actualités 07 | 06 | 2006

Agrafil se fait piéger par le MDRGF

Alors que le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) réunit à peine quelques dizaines de militants, l’association de François Veillerette se voit maintenant qualifiée d’« ONG » dans une brève d’Agrafil publiée le 6 juin dernier. Cette erreur trouve son origine dans une dépêche de l’AFP datée du 2 juin, que le journaliste d’Agrafil a reproduite, visiblement sans la vérifier... Il ne s’est pas plus assuré du sérieux des affirmations de François Veillerette, selon lesquelles « la contamination des aliments végétaux par les résidus de pesticides atteint un niveau record avec 47 % des fruits et légumes contaminés dans l’Union, ce qui représente une hausse de 3 %  ».

Il est vrai que pour rendre son discours crédible, le MDRGF prétend que «  ces données ont été transmises au cours d’une réunion d’un groupe de travail fin mai à Corfou (Grèce), par la Commission européenne  ». Or, le chiffre de 47% résulte d’une pirouette mathématique particulièrement créative, qui provient non de la Commission européenne, mais de Manfred Krautter, expert de...Greenpeace  ! Pour obtenir ce pourcentage, ce dernier a tout simplement additionné les 39,7 % d’échantillons analysés se trouvant sous la Limite Maximale de Résidu (LMR) aux 4,7 % situés au-dessus de la LMR fixée par chaque pays et aux 2,9 % au-dessus de la LMR fixée pour certains produits par la Commission européenne. Bien que l’exposition de l’ensemble de ces échantillons reste inférieure à la DJA (dose journalière admissible) - ce qui fait dire à la Commission qu’il n’y a « pas lieu de s’inquiéter d’une toxicité chronique  » -, François Veillerette, qui s’est contenté de reprendre à son compte, et sans citer sa source, un communiqué de presse de Greenpeace, conclut que « cette situation est très inquiétante, quand on connaît les propriétés cancérigènes, neurotoxiques, pertubatrices hormonales, de nombre de ces pesticides  ».

Si le président du MDRGF s’est focalisé sur le chiffre de 47 %, c’est surtout pour mieux occulter la baisse du pourcentage d’échantillons analysés qui dépassent la LMR. Dans son rapport rendu public en 2003, la Commission européenne avait en effet noté que 5,1 % des échantillons se situaient au-dessus de la LMR, alors que ce même chiffre est tombé à 4,7 % pour 2004 ! Contrairement à ce que laisse entendre Agrafil, piégé par le MDRGF, la situation a donc été meilleure en 2004 qu’en 2003. D’autant plus que cette fois-ci, ce sont plus de 60.000 échantillons qui ont été analysés, contre moins de 48.000 en 2003.

Générations Futures/MDRGF écologie politique

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