Des rendements qui mettent à mal certaines observations pessimistes

actualités 20 | 10 | 2009

Des rendements qui mettent à mal certaines observations pessimistes

S’il reste vrai qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, les excellents rendements des principales cultures de céréales en France (blé, orge, colza, betteraves) mettent néanmoins un bémol aux voix alarmantes que l’on a pu entendre, lors du Salon de l’agriculture de février dernier, sur la stagnation des rendements observée en France depuis la fin des années 1990.

Rappel des faits : le 24 février 2009, lors d’un colloque au salon de l’Agriculture, plusieurs responsables de l’Inra ont animé un débat sur l’incidence du changement climatique sur les rendements. « Le changement climatique fait stagner les rendements », a alors titré Agrapresse, relatant les propos de Gilles Charmet, chercheur à l’Inra de Clermont. Voulant comprendre les raisons de cette stagnation dans les grandes cultures, les chercheurs ont passé au crible plusieurs pistes, à la recherche d’un coupable. Est-ce la faute aux généticiens, dont les travaux de sélection et d’amélioration des semences auraient fini par caler ? Ou bien à la PAC et aux modifications des pratiques culturales (comme la diminution des intrants ou de la protection phyto) qu’elle entraîne, comme le pensent de nombreux agriculteurs ? Rien de tel. Pour les experts de l’Inra, le seul suspect crédible reste le changement climatique, bien que les chercheurs soient « conscients qu’ils recourent à une explication devenue passe-partout », comme le note un article paru à l’époque dans Les Echos.

Il semble en effet que le changement climatique soit une réponse un peu rapide. A moins que l’année 2009 soit une année bien exceptionnelle, puisque les records en rendements des principales céréales ont bel et bien été dépassés : 90 t/ha pour les betteraves, soit un niveau de rendement jamais atteint ; 69 q/ha pour le rendement de l’orge d’hiver, et un rendement record de 68 q/ha pour l’orge de printemps. Record également pour le colza : 38 q/ha, dont une augmentation de rendement de 4 /ha en Bourgogne et dans le Centre (première région productrice de colza) et de plus 8 q/ha en Champagne-Ardennes. « Le rendement du colza est en augmentation de plus de 5 q/ha par rapport à celui enregistré en 2008, et de plus de 4 q/ha au-dessus du niveau moyen des cinq dernières années », insiste la revue Agreste Conjoncture d’octobre 2009. Quant au rendement de la féverole, qui s’élève à 49 q/ha, il reste inférieur de 3 q/ha au rendement record de... 2008 ! C’est-à-dire l’année dernière. Enfin, dans certaines régions, le blé tendre atteint d’excellents rendements (jusqu’à 90 q/ha en moyenne) alors que le rendement du blé dur (51 q/ha) représente à peine 1 q/ha de moins que le rendement record de 1998.

Bref, voilà une année bien généreuse. Est-ce vraiment à cause du climat ? Il n’y a aucun doute que les conditions climatiques de 2009 ont joué en faveur des grandes cultures. Mais alors, ne peut-on pas se demander si le prétendu « réchauffement climatique » ne serait pas in fine une bonne nouvelle pour l’agriculture française ?

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