actualités 21 | 04 | 2008

Agriculture bio, Catherine Badgley et le modèle cubain

« Après quelques années de crises exacerbées par le boycott économique américain, Cuba possède l’un des systèmes [agricoles] les plus avancés de monde » [1], écrivait Catherine Badgley, la chercheuse de l’Université du Michigan à l’origine de la rumeur farfelue selon laquelle la FAO aurait prétendu possible de nourrir toute la planète grâce à l’agriculture biologique [2].

Or, un article fort intéressant, signé par Paulo A. Paranagua et publié dans Le Monde du 2 avril 2008 décrit l’état réel du système agricole cubain. « Cuba dépense 1,5 milliard de dollars annuellement pour importer 84 % des aliments. Le bétail est réduit à la moitié de ce qu’il était en 1967. L’industrie sucrière, jadis première source de devises, est en ruine : le gouvernement a été obligé d’importer du sucre », explique le journaliste. Citant l’ancien prisonnier politique et l’économiste Oscar Espinosa Chepe, il poursuit : « Les latifundia privés ont été remplacés par les latifundia de l’Etat. La moitié de la surface arable est oisive, envahie par le marabu, une plante pleine d’épines. »

Aujourd’hui le nouveau gouvernement tente de stimuler la production agricole. A titre expérimental, il a ouvert des magasins dans quatre provinces pour vendre des outils agricoles. Attention, « il ne s’agit pas de machines-outils », précise le journaliste, « mais de machettes, faucilles, houes, clous, fers à cheval, qu’on se procurait au prix de laborieuses démarches ou au marché noir ».

Tel est donc ce qui serait « l’un des systèmes les plus avancés du monde »…

[1Dans son article : Can organic agriculture feed the world ?

[2Au sujet de cette rumeur, voir Agriculture bio : les origines d’une rumeur

agriculture bio agronomie

Articles analogues