« Faire du goji bio est très compliqué » constate Rolland Jaunay, PDG de Comptoir des Saveurs

actualités 02 | 12 | 2010

« Faire du goji bio est très compliqué » constate Rolland Jaunay, PDG de Comptoir des Saveurs

Entretien avec Rolland Jaunay, PDG et fondateur du Comptoir des Saveurs, une société d’import et de distribution de produits de confort et de bien-être, situé à Marseille. Créé en 2007, le Comptoir des Saveurs est aujourd’hui l’un des deux plus gros importateurs français de goji. Avec plus de 2000 clients, dont 900 pharmacies, Rolland Jaunay réalise un chiffre d’affaires d’environ 1,5 million d’euros. Mis en cause dans un article paru dans le mensuel Que Choisir, il a souhaité réagir..

Suite à l’article paru dans le mensuel Que Choisir, mettant en cause la qualité du goji, vous avez adressé un droit de réponse. Pourquoi ?

Dans son numéro d’octobre, le magazine Que Choisir a en effet publié un article intitulé « Baies de goji, riches en pesticides ». Nous avons souhaité répondre, car nous avons estimé qu’il s’agit d’un article à la fois orienté et malveillant. Etant l’un des principaux importateurs de goji en France, nous sommes directement concernés par la qualité de ce produit. A ce titre, nous nous sommes rendus sur ses sites de culture, sur les hauts plateaux du nord-ouest de la Chine, pour y rencontrer les agriculteurs, vérifier les méthodes de culture et faire notre propre sélection. Nous nous sommes trouvés dans des endroits désertiques sur lesquels il n’y a même pas l’électricité, à environ 1200 mètres d’altitude, voire 1600, avec l’Himalaya en point de mire. L’air est d’une pureté rare, la ville la plus proche se trouve à 1 h 30 de voiture. Il s’agit d’une région excentrée qui n’est même pas survolée par les avions ! Toutes les conditions sont requises pour faire là du bon travail et des produits de qualité. En outre, tous nos lots sont contrôlés avant embarquement par un laboratoire indépendant de réputation mondiale, Eurofin. Par souci de transparence, ce contrôle est fourni à nos clients. Nous sommes d’ailleurs les seuls importateurs à pratiquer de la sorte. Bien entendu, nous attachons une attention particulière aux résidus de pesticides, notamment l’acétamipride, cité dans l’article. Le goji dispose d’une LMR de 0,50 mg. Pour rappel, je tiens à préciser que la tomate dispose d’une LMR semblable (0,50 mg), alors que le taux autorisé pour le raisin est de 0,40 mg. Toutefois, lorsque vous consommez du goji, ce n’est jamais plus de 30 grammes quotidiens, contrairement aux raisins ou aux tomates, où une consommation de 150 à 200 grammes n’est pas inhabituelle. Prétendre que nous empoisonnons les gens, comme le laisse entendre Que Choisir, par des produits « bourrés de pesticides », n’est donc pas très sérieux. D’autant plus que le produit incriminé par le mensuel avait un taux d’acétamipride de 0,21 mg. Donc inférieur à la LMR. Il était parfaitement légal de le commercialiser.

Ces normes, que nous respectons, sont établies par des organismes européens en collaboration avec des professionnels de la santé. Or que dit l’article ? Qu’elles ne seraient pas assez rigoureuses. Bien entendu, la journaliste a parfaitement le droit de le penser. Mais ne s’agit-il pas là d’un simple jugement personnel ? N’aurait-il pas été plus rigoureux qu’elle justifie son avis plutôt que de prétendre que ces seuils, laxistes à ses yeux, auraient été déterminés en fonction du bon vouloir des « opérateurs » ?

Faut-il rappeler à la journaliste que, pour ingurgiter 1 mg d’acétamipride, – ce qui peut en effet provoquer une diarrhée, il faudrait consommer... 100 kg de baies de goji ! Arrêtons donc ce mauvais procès. En réalité, consommer du goji ne représente aucun danger. Bien au contraire. Ce fruit est soumis aux mêmes normes que les produits frais que vous achetez dans vos magasins tous les jours.

Quelles ont été les suites données par Que Choisir à vos courriers ?

Le silence total ! Or, nous avons sollicité Que Choisir afin de pouvoir nous entretenir au téléphone avec la journaliste, et clarifier les points litigieux de son article. Par ailleurs, nous désirions obtenir un droit de réponse, qui ne nous a pas été accordé, alors que, pour illustrer son article, la journaliste avait fait figurer un de nos produits. Nous aurions pu apporter une information plus nuancée et plus proche de la réalité. Pourtant, nous n’avons eu aucune réponse. Ce qui est plutôt surprenant pour un journal qui prétend apporter une information objective et de qualité, au service des consommateurs.

Dans son article, Fabienne Maleysson relève que l’on trouve des pesticides, du plomb et du cadmium dans le goji bio. Contestez-vous ces propos ? 


Le goji bio présente en effet un réel problème. Le goji est un produit qui n’a qu’une floraison par an. Il faut donc le protéger pendant les dix mois que dure sa culture. Pour les producteurs de goji, qui sont souvent des paysans très pauvres, sa récolte représente leur seule source de revenus possible. On peut aisément comprendre qu’ils ne peuvent pas se permettre de perdre tout ou partie de leur récolte. Ensuite, entre le moment de la récolte et l’arrivé du produit aux consommateurs, il se passe encore dix mois. Il faut s’assurer que rien n’altère la bonne tenue du produit. Il est donc souvent indispensable, et ce pour préserver la qualité du produit, d’intervenir à un moment de la chaîne. Mais des normes de qualité ont été mises en place afin de garantir la sécurité sanitaire des consommateurs. En ce qui concerne le goji bio, il est vrai que certains abus ont été commis. Justement parce qu’à force de vouloir mettre des critères trop difficiles à appliquer, des abus ont été commis. Ainsi, pour satisfaire les consommateurs à la recherche d’un logo, des personnes mal intentionnées ont flirté avec les limites de la loi. Nous avons toujours dénoncé ces pratiques. Dans la réalité, je me demande même si le goji bio existe vraiment...

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