Les raisons du décrochage du bio

Les agriculteurs « dindons de la farce » d’une filière #bio qui ne fait plus recette. Analyse d’une situation de crise que certains candidats aux #présidentielles2022 promouvant le #bio à outrance feignent d’ignorer.

Comme vous l’avez vu, certainement, dans le programme de Yannick Jadot, dans le programme de Mélenchon, on est pour une augmentation des surfaces converties en bio. Et d’un autre côté politique d’ailleurs, je pense à Eric Zemmour, dans son programme, il est lui aussi pour augmenter les surfaces d’agriculture biologique. 

Pourquoi est-ce que c’est hors-sol ?

Tout simplement parce que si on regarde la réalité du marché, ça va être difficile à mettre en place.

  • Premièrement, les fruits et légumes, depuis l’année dernière, ont connu une décrochage de 11%. Ça veut dire que les consommateurs achètent beaucoup moins de fruits et de légumes que ce qui est produit.

  • Ensuite, dans la production de porc par exemple, on a environ 1% du marché du porc aujourd’hui qui est en bio, et bien même avec ces 1% là, on est déjà en surproduction.

  • Et puis, si vous prenez par exemple les oeufs, les professionnels estiment qu’il y a déjà aujourd’hui 1,15 million de poules de trop, de poules bio, de trop. Cela représente 14% du cheptel.
  • Enfin, si on regarde le lait, qui marche très très bien en bio, Lactalis, le plus grand géant de la distribution de lait est en train aujourd’hui de convertir 30% du bio en conventionnel. Donc, ils achètent du lait bio et c’est vendu en lait conventionnel. Donc, on voit bien que le marché est saturé.

Il y a un décrochage qui est en train d’avoir lieu et qui est aujourd’hui unanimement reconnu par les professionnels. Et ça explique tout simplement parce qu’il y 4 raisons  qui ont entrainé ce décrochage. 

L’agribashing et les campagnes anxiogènes ne fonctionnent plus

Premièrement, l’agribashing ne marche plus. Depuis qu’on a un ministre de l’Agriculture qui défend l’agriculture, depuis que les agriculteurs ont pris la parole pour défendre l’agriculture, les gens ont compris que finalement, le conventionnel, c’est de très très bonne qualité. Il n’y a pas besoin de se ruer sur du bio pour avoir des produits de qualité.

Et puis, s’ajoute un autre aspect, ce sont ces campagnes anxiogènes de Générations Futures qu’on a vu depuis des années. Aujourd’hui, ce que l’on remarque c’est qu’elles ne font plus vraiment recette. On l’a entendu tellement ce discours, qu’aujourd’hui, ça ne passe plus, ça ne convainc plus personne. 

Le consommateur privilégie les produits locaux 

Et puis, il y a encore un élément supplémentaire, on le voit très bien dans toutes les analyses, dans tous les sondages, les gens aujourd’hui préfèrent de loin acheter des produits français locaux que des produits bio. Le local est beaucoup plus à la Une de la presse que ne l’est l’agriculture biologique. 

Lire aussi : Les échecs du 100% bio

Le prix du bio ! 

Et puis enfin, les prix, parce que bien entendu, avec la crise économique et l’inflation générale et la pression sur le pouvoir d’achat, acheter des produits 20 à 30% plus chers les gens ne peuvent pas. Et donc, on a un tassement de l’agriculture biologique. 

Lire aussi : La crise du lait bio va-t-elle se poursuivre ?

La fin du mirage bio pour les agriculteurs

Qui sont les dindons de la farce dans cette histoire ? Encore une fois les agriculteurs. Et pour ça, j’en veux pour preuve, une arboricultrice du sud de la France qui s’appelle Françoise Roch qui explique qu’on lui promis monts et merveilles, tous les jours on promettait monts et merveilles avec le marché du bio, donc, elle s’est convertie en bio, et aujourd’hui, que dit-elle ? Aujourd’hui, c’est la désillusion, c’est la fin pour les agriculteurs de pouvoir se convertir. Et donc on est en train, aujourd’hui, dans les milieux professionnels de demander aux gens d’arrêter de se convertir au bio tandis que Yannick Jadot, Zemmour et Mélanchon, eux veulent augmenter les surfaces en bio. 

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