actualités 21 | 08 | 2006

Ifen : les trois grossières erreurs de François Veillerette

Suite au rapport du 5 août 2006 de l’Institut français de l’environnement (Ifen), intitulé Les Pesticides dans les eaux - Données 2003 et 2004, François Veillerette, le président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), s’est empressé de publier un communiqué de presse, dont les termes ont été repris tels quels par l’AFP.

Erreur n°1

Dans son communiqué de presse daté du 18 août,le MDRGF écrit : « Ce sont en effet maintenant 96 % des cours d’eau et 61 % des eaux souterraines qui contiennent maintenant (sic) des résidus en France ! », alors que la citation exacte du rapport de l’Ifen est la suivante : « En 2004, des concentrations de pesticides ont été quantifiées sur 96 % des 607 points interprétables des réseaux de connaissance générale ». L’Ifen précise (page 6) : « Attention : “sur 96 % des points des cours d’eau“ ne signifie pas sur “96 % des cours d’eau“ ! » L’institut souligne en outre que « de façon générale, il faut éviter toute interprétation qui confondrait un point de mesure avec un cours d’eau ou une nappe, ou encore des pourcentages de points avec des pourcentages de cours d’eau ou des pourcentages de nappes souterraines (“90 % de points de mesure des cours d’eau quantifiés en classe jaune” ne signifie pas que “90 % des cours d’eau sont en classe jaune”) » (page 12).

Erreur n°2 :

Le MDRGF mentionne « des résultats en nette aggravation ». Pourtant, il est écrit dans le rapport de l’Ifen : « Ces valeurs sont très proches de celles figurant dans le sixième bilan annuel des pesticides dans les eaux, relatives à l’année 2002 » (Communiqué de presse de l’Ifen du 17 août 2006).

Erreur n°3 :

Le MDRGF affirme que « le nombre de substances mises en évidence est plus important qu’en 2002 : 229 pesticides différents dans les eaux de surface et 166 dans les nappes ». Le rapport de l’Ifen écrit qu’« en l’absence de statistiques plus poussées, on ne peut pas en conclure qu’il y ait plus de molécules différentes dans les eaux en 2004 qu’en 2002 ». L’Ifen souligne enfin qu’« il faut aussi éviter de comparer d’une année sur l’autre sans discernement les pourcentages de points quantifiés ou les pourcentages d’analyses quantifiées pour en dégager des tendances ». Précisément ce que fait le MDRGF !

Ces erreurs sont peu surprenantes de la part de l’association de François Veillerette. En revanche, on ne peut que s’étonner du fait qu’une agence de presse réputée pour son professionnalisme ne prenne même pas la peine de vérifier les informations dont elle se fait l’écho.

Générations Futures/MDRGF pesticides

Articles analogues