Les NBT incarnent l’avenir de l’agriculture, estime la députée Valérie Bazin-Malgras

Valérie Bazin-Malgras député LR aube

Animée par la députée LR de l’Aube Valérie Bazin-Malgras, la convention consacrée à l’alimentation et à l’agriculture a permis de dégager une vingtaine de propositions censées dresser les contours du programme agricole du futur candidat LR à l’élection présidentielle

Vous souhaitez instaurer le principe « pas d’interdiction sans solution ». Or, cette proposition est affichée dans de nombreux programmes politiques, mais concrètement, les solutions alternatives sont souvent décevantes voire totalement inefficaces. Quel mécanisme voulez-vous instaurer afin que l’on soit sûr que les solutions proposées soient meilleures que ce que l’on interdit ?

Cette mesure ne vient pas toute seule et repose sur différents leviers. Tout d’abord, nous souhaitons développer la recherche et l’innovation en agriculture en augmentant le budget de l’Inrae et en réorientant ses financements vers des recherches « utiles » qui permettront de réelles avancées pour nos agriculteurs.

Le budget en matière de recherche agricole est dramatiquement bas alors que nous avons besoin de l’innovation pour relever les défis auxquels le secteur est confronté. Au-delà de la recherche visant à développer les NBT, nous souhaitons mettre en place une recherche au service des agriculteurs, afin de leur permettre de toujours produire plus et mieux. À chaque fois qu’un produit sera en voie d’interdiction, nous demanderons une enquête scientifique pointant les bénéfices et les coûts relatifs à l’interdiction de ce produit par rapport à son autorisation. Nous exigerons que cette interdiction soit conditionnée au remplacement de ce produit par un autre.

En outre, cette hausse du budget de la recherche agricole s’accompagnera de l’interdiction de la surtransposition des normes européennes en France, pour permettre aux agriculteurs de ne pas avoir à subir de plein fouet les desiderata de certains écologistes qui ne connaissent pas la réalité du terrain.

Vous indiquez vouloir « interdire la surtransposition des normes européennes en France qui occasionne des charges supplémentaires sur les agriculteurs français et demander un moratoire sur les normes européennes ». Comment allez-vous garantir que cette promesse, qui avait déjà été faite par le candidat Emmanuel Macron, sera tenue ? Cela veut-il dire que tous les usages du glyphosate vont être réautorisés, ou encore que vous allez revenir sur les nouvelles dispositions de l’arrêté « abeilles », par exemple ? Quid des Zones de Non Traitement, qui sont aussi une disposition franco-française ? Enfin, si interdire la surtransposition des normes européennes veut aussi dire avoir les mêmes normes qu’en Pologne ou en Espagne, êtes-vous prêts à cela ?

Il n’est pas non plus question de rogner nos critères sanitaires et environnementaux en prenant exemple sur la Pologne. L’agriculture française est exemplaire à tous les niveaux, de nombreux agriculteurs ont déjà investi beaucoup d’argent et de temps pour se conformer aux exigences nationales et européennes. Il est hors de question de leur retirer à présent cet avantage commercial. En revanche, nous souhaitons, dès aujourd’hui, ce moratoire sur les normes européennes afin, surtout, que la France ne doive plus systématiquement alourdir les directives de l’Union européenne.

Il faut arrêter l’hypocrisie : nous ne pouvons plus accepter d’importer des produits de pays qui ne respectent pas nos normes. Nous sommes exigeants envers nos agriculteurs, il faut donc leur donner la préférence en interdisant l’accès aux produits ne respectant pas nos normes de production, tout en harmonisant l’application de ces normes partout en Europe.

« Pérenniser le dispositif d’exonération des cotisations patronales pour l’emploi de travailleurs occasionnels agricoles (dispositif TO-DE) » : est-ce réellement suffisant ? Que comptez-vous faire aussi pour résoudre le problème criant de manque de main-d’œuvre agricole ?

