Du bio « riche en pesticides »

actualités 12 | 10 | 2010

Du bio « riche en pesticides »

L’article sur les baies de goji bio rédigé par la journaliste de Que Choisir ? Fabienne Maleysson ne manque pas de piment ! On y découvre en effet que ce petit fruit originaire du nord-ouest de la Chine, vendu pour ses vertus miraculeuses, contient des pesticides, du plomb et du cadmium. Y compris lorsqu’il est vendu dans les magasins bio ! On y apprend également que cette « omniprésence » de pesticides est connue depuis plus de 2 ans, et que si les organismes certificateurs – dont les analyses ont montré que tous les échantillons candidats à la certification bio étaient contaminés – « ont tiré le signal d’alarme », rien n’a vraiment changé depuis. Et les révélations ne s’arrêtent pas là. Alors que des lots de goji bio auraient dû être déclassés, à condition que les LMR ne soit pas dépassées, Fabienne Maleysson indique « qu’une récente enquête de la Répression des Fraudes a montré que plusieurs produits, qui auraient dû être déclassés, étaient vendus en bio, et que la contamination en pesticides, y compris au-delà des limites réglementaires, était généralisée ».

Ce dossier épineux est pourtant connu des autorités européennes en charge de la santé depuis au moins le 20 octobre 2009, date à laquelle le Comité permanent de la Commission européenne en charge de l’agriculture biologique a pris la décision de bloquer l’entrée, sur tout le territoire européen, des produits à base de goji. Pour sa part, le ministère de l’Agriculture français a suspendu momentanément les autorisations d’importation de baies de goji bio et de produits contenant des baies de goji.

Selon le naturopathe Christophe Etienne, propriétaire de la boutique en ligne Herbajovis – qui propose toujours à la vente des sachets de Goji bio facturés 60 euros le kilo –, depuis cette interdiction d’importation, Ecocert a tout mis en œuvre pour « assurer la conformité des produits présents sur le marché ». Ecocert exige de tout importateur un document sur lequel doivent figurer « des analyses libératoires systématiques », dont les résultats sont ensuite validés pour chaque lot par l’organisme de certification. Le naturopathe ajoute : « Dans la pratique, des analyses multi-résidus seront réalisées pour chaque lot et à chaque arrivage, et ceci par chacun des distributeurs de goji bio. Il faut savoir qu’à cela s’ajoutent les contrôles et vérifications de la part de la DGCCRF, la direction des fraudes, à n’importe quel stade de la vente ». En outre, CERES, un certificateur allemand, effectue des contrôles réguliers dans les exploitations chinoises, dans le but de « favoriser les distributeurs qui ont fait preuve d’une certaine éthique, parmi lesquels les Français sont assez bien placés ». Il s’agit de trois distributeurs : Esprit santé-Fructivia, Jolivia et Goji France Himalaya inner Mongolia, qui se sont engagés auprès du ministère de l’Agriculture à respecter les mesures prises par Ecocert. Ainsi, pour Christophe Etienne, le renforcement des contrôles « ne laisse plus aucune place à la fraude ». Ce qui a permis au commerce lucratif de ce fruit aux facultés régénératrices de reprendre de plus belle. Mais pas de chance : l’un des trois lots de goji bio analysés par Que Choisir ? et qui présentait des résidus de pesticides était de la marque Fructivia !

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