actualités 10 | 03 | 2008

Des mortalités d’abeilles hivernales « relativement importantes », selon le président de l’Unaf Henri Clément

Certaines personnes possèdent incontestablement l’art de communiquer. Alors que la situation de l’apiculture française continue à s’aggraver, Henri Clément a réussi à se faire réélire président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), à l’unanimité absolue (83 voix sur 83 votants !), lors de l’assemblée générale du syndicat qui s’est tenue le 23 février 2008 à Paris. Il est vrai que les choses baignent au syndicat de la rue des Tournelles : cotisations en hausse de 12%, abonnements en hausse de 22%, recettes publicitaires en progression (+18%) et « un compte de résultat positif de 15.000 euros ». Comme le note le rapport moral (1), la communication du syndicat « procure de nouvelles recettes et participe à la reconnaissance du travail de l’Unaf ». Bref, que des bonnes nouvelles ! Henri Clément ne doit pas regretter d’avoir confié à son amie Renée Garaud le poste d’attachée de presse du syndicat. Après avoir réalisé le film de propagande anti-Gaucho Témoin Gênant, la cinéaste, visiblement recyclée dans la communication, peut ainsi continuer à œuvrer au bon développement de l’Unaf – qui ne correspond pas nécessairement à l’amélioration de l’apiculture française.

Car la réalité économique et sanitaire de l’apiculture est elle toujours très préoccupante... Ce qui apparaît d’ailleurs en filigrane du rapport d’activité rédigé par Raymond Saunier, qui souligne en effet que « la production nationale [de miel] est estimée au niveau le plus bas jamais atteint de 18.000 tonnes ». Côté sanitaire, le constat est bien moins reluisant que ne l’affirmait encore Henri Clément le 29 janvier dernier. Devant la vingtaine de journalistes présents à sa conférence de presse, le président de l’Unaf s’était alors félicité du fait que « la situation a continué à s’améliorer au niveau des ruchers français et les mortalités hivernales en 2006/2007 se sont situées, pour la première fois depuis très longtemps, à un niveau proche de la mortalité naturelle, c’est à dire inférieure à 10% ». Bien entendu, le syndicat attribuait cet excellent résultat à « la suspension d’utilisation du Gaucho et du Régent, en France, depuis 2005 ». En privé – ou plutôt en l’absence des médias –, le discours du président n’est plus du tout le même. Les mortalités d’abeilles « semblent relativement importantes dans certaines régions », a-t-il expliqué aux 83 apiculteurs présents à l’AG. En clair : la suspension d’utilisation du Gaucho et du Régent n’a permis ni de meilleures récoltes de miel, ni la diminution des taux de mortalité hivernale des abeilles ! Dommage que l’Unaf ne prenne pas le temps de faire part de ce constat très intéressant à la presse.

Ces mortalités sont d’ailleurs suffisamment préoccupantes pour que le syndicat propose qu’un questionnaire soit « adressé à tous les présidents [de région] afin que les pertes soient répertoriées pour mieux en connaître les raisons ». Félicitations ! Il est en effet grand temps que M. Clément s’interroge sur les causes des mortalités. Il est vrai que quand il s’agit des problèmes de maladies des abeilles et de certaines pratiques apicoles (comme l’usage de produits interdits), le syndicat de la rue des Tournelles a jusqu’à présent été assez... clément !

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Compte rendu de l’Assemblée Générale de l’UNAF, du 23 février 2008

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