actualités 25 | 05 | 2006

Au revoir, la sécheresse !

La sécheresse devait être redoutable et il fallait absolument réduire les surfaces de cultures irriguées, entonnaient en chœur les médias il y a encore quelques mois. L’été difficile de 2005 avait fourni de bonnes excuses aux associations écologistes - UFC-QueChoisir en tête - pour vilipender le maïs, l’irrigation et l’agriculture dite productiviste. Même Dominique de Villepin, assez mal conseillé en la matière, s’était félicité de la diminution des hectares de cultures de maïs, cette plante décriée comme étant « si gourmande en eau ».

Mais voilà, la météo n’a pas vraiment donné raison aux oiseaux de mauvais augure, et force est de constater que Dame Nature a été bien généreuse en eau durant ce printemps 2006, après un hiver plus long que de coutume, qui a vu les records de froid se succéder en plusieurs endroits du monde.

Cité par Sylvaine Huet dans un article paru dans Libération du 19 mai 2006, Thierry Pointet, du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), est aujourd’hui très rassurant : « Les pluies abondantes en février et mars ont bien rechargé des zones critiques : Poitou-Charentes, Lorraine, Alsace ». En clair, il n’y a « rien d’alarmant pour l’été 2006 » à signaler, selon l’ingénieur des eaux. D’autant plus que, comme le note Sylvaine Huet, «  les nappes les moins profondes et les plus réactives à la pluie, comme à son absence, ont le plus bénéficié de cette abondance, dans le Massif central, en Bretagne Sud et Poitou-Charentes. Seul le Cotentin peut se trouver en difficulté... à moins d’un été normand arrosé, ce qui n’a rien de rare  ».

Pour les bassins sédimentaires, comme les bassins parisien et aquitain, les niveaux restent certes bas, mais largement suffisants pour passer le cap de l’été. En effet, la nappe de la Beauce, précieuse pour l’irrigation des cultures, réagit très lentement aux variations : il lui faut trois années consécutives de pluies excédentaires ou déficitaires pour inverser une tendance à la baisse ou à la hausse, estiment les ingénieurs du BRGM. Aujourd’hui, le seuil d’alerte est loin d’être atteint, et « même lorsque le niveau a baissé de 16 mètres, un maximum, en 1976, il restait encore 200 mètres d’épaisseur », rappelle Thierry Pointet. Si le stock total d’eau théoriquement mobilisable en France est d’environ 2 000 milliards de mètres cubes - stock qui se reconstitue en permanence grâce aux précipitations - , on trouve même de l’eau encore plus bas. Sylvaine Huet rapporte ainsi qu’en agglomération parisienne, on a réalisé des forages jusqu’à 650 mètres, « permettant d’accéder à des nappes protégées de toute intrusion, précieuses pour une alimentation de secours en cas d’indisponibilité des eaux de surface ».

Dire que certains affirment encore qu’on manque d’eau en France !

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