« 8.000 euros la ruche, ça fait cher pour le contribuable », estime un élu du conseil régional d'Aquitaine !

actualités 07 | 12 | 2010

« 8.000 euros la ruche, ça fait cher pour le contribuable », estime un élu du conseil régional d’Aquitaine !

64.000 euros pour placer 8 ruches sur les toits du conseil régional d’Aquitaine, au nom de la sauvegarde de l’abeille ! Telle était la très sérieuse proposition présentée le 25 octobre 2010 par Monique De Marco, responsable d’Europe Ecologie [1] . Dernier sujet de délibération d’une longue série, cette proposition aurait dû passer comme une lettre à la poste. Sauf que Patrick Beauvillard, élu au conseil régional pour le Modem, ne l’entendait pas de la sorte. « Il est 22 heures et les élus régionaux (en tout cas ceux qui sont encore présents...) sont fatigués. Cette délibération est plutôt sympathique, et au vu de son titre, ne devrait poser aucun problème et pourrait venir clore une séance dense et animée par un large consensus », note l’élu du Lot-et-Garonne, qui trouve cependant la facture lourde. Une critique d’autant plus légitime que le président du conseil, Alain Rousset, venait juste d’expliquer que, crise oblige, il devenait nécessaire « de revoir les priorités sur les projets existants, et être particulièrement sélectifs sur les projets à l’avenir  ».

« A 200 € la ruche, et 200 € l’essaim, l’installation de 8 ruches devrait tourner autour de 3.200 €, et non de 32.000 €, comme on nous demande pour la première année ! N’y aurait-il pas une faute de frappe dans la délibération ? », s’est interrogé Patrick Beauvillard, qui a rappelé au Président que le coût des 4 ruches installées par la mairie de Talence dans le bois de Thouars s’est élevé à 2.000 € la première année et 1.200 € les années suivantes, soit 6.400 euros pour 3 ans.

Beau joueur, l’élu du Modem a proposé au Président une réattribution du budget : 10.000 € à l’Unaf pour son programme « Abeille sentinelle de l’environnement » et une enveloppe de 54.000 € pour soutenir sur le terrain l’apiculture et la profession apicole ; une proposition qualifiée de «  frappée au coin du bon sens » par le Président, qui a demandé à la Commission de « revoir le montage financier ».
Mais voilà qu’un mois plus tard, Patrick Beauvillard a reçu un courrier « recommandé et avec accusé de réception » du président de l’Unaf, qui n’entend pas perdre aussi facilement une manne financière d’une telle importance pour un projet « à but non lucratif ». Datée du 18 décembre 2010 (sic), la lettre lui rappelle ses obligations face à la menace de la disparition des abeilles : « Depuis une dizaine d’années, vous ne pouvez l’ignorer, l’abeille subit les effets de produits phytosanitaires très toxiques, et dans les régions de grandes cultures, son avenir devient hypothétique », s’enflamme Henri Clément, qui accuse même le port de Bordeaux d’avoir été la porte d’entrée « d’un terrible prédateur, le frelon Vesp Velutina, venu d’Asie par bateaux » [2]

Or, le programme « Abeille sentinelle de l’environnement » de l’Unaf « rapproche l’abeille des citoyens » et constitue un « vecteur de sensibilisation essentiel », poursuit le président du syndicat apicole. Voilà qui justifie bien les 64.000 euros, dont le syndicat apicole préférerait disposer à fins de communication, plutôt que de voir ces sommes allouées à l’apiculture de l’Aquitaine...

[2Lettre de Henri Clement à Patrick Beauvillard.

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