Site icon

À propos du projet politique des antispécistes

L'extinction de homme le projet fou des antispecistes Paul Sugy

En rabaissant l’homme à sa simple composante biologique afin de supprimer toute hiérarchie entre les hommes et les animaux, le mouvement antispéciste sonne le glas de la société humaine, estime Paul Sugy

Journaliste au Figaro, Paul Sugy vient de publier son premier ouvrage, dont le titre pourrait bien sembler, de prime abord, un brin exagéré : L’extinction de l’homme, le projet fou des antispécistes .

Celui-ci, rédigé avec brio, conduit cependant son lecteur à découvrir que, derrière l’image sympathique des défenseurs de la cause animale et du véganisme, se dissimule un projet bien plus subversif qu’on ne pourrait l’imaginer. « La prochaine offensive de destruction de la civilisation occidentale se niche dans l’antispécisme », met ainsi en garde son auteur.

Car, selon lui, ce combat ne consiste pas simplement à mettre un terme à la souffrance animale, voire à augmenter les droits des animaux, mais bien à restreindre les nôtres. «Si nous faisons le choix d’une so- ciété antispéciste, si l’on décide de conférer à la vie des animaux une dignité comparable à celle de la vie humaine, alors, nécessairement, leurs droits empiéteront tôt ou tard sur les nôtres», explique l’auteur.

À lire aussi : Nouvelle action d’ Extinction rebellion

Et ce n’est pas tout ! Il postule également que l’enjeu, pour les antispécistes, est d’éliminer ce qu’il y a de profondément humain chez l’homme, à savoir ce qu’il a d’exceptionnel. Ainsi donc, ce qu’implique véritablement l’antispécisme, « c’est la refonte intégrale de notre société ».

Voyage aux racines de l’antispécisme

Toute la force de l’ouvrage réside dans son examen minutieux et métho- dique de la pensée antispéciste.

Paul Sugy dénonce d’abord un schéma « extrêmement similaire à celui du marxisme », et considère avec raison que l’une des principales figures du mouvement antispéciste, Peter Singer, « applique un calque marxiste à la compréhension des rapports entre humains et animaux ». Une idée d’ailleurs admise par le journaliste Aymeric Caron, qui a largement contribué à vulgariser les thèses antispécistes en France : « La protection animale est le marxisme du XXIe siècle », a-t-il ainsi affirmé.

L’auteur pousse encore plus loin sa réflexion, accusant le matérialisme du philosophe Auguste Comte d’avoir apporté une pierre essentielle à l’édifice antispéciste

Toutefois, l’auteur pousse plus loin la réflexion, en accusant le matérialisme du philosophe Auguste Comte d’avoir apporté une pierre essentielle à l’édifice antispéciste. Le matérialisme se révèle être « la seule manière de réfuter l’idée que la vie humaine est “sacrée“» contestant la séparation entre le sacré et le profane, « l’antispécisme réunifie le monde en décrétant que celui-ci n’est que pure matière ». Or, comme le rappelle Paul Sugy « la communauté humaine repose sur l’existence d’un lien mémoriel, et donc d’une conscience historique, et là encore, c’est le signe qu’il existe une union spirituelle entre les hommes, infiniment plus profonde que les liens sociaux que les animaux nouent entre eux ».

Enfin, l’auteur souligne que la touche finale au corpus intellectuel de l’antispécisme a été mise par le déconstructionnisme du philosophe français Jacques Derrida, qui reproche à la philosophie occidentale « d’avoir exclu l’animal du champ de notre considération » et « d’avoir bâti à l’homme une maison pour habiter l’univers ». Grâce à une argumentation particulièrement riche et bien construite, l’auteur développe sa thèse avec ampleur, jusqu’à parvenir à la conclusion finale que l’antispécisme « ne prône rien moins qu’un nouvel asservissement : celui des hommes ».

Quitter la version mobile