actualités 19 | 12 | 2008

« En 2008, le suivi post-homologation du Cruiser a été un fiasco », estime le SPMF

Alors que les associations environnementalistes radicales s’insurgent contre la décision du ministre de l’Agriculture de renouveler pour 2009 l’autorisation limitée d’usage du Cruiser, le SPMF, syndicat des apiculteurs professionnels, prend acte de cette décision, tout en regrettant le « fiasco » du suivi post-homologation réalisé par les services de la Direction générale de l’alimentation (DGAL). « Dès le 2 janvier 2008, le SPMF s’est engagé à participer au suivi post-homologation, proposant pour la seule région Midi-Pyrénées 5.000 ruches témoins », explique Joël Schiro, président du syndicat. Or, ce dernier n’a été convoqué que le 2 avril 2008 à une première réunion de travail. « Le protocole que l’on nous a proposé était très sommaire, avec un nombre de ruches bien en dessous de ce que nous proposions », déplore-t-il. Joël Schiro note qu’« en ce qui concerne les expérimentations pilotées par la DGAL, la mise en place des quelques ruches s’est faite alors que les semis avaient déjà été effectués, et ceci malgré les efforts des techniciens sur le terrain (SRPV, agriculteurs et apiculteurs) pour rattraper le retard sur le plan de l’organisation ».

Difficile de ne pas s’interroger sur la légèreté de la gestion d’un dossier aussi sensible. On peut aussi se demander pourquoi l’équipe du laboratoire de Sophia-Antipolis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), spécialisée dans les pathologies de l’abeille, n’a pas été associée au plan de surveillance. N’aurait-il pas été utile de profiter du suivi post-homologation du Cruiser pour effectuer un suivi sanitaire et toxicologique plus général ? Enfin, il est curieux de constater que les experts de l’Afssa ont été convoqués « dans l’urgence », le 14 octobre 2008, par la DGAL, alors même qu’ils ne disposaient pas encore des résultats d’analyses de certains prélèvements ! Résultat : l’Afssa a rendu un avis bien prudent, rédigé seulement vingt-quatre heures après la réunion. Pascale Briand, sa directrice, indique qu’« en l’état actuel des données fournies, elle considère que cette étude nécessitera une analyse approfondie à l’issue de la mise à disposition des rapports finaux »... tout en soulignant le fait que l’agence n’a observé « aucune mortalité suspecte » ! Cette position ambiguë n’a fait qu’ouvrir la voie aux rumeurs et aux contestations, alors qu’aucune mortalité d’abeilles due au Cruiser n’a été constatée pendant les semis ni pendant la floraison du maïs.

Afin de « sortir de tous ces problèmes “par le haut“ », le SPMF renouvelle donc sa proposition de mettre à la disposition du ministère trente exploitations apicoles totalisant plus de 15.000 ruches réparties sur tout le territoire. « Le ministère pourrait ainsi se donner les moyens de comprendre ce qui se passe, sans s’imposer ni écarter la moindre hypothèse préalable », indique Joël Schiro, pour qui « la polémique sur le Cruiser masque les vrais enjeux de l’apiculture ». Sans nier le problème des pesticides, le syndicat estime aujourd’hui prioritaires « le suivi des dossiers phytosanitaires par l’administration, le parasite Varroa et la stérilité des reines ». Ce phénomène de stérilité a été très présent en 2008. En effet, le pourcentage des bourdonneuses (stérilité des reines) a atteint 30% des ruches sur les exploitations professionnelles les plus performantes. Reste à savoir si les services du ministère accepteront la proposition du SPMF...

Télécharger le communiqué du SPMF

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