Greenpeace : un ancien énarque recrute François Veillerette

actualités 26 | 11 | 2008

Greenpeace : un ancien énarque recrute François Veillerette

Depuis le 24 novembre 2008, François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), a rejoint le conseil d’administration de Greenpeace France. Une association qu’il connaît d’autant mieux qu’il en a assuré la présidence de 2002 à 2005, après en avoir été simple militant pendant plusieurs années. A cette époque, François Veillerette ne s’intéressait pas vraiment aux résidus de pesticides dans le vin. En revanche, il organisait des blocages de convois de plutonium civil destinés aux centrales nucléaires. A ce titre, il a été condamné à 2.000 euros d’amende pour complicité d’entrave à la circulation sur la voie publique.
En 2005, il a abandonné son mandat – et les lourdeurs administratives d’un mouvement dont les actions sont coordonnées et validées par son bureau d’Amsterdam – pour jouir d’une plus grande liberté en France, choisissant comme combat celui, particulièrement porteur, des pesticides. C’est alors qu’il s’est investi dans sa propre association, le MDRGF. Plus léger et plus réactif, le MDRGF a pu se faire connaître par les journalistes en quête de communiqués chocs et d’informations pas toujours très exactes.

On peut se demander pourquoi cette année François Veillerette opère un tel retour à ses premières amours, après quelques années de militantisme écologiste « indépendant » ? A-t-il été motivé par la présence rassurante d’un énarque (promotion Lazare Carnot) à la tête de Greenpeace ? En effet, après la canadienne Katia Kanas, présidente de Greenpeace France depuis 2003, c’est au tour de Robert Lion de prendre les rênes de l’association écologiste. Bien mieux implanté dans le paysage français que Katia Kanas, représentante typique des militants écologistes des années soixante-dix, Robert Lion a été chef de cabinet de Pierre Mauroy avant de cumuler les postes les plus prestigieux comme celui de directeur général de la Caisse des dépôts (CDC) de 1982 à 1992, d’administrateur du Club Méditerranée et d’Air France (1982-92), de Havas (1988-92), d´Eurotunnel (1986-2000) et même trésorier de la Fondation de France (1982-92). Voilà donc à la tête de Greenpeace un officier de la Légion d´honneur et de l´ordre national du Mérite, de surcroît Commandeur des Arts et des Lettres, et Croix de la Valeur militaire. Dire qu’il y a encore quelques naïfs qui pensent que Greenpeace est une association de militants marginaux, voire de rebelles...

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