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La convergence outre-Atlantique des anti-OGM et des antivax

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Comme en France (voir l’article « OGM, vaccins, même combat »), la mobilisation antivaccin outre-Atlantique est composée d’acteurs clefs provenant de la lutte anti-OGM et anti-phytos. 

Joseph Mercola, Ronnie Cummins et l’OCA

Notamment un certain Joseph Mercola, médecin homéopathe et spécialiste de la « santé naturelle », qui est considéré par le New York Times comme « le plus influent diffuseur de fausses informations sur le coronavirus en ligne ». Le quotidien américain précise dans un article publié le 24 juillet dernier que, selon l’analyse de chercheurs et d’organismes de réglementation, le Dr Mercola a publié sur Facebook « plus de 600 articles mettant en doute les vaccins Covid-19 depuis le début de la pandémie, touchant ainsi un public bien plus large que les autres sceptiques de la vaccination ». Sa page Facebook compte en effet 1,7 million d’adeptes !

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Le Dr Mercola est un vétéran du mouvement antivax américain qu’il finance depuis longtemps, comme par exemple le National Vaccine Information Center. Et avec une force de frappe financière supérieure à 100 millions de dollars, grâce à la vente de produits de « santé naturelle », il peut largement se permettre de jouer les philanthropes. Il a également publié en avril 2021 un livre intitulé The Truth About COVID-19 : Exposing The Great Reset, Lockdowns, Vaccine Passports, and the New Normal, coécrit avec Ronnie Cummins, président de l’Organic Consumer Association (OCA). Or, Mercola et Cummins constituent un tandem de premier plan dans la lutte contre les OGM et les pesticides.

Dès 2012, Mercola et Cummins avaient collaboré pour imposer en Californie, par voie référendaire, un étiquetage spécial pour les produits alimentaires contenant des OGM. Avec 2,4 millions de dollars de donation à l’association California Right to Know, ils furent les deux principaux sponsors de cette initiative. Depuis lors, Mercola a octroyé pas moins de 4,7 millions de dollars à l’OCA de son ami Cummins.

Membre de l’Ifoam, le principal lobby du bio à l’échelle internationale, l’OCA n’hésite pas, de son côté, à publier sur son site des articles conspirationnistes particulièrement fumeux, tel celui sur le 11 septembre qui remet en cause la version officielle des attentats terroristes. « Ces tours ne sont pas seulement tombées par gravité, elles ont été détruites par explosion ! », peut-on ainsi lire sur le site de Cummins. Les fameux « chemtrails », ces traînées blanches créées par le passage des avions en vol, qui seraient, selon les théories conspirationnistes, composées de produits chimiques délibérément épandus en altitude par diverses agences gouvernementales dans le cadre d’opérations secrètes aux motivations diverses, font également partie de la panoplie des « fake news » divulguées par l’OCA. Sans surprise, on retrouve aussi l’OCA dans la promotion du sulfureux chirurgien britannique Andrew Wakefield, connu pour être à l’origine de l’une des plus grandes supercheries de la médecine moderne, concernant un prétendu lien établi entre autisme et vaccination.

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Non content de colporter des messages antivax et complotistes avec son comparse Mercola, Ronnie Cummins a été l’un des principaux organisateurs du Tribunal International Monsanto, de concert avec son ami André Leu, président de l’Ifoam de 2011 à 2017 et un des actuels directeurs de l’OCA. L’association de Cummins assure aussi environ la moitié des revenus de l’US Right to Know (USRTK), une société américaine à but non lucratif engagée dans la bataille contre Monsanto dans le dossier du glyphosate. Ainsi, les fameuses « révélations » des Monsanto Papers par Stéphane Foucart et Stéphane Horel ont été rendues possibles grâce à la collaboration étroite entre l’USRTK et les cabinets d’avocats américains impliqués dans cette affaire. Cummins aurait ainsi octroyé à USRTK près de 1 million de dollars depuis sa création.

Stephanie Seneff et Robert F. Kennedy

Parmi les pourfendeurs de la vaccination anti-Covid, on trouve enfin Stephanie Seneff, une chercheuse rattachée au laboratoire d’informatique et d’intelligence artificielle du très prestigieux MIT. C’est elle qui a répandu la fakenews selon laquelle il y aurait un lien entre la progression de l’usage du Roundup dans les champs américains et le nombre de cas d’autisme enregistrés. Elle a publié au mois de juillet un livre contre le glyphosate, intitulé Toxic Legacy : How the Weedkiller Glyphosate Is Destroying Our Health and the Environment.

Parallèlement à la promotion de son ouvrage, Seneff diffuse les messages antivax de Robert F. Kennedy Jr., président fondateur de la Children’s Health Defense, principale association antivaccin des États-Unis. Et, en toute cohérence, c’est la Children’s Health Defense qui a publié la version américaine du dernier livre de Gilles-Éric Séralini – The Monsanto Papers – préfacée par Robert F. Kennedy Jr. en personne. Rien de plus naturel, puisque Robert F. Kennedy Jr. a, par ailleurs, été partenaire du cabinet Baum Hedlund, l’un des cabinets d’avocats les plus actifs dans la bataille judiciaire livrée contre Monsanto.

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