Oui, c’est une demande du secteur agricole depuis de nombreuses an- nées. Les agriculteurs ont besoin de visibilité, l’interrogation annuelle sur la pérennisation de ce dispositif n’est plus possible. C’est pourquoi nous souhaitons offrir une visibilité plus importante aux employeurs grâce à ce dispositif.

En outre, cette démarche s’accompagne de mesures économiques annexes qui visent à réduire le coût du travail en France de manière générale. Dans notre Convention Travail, Entreprises et Pouvoir d’achat (décembre 2020), nous avons proposé une série de mesures visant à faciliter l’embauche tout en protégeant les salariés, notamment par la simplification drastique du Code du travail et la réduction de 25 milliards d’euros des charges patronales pesant sur l’ensemble des salaires.

Enfin, en plus des mesures d’allégement du coût du travail, nous proposons une vraie campagne de revalorisation des métiers agricoles pour attirer des vocations. La combinaison de ces différentes mesures permettra de générer davantage de main-d’œuvre agricole.

« Développer la recherche et l’innovation en agriculture de manière à répondre à la demande alimentaire et produire plus et mieux, en respectant l’environnement. » Comment allez- vous faire concrètement pour que la recherche revienne en France, notamment sur les NBT ?

Encore une fois, c’est une combinaison de mesures qui nous permettra de (re)développer la recherche en France. D’une part, il est nécessaire de communiquer sur les avantages et les bénéfices des NBT, tout en dédiabolisant l’image des OGM.

Cette campagne s’accompagnera d’une revalorisation de la parole des scientifiques, car il est inconcevable qu’en France, certaines institutions scientifiques reconnues soient comparées à des lobbys et que des ONG soient plus écoutées qu’elles. En s’appuyant sur des données scientifiques viables avant toute prise de décision, les Français devraient comprendre que les NBT n’empoisonnent personne et, bien au contraire, incarnent l’avenir de l’agriculture. En améliorant l’image de la recherche et des chercheurs, tout en augmentant les financements qui leur sont dédiés, nous aurons créé un nouveau terrain favorable à la recherche en France.

D’autre part, nous devons nous battre au niveau européen pour dis- socier les NBT des OGM. Il n’y a aucune raison pour qu’ils soient mis dans le même panier! Les NBT per- mettent de modifier le génome afin d’obtenir des variétés plus résistantes beaucoup plus rapidement que les méthodes classiques.

Nombre de nos concurrents se sont lancés dans cette course à l’in- novation, nous ne pouvons pas nous permettre de passer à côté.

En 2018, sans les vins et spiritueux, notre balance agricole est déficitaire pour la première fois depuis cinquante ans. Comment comptez-vous remédier à cette situation alors qu’il n’y a aucune proposition dans votre programme pour augmenter les exportations françaises agroalimentaires ? Avez-vous des objectifs par type de production ?

Nous ne pouvons pas simplement proposer d’augmenter les exportations et laisser les agriculteurs se débrouiller. Dans cette convention, nous avons envisagé dix-huit mesures dont l’un des objectifs essentiels est de relever ce défi de l’exportation. Alors que nous étions le troisième exportateur mondial en 2005, comment en sommes-nous arrivés là ? C’est simple : multiplication des normes, asphyxie des agriculteurs, chute du prix des matières premières, relations commerciales déséquilibrées, agribashing… Et j’en passe ! Ce que nous proposons, nous l’espérons, permettra de répondre à chacun de ces problèmes pour ensuite relever un défi commun et redevenir la puissance agricole exportatrice que nous étions.

C’est pourquoi nous voulons mettre en place un moratoire sur les normes européennes : l’interdiction de l’importation en Europe des produits ne respectant pas les normes de production, la protection du revenu des agriculteurs contre la volatilité des prix des matières premières grâce à un filet de sécurité financé par des fonds européens, le renforcement des moyens de la DGCCRF pour protéger les agriculteurs contre les pratiques malveillantes de la grande distribution. Enfin, nous proposons l’apposition d’un étiquetage clair et harmonisé de l’origine des produits pour valoriser les producteurs français.

Notre agriculture est l’une des meilleures au monde. Nous devons en être fiers !

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