actualités 15 | 05 | 2006

Grippe avaire : Retour à la raison

Vendredi 12 mai, le gouvernement de Dominique de Villepin a décidé de suivre les recommandations de l’Afssa et de lever les mesures de confinement des volailles en vigueur sur l’ensemble du territoire français depuis le 15 février dernier.

L’agence française de sécurité sanitaire estime en effet dans son communiqué de presse que les migrations d’oiseaux sauvages en provenance d’Afrique ou du nord-est de l’Europe présentent un risque « nul à négligeable » d’introduction du virus H5N1 de la grippe aviaire en France « pour la période allant de mai au début des migrations automnales ».

Rien ne justifie donc ces mesures, dont l’application relevait davantage d’un usage abusif du principe de précaution que de la réalité observée sur le terrain.

Rappel des faits :

1) sur les 64 oiseaux sauvages trouvés morts et porteurs du virus H5N1 hautement pathogène, 63 ont été découverts en Dombes. Il s’agissait d’oiseaux sédentaires poussés à migrer à cause du froid, et provenant de la région d’Oural. Aucun d’entre eux n’était donc un oiseau migrateur provenant d’Afrique.

2) Sur plus de 14.000 oiseaux sauvages morts et analysés en France depuis le début de l’année, aucun n’était porteur du virus H5N1 hautement pathogène.

3) Sur les 7.000 prélèvements effectués en Afrique, aux points de départ de la deuxième vague d’oiseaux migrateurs, et qui ont été analysés à Padoue, en Italie, l’équipe du Dr. Lancelot, directeur scientifique du Cirad a révélé que la prévalence était égal à zéro.

Comme l’a affirmé le Dr Olivier Dehorter, ornithologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), dans un entretien au Monde du 22 février 2006, les cas d’oiseaux identifiés porteurs du virus en Europe ne doivent rien aux mouvements de migrations d’Afrique, mais « à des mouvements de fuite de l’Est vers l’Ouest » dus à la récente vague de froid. Les températures très basses qui ont touché l’Europe orientale ont ainsi poussé plusieurs espèces vers l’Ouest, contribuant au transfert du virus.

Ces propos sont confirmés par l’observation des associations pour la protection des oiseaux, insuffisamment prises en compte. Ainsi, pour Pascal Orabi, de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), les migrations n’expliqueraient pas tout. Rappelant qu’au Nigeria, le premier foyer infectieux a été identifié dans un élevage industriel, l’ornithologue s’interroge sur le rôle « des relations commerciales entre le Nigeria et la Chine » dans la propagation de l’épidémie.

Pour sa part, l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) commence à changer de discours, expliquant désormais que la grippe aviaire reste « très très difficilement transmissible à l’homme ».

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