrudescence de plusieurs maladies, notamment la rougeole, dont le nombre de cas a augmenté de 50% à travers le monde entre 2017 et 2018. Une conséquence évidente des campagnes anti-vaccins, organisées notamment par l’association National Vaccine Information Center, considérée comme la plus active dans la lutte contre la vaccination, qui a bénéficié du soutien financier de Mercola pour un montant d’environ 2,5 millions de dollars entre 2011 et 2016.

Tout comme Ronnie Cummins, Joseph Mercola relaie les idées des mouvements anti- vaccins, responsables de la recrudescence de plusieurs maladies, notamment la rougeole, dont le nombre de cas a augmenté de 50% à travers le monde entre 2017 et 2018.

Enfin, Mercola est membre de l’Association of American Physicians and Surgeons (AAPS), un petit groupe de médecins à l’idéologie ultraconservatrice. Opposée au contrôle des armes ou encore à l’avortement « en raison d’un risque plus élevé de cancer du sein » [sic], l’AAPS ne se contente pas de donner la parole aux militants anti-vaccins comme Wakefield, mais, à l’instar de Mercola, affirme que le VIH n’est pas responsable du sida. « L’exposition aux stéroïdes et aux produits chimiques dans notre environnement, les médicaments utilisés pour traiter le sida, le stress et la mauvaise nutrition en sont peut-être les causes réelles », avance Mercola, tandis que l’AAPS n’hésite pas à tenir des propos homophobes en affirmant que « le mode de vie des hommes gays augmente considérablement l’incidence des maladies infectieuses et raccourcit l’espérance de vie d’environ 20 ans ».

USRTK botte en touche

Certes, on ne trouvera aucune mention de ces théories farfelues sur le site de USRTK, qui se proclame plutôt une association vouée à la « transparence », revendiquant le « droit de savoir ce que contient notre nourriture et comment cela influence notre santé ». Lors de la campagne sur la Proposition 37, Gary Ruskin, interrogé par le Los Angeles Times sur les rapports de l’association avec Mercola, avait d’ores et déjà répliqué : « Nous n’approuvons pas tout ce que disent nos supporters. » Pour sa part, Carey Gillam prétendait ne faire que « son travail de journaliste d’investigation indépendante », à savoir « recueillir des données, parler à des gens intelligents et essayer de partager la meilleure information possible sur les pesticides et la sécurité publique » afin de « diffuser de l’information qui est véridique ». Ainsi, en 2017, à propos des liens de l’association avec Mercola et des militants anti-vaccins, celle-ci a répondu: « C’est l’une des nombreuses attaques folles et complètement fausses lancées contre notre groupe par les partisans de l’industrie chimique. Notre organisme sans but lucratif se concentre sur les questions d’alimentation et d’agriculture et n’a aucune recherche, aucune position et aucune implication dans quoi que ce soit en rapport avec les vaccins (et nous ne l’avons jamais fait). Mes enfants sont tous parfaitement vaccinés. » Soit, mais alors comment interpréter le fait qu’elle ait accepté, en janvier 2018, d’accorder une heure d’interview au Dr Mercola ?

Peut-on sérieusement avoir la prétention de défendre la vérité des faits et de lutter contre « la fabrique du mensonge », tout en ayant comme sponsors et alliés des individus qui diffusent massivement « fake news » et « fakemeds » (pseudo-médecines), et trempent dans les théories conspirationnistes les plus délirantes ?

Références
  • « Celles qui ont révélé les “Monsanto papers” racontent comment Monsanto triche », Reporterre.net, 24 octobre 2017.
  • « EFSA Statement regarding the EU assessment of glyphosate and the so-called “Monsanto papers” »,
    8 juin 2017.
  • « Monsanto Papers’Journalists Win Huge Prize », Organicconsumers.org, 16 mars 2018.
  • Anna Almendrala, « Prop 37 Donors Revealed: From Monsanto & Hershey To Controversial Alternative Health Doctor», California Watch, 11 février 2012. 5. Formulaires fiscaux 990 de l’Organic Consumers Association.
  • Formulaires fiscaux 990 de la Natural Health Research Foundation.
  • «9/11: Believe It …or Not», Organicconsumers. org, 10 septembre 2016.
  • « Why the “Chemtrail Conspiracy” is Organicconsumers.org, 15 août 2015.
  • Laurent Joffrin, «Les Verts et la rougeole», Libération, 8 mars 2019.
  • Stephen Barrett, «Dr. Joseph Mercola Ordered
  • to Stop Illegal Claims», Quackwatch.org, 9 janvier 2017.

  • Robert Arnason, «Who is Carey Gillam?», The Western Producer, 21 septembre 2017.
  • «Who is Carey Gillam and who are U.S. Right to Know», Medium.com, 17 novembre 2017.

  • Michael Hiltzik, «Prop. 37 debate is full of baloney», Los Angeles Times,16 septembre 2012.