actualités 30 | 04 | 2007

Cécile Philippe : et si Nicolas Hulot se trompait ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Cécile Philippe, docteur en économie de l’Université de Paris Dauphine et fondatrice de l’Institut Molinari, (www.institutmolinari.org) sorte de think tank d’inspiration américaine dont l’objectif est d’analyser les politiques publiques en France et au niveau européen, ne craint pas la polémique

En effet, dans son ouvrage « C’est trop tard pour la terre », édité en mars 2007 chez JC Lattès dans la collection « idées fausses, vraies réponses », Cécile Philippe s’interroge avec brio sur la pertinence de quelques-uns des principaux dogmes actuels. Elle passe ainsi en revue le principe de précaution, le réchauffement climatique, les OGM, la fin du pétrole, le protocole de Kyoto et le développement durable. Occasion pour elle de démêler le vrai du faux, de démonter « l’alarmisme environnemental » et surtout de mettre en garde contre les « politiques qui surfent avec enthousiasme et démagogie sur la vague écolo ». Car pour Cécile Philippe, « les remèdes proposés sont souvent construits autour de mythes qui risquent même de nous engager sur une fausse route, nuisible à la qualité de notre environnement ».

Dans son livre, l’auteur conteste surtout le concept d’une prétendue opposition entre l’homme et la nature, idée maîtresse de la pensée écologiste. Cependant, là où elle se singularise, c’est dans sa conviction que l’amélioration de la qualité de notre environnement tient autant au progrès technique qu’au choix du système économique. Et selon Cécile Philippe, il faut davantage faire confiance aux lois de l’économie du marché qu’aux réglementations à outrance. « Contrairement aux idées reçues, économie de marché et environnement ne sont pas antinomiques, loin de là », explique-t-elle, prenant même Karl Marx à témoin. Le père du socialisme ne notait-il pas déjà « l’acharnement fanatique des capitalistes à économiser les moyens de production », y compris lorsqu’il s’agit d’économiser les matières premières ? « Le système capitaliste peut aussi inciter à l’amélioration de l’environnement, car le marché récompense les entreprises les plus efficaces et novatrices en la matière », poursuit-elle. S’opposant clairement aux thèses malthusiennes, dont les adeptes actuels se font aujourd’hui les champions de la décroissance, Cécile Philippe rappelle que déjà en l’an 200, le théologien et moraliste chrétien Tertullien écrivait : « Nous sommes un poids pour le monde, les ressources suffisent à peine à combler nos besoins, lesquels exigent de grands efforts de notre part, sans compter les plaintes qui viennent de partout, alors que la nature ne parvient déjà plus à nous nourrir. » Et pourtant, « en dépit de toutes les prévisions alarmistes - et elles ont été nombreuses -, nous bénéficions encore de ressources abondantes », souligne-t-elle. Dans la lignée de l’école des penseurs libéraux comme Carl Menger, Ludwig von Mises, Murray Rothbard et Henry Hazlitt, l’économiste propose de « laisser les individus organiser leur avenir » plutôt que de les soumettre à d’innombrables réglementations et traités. Car les entreprises privées, les individus et le marché n’ont pas attendu Nicolas Hulot ou José Bové pour s’interroger sur l’environnement et mener les recherches fondamentales à l’origine « des innovations technologiques qui améliorent grandement notre qualité de vie et notre environnement », ajoute-t-elle.
Un livre qui témoigne d’une confiance bien déroutante dans ce pays de pessimisme écologiste.

écologie politique

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