Des parlementaires européens sollicités pour régler les amendes des faucheurs volontaires

actualités 07 | 10 | 2008

Des parlementaires européens sollicités pour régler les amendes des faucheurs volontaires

Depuis le 23 septembre 2008, un e-mail signé de la présidente de la Sous-Commission des Droits de l’Homme, Hélène Flautre, circule parmi les parlementaires européens. Celui-ci leur demande d’apporter leur « soutien aux faucheurs volontaires d’OGM qui, suite à une série de condamnations, se trouvent désormais dans une situation financière très difficile ». Visiblement très affectée par la décision du tribunal de Toulouse rendue le 4 septembre 2008, qui a condamné à 12.000 euros son ami, « l’élu municipal lillois Dominique Plancke », Hélène Flautre n’a donc pas hésité à mobiliser ses « chers collègues ». Pour plus d’informations « sur les différentes condamnations en cours », elle indique les coordonnées du site de l’association Sans gène, qui « lance justement un appel à dons pour permettre aux faucheurs volontaires de régler ces amendes ». « Je vous invite donc vivement à leur faire un don », poursuit Hélène Flautre, qui joint au mail « le formulaire expliquant la démarche à suivre » afin de faciliter la manœuvre.

Que Mme Flautre sorte son chéquier à titre personnel n’a rien de contestable. En revanche, qu’elle se mobilise en tant que présidente de la Sous-Commission des Droits de l’Homme, une commission censée défendre partout dans le monde le droit démocratique, est plus ennuyeux. Car le principal argument du tribunal de Toulouse repose précisément sur le fait que les faucheurs volontaires n’ont pas suivi les règles du jeu démocratique. Le tribunal note qu’ils « n’ont notamment pas eu recours aux voies de droit leur permettant de discuter devant les juridictions compétentes la légalité des autorisations des essais en question, ni à d’autres procédures qui auraient préservé l’avantage d’inscrire leur action dans la légalité et le respect de l’ordre public » ! On pourrait même penser, poursuivent les magistrats, « que l’on a préféré d’emblée la commodité – et non pas la nécessité – d’une action médiatique spectaculaire portant atteinte à la propriété d’autrui, autour d’une personnalité étendard du mouvement altermondialiste » .

Ceci explique pourquoi les magistrats ont rejeté l’argument de la désobéissance civile « que prônent les prévenus ». Ce mode d’action ne peut être qu’exceptionnel, « sous peine de réduire à néant le principe démocratique, avec son postulat que la loi est seule à déterminer et à protéger l’intérêt général », ont rappelé les magistrats de Toulouse. Aucun des prévenus n’a fait appel de sa condamnation, préférant visiblement payer (ou faire payer) son amende plutôt que risquer de passer quelques jours en prison. Voilà qui en dit long sur la désobéissance civile d’un José Bové et d’un Dominique Plancke, très éloignée de celle d’un Martin Luther King, d’un Mohandas Gandhi ou d’un Henry David Thoreau. Aurait-on en effet vu ces derniers quémander quelques sous pour éviter de séjourner sous les verrous ?

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