Biocarburants : Jean-Louis Borloo s'emballe (une nouvelle fois)

actualités 09 | 07 | 2008

Biocarburants : Jean-Louis Borloo s’emballe (une nouvelle fois)

Dans une dépêche datée du 7 juillet 2008, l’agence de presse agricole AgraPress se demande si la Commission européenne n’aurait pas l’intention de remettre en cause les objectifs de développement des biocarburants dans l’Union. Transmettant les « échos de la réunion informelle des ministres de l’Energie européens », qui a eu lieu le 5 juillet à Saint-Cloud, l’agence de presse cite les propos du ministre français, Jean-Louis Borloo. Ce dernier aurait « découvert » que « le texte de la Commission propose que 10% de l’énergie utilisée dans les transports soient issus d’énergies renouvelables, [et qu’] il ne parle pas de biocarburants. C’est une possibilité parmi d’autres, pas plus ». Fier de lui, le ministre français a ajouté : « Pendant des années, la seule vérité, c’était les biocarburants. On est en train de changer d’avis à toute vitesse ». Selon M. Borloo, qui n’a jamais été un fervent défenseur des biocarburants de première génération, « les constructeurs basculent sur d’autres modes d’énergie ». Bref, tout laisse à penser que le ministre français, ravi de sa « découverte », cherche un accord politique qui permette au gouvernement français de se délier de tout engagement.

Or, comme le note avec pertinence Laurence Caramel dans Le Monde du 8 juillet 2008, M. Borloo semble une nouvelle fois s’emballer un peu rapidement. En effet, la Directive européenne 2003/30 du 8 mai 2003 sur les biocarburants est bien plus précise que le texte bruxellois qu’il cite : elle impose aux Etats d’incorporer « 5,75 % de la quantité totale d’essence et de gazole mise en vente sur leur marché à des fins de transport, pour le 31 décembre 2010 au plus tard ».

Pour Ferran Tarradellas, porte-parole du commissaire à l’énergie Andris Piebalgs, le ministre français n’a d’ailleurs fait aucune découverte. « Dimanche 6 juillet, il a répliqué que la proposition de la Commission avait toujours porté sur 10 % de renouvelables – “il suffisait de la lire” », a-t-il expliqué au Monde ! Le porte-parole précise que si l’objectif a été traduit par 10 % de biocarburants – et approuvé par le Conseil européen il y a à peine un an –, c’est parce que les modifications sont mineures pour adapter l’automobile au biodiesel. « En revanche, pour passer à l’électrique ou à l’hydrogène, il faut une révolution », a souligné M.Tarradellas. « La porte reste ouverte aux autres sources d’énergie, à condition qu’elles soient renouvelables, ce qui n’est pas le cas pour l’électricité fournie par les centrales nucléaires », a-t-il ironisé.

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