actualités 11 | 05 | 2006

Bonne nouvelle pour le fipronil et les abeilles !

La nouvelle ne figure pas sur le site de BASF, mais elle est disponible sur celui de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa) : le 4 mai 2006, l’Aesa a en effet rendu publiques les conclusions du rapport de réexamen de l’évaluation des risques pesticides du fipronil, rédigé par le pays rapporteur.

Que dit ce rapport ?

Premier point : Sans ambiguïté, les experts européens confirment les conclusions du rapport de l’Afssa sur l’absence de risque du fipronil pour la santé humaine : « Aucun potentiel génotoxique ou cancérogène n’a été mis en évidence. Le mécanisme d’induction des tumeurs thyroïdiennes a été discuté par les experts et considéré comme étant une réaction spécifique aux rats et non significative pour les humains. Aucune toxicité au niveau de la reproduction ou du développement n’a été observée. Les études neurotoxiques spécifiques ne révèlent aucun élément histopathologique dans le système nerveux ». Le fipronil étant néanmoins toxique en cas d’inhalation, d’ingestion ou d’exposition cutanée intensive, le rapport propose la classification T (toxique), rejoignant en cela de nombreux produits de la pharmacopée actuelle.

C’est donc toute l’argumentation alarmiste des professeurs Narbonne, Belpomme, Sultan et Mouthon, sur un prétendu risque du fipronil pour la santé humaine, qui tombe à l’eau.

Second point : Selon les experts européens, l’usage du fipronil lié au traitement des semences de maïs et de tournesol ne représente pas de risque pour les abeilles butineuses : « Aucun effet néfaste concernant les mortalités d’abeilles et leur survie n’a été observé dans l’ensemble des études effectuées sous tunnel. » En outre, les experts ont noté qu’ «  il n’y avait aucune évidence probante permettant d’attribuer les incidents [de mortalité d’abeilles] à l’usage du fipronil, hormis un seul cas, qui est attribué à une mauvaise qualité d’enrobage de tournesol ».

Les quelques syndicalistes apicoles qui ont attribué leurs problèmes de mortalités d’abeilles à l’usage du fipronil sur maïs et sur tournesol sont donc également déboutés par les experts européens.

Trosième point : En revanche, le rapporteur estime devoir disposer d’informations complémentaires concernant une série de questions en suspens (l’accumulation des métabolites dans le sol, les effets sur les oiseaux et mammifères granivores ou sur les animaux aquatiques, etc). Ces questions ont fait l’objet de demandes d’informations complémentaires lors de la réunion des experts des Etats-membres en juin et juillet 2005. Bien que - selon le rapporteur de l’Aesa - la société allemande BASF ait bel et bien fourni ses réponses, les experts de l’Aesa n’auraient curieusement pas encore eu le temps d’analyser les résultats. Fait suffisamment inhabituel pour être mentionné : c’est donc avant l’analyse complète de l’ensemble des éléments dont dispose l’Aesa que celle-ci a rendu public un rapport dit « final », laissant ainsi planer une zone d’ombre et d’incertitudes ! Peut-on en déduire que le pays rapporteur - en l’occurrence la France - cherche ainsi des raisons pour pouvoir justifier une éventuelle abstention lors du vote pour l’inscription du fipronil sur la liste positive des produits autorisés en Europe ?

En tout état de cause, les experts de plusieurs pays de la Communauté - qui ont visiblement pris le temps d’étudier l’ensemble des pièces remises par BASF à cette époque - ont déjà conclu que les produits phyto-pharmaceutiques à base de fipronil entrait parfaitement dans le cadre d’un usage acceptable au regard des exigences environementales et santé humaine . Ainsi, le 18 mars 2005, la Belgique a prolongé l’autorisation de l’utilisation du fipronil en traitement de semence de maïs jusqu’en 2012, et les Pays-Bays ont accordé le 9 mars 2006 l’autorisation d’utiliser le fipronil pour protéger les semences de choux.

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