Dérapage chez Alnatura ?

actualités 26 | 07 | 2010

Dérapage chez Alnatura ?

Lors de l’ouverture d’une nouvelle filiale d’Alnatura, à Berlin, en juin dernier, le quotidien berlinois de gauche TAZ a révélé que ce géant de la distributeurs bio outre-Rhin pratiquait une politique de bas salaires sans commune mesure avec sa solide santé financière. Alors que son chiffre d’affaire pour la période 2008-2009 affiche une hausse de 18% pour atteindre 361 millions d’euros, une caissière berlinoise d’Alnatura est en effet rémunérée 9,73 euros de l’heure, au lieu des 13 euros prévus par la grille des salaires en vigueur dans la branche de distribution en Allemagne. « Le salaire le plus bas atteint même 7,5 euros, soit 16% en dessous du barème prévu », constate Claire Stam, correspondante à Francfort de Novethic.fr.

Face à la révélation de ces pratiques, Görtz Rehn, le fondateur d’Alnatura, qui refuse de publier ses chiffres sur ses bénéfices, a immédiatement rendu publique une lettre informant que « la politique du groupe fait actuellement l’objet d’une révision générale ». Ces révélations embarrassent d’autant plus le patron d’Alnatura, qu’il se souvient des déboires de Basic, une chaine de supermarché bio, qui, en 2006, devait accueillir dans son capital une participation du groupe Schwarz, propriétaire du discounter Lidl. Un boycott de ses « consommateurs-citoyens », révoltés contre une telle décision, a très vite convaincu la direction de Basic de faire machine arrière, note Claire Stam. Depuis, le distributeur se remet difficilement de cette « erreur de stratégie ».

Toutefois, Margret Mönig-Raane, vice-présidente du syndicat Verdi, en charge des négociations salariales de la grande distribution, indique que le cas d’Alnatura n’est pas une exception : de fait, la branche bio allemande a la réputation de mal payer ses salariés. « Il paraît tout à fait normal que des entreprises vantant les mérites du développement durable rémunèrent leurs salariés à leur juste valeur », remarque la syndicaliste... «  La paie est mauvaise, mais l’atmosphère au travail est meilleure », rétorquent toutefois des salariés d’Alnatura de Francfort.

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