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La preuve de l’utilité limitée d’Écophyto

Le 25 avril dernier, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a publié son rapport annuel sur les niveaux de résidus de pesticides dans les denrées alimentaires vendues sur le marché européen. Les données, qui concernent l’année 2022, confirment, comme chaque année, un risque sanitaire proche de zéro pour les consommateurs. 

En effet, sur les 110 829 échantillons aléatoires analysés (en augmentation de 26 % par rapport à 2021), 96,3 % indiquaient des valeurs inférieures à la limite maximale de résidus (LMR), et parmi eux, 65 374 échantillons (soit 59 %) étaient totalement exempts de traces de résidus (résultats inférieurs à la limite de quantification, LQ). En tenant compte de l’incertitude des mesures, seulement 2 383 échantillons (soit 2,2 % de tous les échantillons) ont déclenché, pour une raison ou pour une autre, des sanctions juridiques ou des mesures d’exécution.

Les produits de l’agriculture biologique connaissent également des taux de dépassement des LMR (2,4 %) et de non-conformité (1,4 %). Des pourcentages sans grande évolution par rapport à 2021, avec toutefois des substances non autorisées dans l’agriculture biologique encore signalées sporadiquement pour des échantillons provenant de pays tiers. Principalement du chlorpyrifos dans les haricots secs, le riz et les graines de cumin en provenance d’Inde, du propiconazole dans le riz et les graines de cumin également en provenance d’Inde, et quelques non-conformités dans des olives de table en provenance de l’UE.

Les dépassements de LMR les plus élevés concernaient des substances naturelles utilisées à d’autres fins que des pesticides, à savoir du cuivre et de l’oxyde d’éthylène, ce qui a déclenché des alertes et une augmentation de la fréquence des contrôles à l’importation. Dans le cas des composés de cuivre, une augmentation de 1 % à 5,1 % a été observée en comparant les résultats de 2022 à ceux de 2021, tandis que pour l’oxyde d’éthylène, l’Efsa constate plutôt une diminution (de 6,6 % en 2021 à 2,3 % en 2022).

Bref, la certitude qui ressort de ce rapport, et qui est très rassurante, c’est l’excellence sanitaire des produits alimentaires commercialisés en Europe. Peut-être est-ce la raison pour laquelle il n’a fait l’objet d’aucune dépêche de l’AFP ni moins encore d’articles dans la presse. Comme si l’annonce de cette bonne nouvelle n’avait aucun intérêt… Ou alors, cet assourdissant silence trahit l’embarras ressenti devant le fait que le rapport suggère finalement qu’une réduction de l’usage des pesticides n’aurait en réalité aucun impact significatif sur la qualité sanitaire des denrées alimentaires, et donc sur la santé des consommateurs. Ce qui en dit long sur l’utilité bien limitée d’Écophyto…

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