actualités 28 | 02 | 2007

Gérard Pascal : « La désinformation sur les OGM doit cesser. »

Trop, c’est trop ! Pour Gérard Pascal, membre de la Commission du génie biomoléculaire (CGB) et chercheur à l’Inra, la coupe est pleine. Suite à la seconde vie que connaît via Internet le documentaire de Canal + « OGM, l’étude qui accuse », il a décidé de réagir publiquement.

« Je ne peux qu’exprimer mon exaspération devant des manipulations aussi grossières. Outre le fait qu’elles concernent la diffusion d’informations erronées, elles mettent en cause l’intégrité, la compétence et la probité de scientifiques français », déclare-t-il dans un communiqué de presse daté du 27 février 2007. « Le reportage diffusé sur Canal + prétend que la CGB aurait dissimulé des informations graves quant aux effets de ce maïs [MON 863] sur des rats. J’estime qu’il est urgent de mettre un terme à ces rumeurs. », poursuit-il.

Gérard Pascal, qui a exercé des activités de recherche et d’expertise dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments depuis plus de 35 ans, s’insurge surtout contre le fait « que l’on accuse la CGB de légèreté dans l’examen de ce dossier, puisqu’elle a mis plus d’un an pour étudier les informations complémentaires demandées après un premier examen et faire réaliser des contre-expertises par des scientifiques particulièrement compétents, leurs compétences ayant été jugées sur la base de la qualité de leurs publications scientifiques et des responsabilités qu’ils ont exercées. Sa conclusion finale est analogue à celle d’autres comités d’experts comme ceux de l’AFSSA et de l’AESA. Pour ces trois instances, le maïs MON 863 présente une sécurité équivalente à celle du maïs conventionnel. »

Revenant sur les travaux de Manuela Malatesta, présentés dans le reportage comme un élément à charge contre les OGM, Gérard Pascal commente : « Une démarche analogue à celle de la CGB aurait été la bienvenue avant de prendre pour argent comptant les conclusions d’une équipe italienne évoquées dans le reportage, sans doute compétente dans son domaine, mais sans expérience en matière d’expérimentation toxicologique. Elle a mis en œuvre des protocoles sévèrement critiqués par la collectivité scientifique sur la base de ses publications et qui rendent ses résultats ininterprétables en termes de risques, sauf à vouloir délibérément défendre une thèse hors de toute rigueur scientifique. »

Gérard Pascal regrette enfin que la chaîne de télévision Canal + ait « failli en ne respectant pas les règles du débat scientifique et en négligeant les avis de dizaines de scientifiques pas seulement français, de compétences et d’origines diverses, dont l’impartialité, l’intégrité et la probité, sont ainsi mises en cause. »

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