« L'absence de produits phytosanitaires handicape les producteurs de fruits et légumes »...

actualités 19 | 11 | 2010

« L’absence de produits phytosanitaires handicape les producteurs de fruits et légumes »...

« L’absence de produits phytosanitaires handicape les producteurs de fruits et légumes » estime une note confidentielle des producteurs de la filière F&L.

Les pertes économiques dues à l’absence de produits phytosanitaires (usages orphelins) peuvent s’élever jusqu’à 6.000 euros par hectare, soit « une perte globale nationale de 60 millions d’euros par filière », affirme une note économique confidentielle qu’A&E a pu se procurer. Celle-ci a été réalisée par l’association ForumPhyto, qui réunit l’essentiel des organisations économiques liées à la production de fruits et légumes. Bien que les usages orphelins concernent de très nombreuses cultures, la note se concentre sur trois cultures : le radis (représentatif du bassin nantais), les artichauts (Bretagne) et la pomme.

La France produit chaque année 48.000 tonnes de radis, ce qui la place au deuxième rang des producteurs européens. Pour le seul département de la Loire-Atlantique, la culture du radis rapporte un chiffre d’affaires d’environ 8 millions d’euros. Or, depuis 2007, plus aucun produit n’est homologué contre la mouche des semis, qui occasionne de très lourds ravages. Certes, les producteurs ont obtenu une série de dérogations successives (pour une durée de 120 jours à chaque fois). Mais sans solution durable, ils sont maintenus dans un climat d’incertitude permanent. «  Le remplacement des traitements chimiques par un atelier de tri manuel à la récolte provoquerait un surcoût de 6.905 €/ha », estime la note. Soit une perte directe de 18 millions d’euros pour la filière.

Pour les artichauts, cultivés en Bretagne à hauteur de 80% du tonnage national, l’absence d’homologation d’un désherbant efficace, en particulier contre les dicotylédones, engendrerait un coût direct d’environ 10 millions d’euros. Le désherbage mécanique, complété par un binage manuel, se traduit en effet par un surcoût de 1.020 €/ha, selon les auteurs. Là aussi, des dérogations successives de 120 jours sont accordées depuis 2007. Ce qui ne reflète pas une gestion très « durable » !

Enfin, la pomme, premier fruit consommé par les Français, et dont la production s’élève à 1,6 million de tonnes par an en moyenne, n’est pas épargnée. Le retrait du carbaryl en 2008 a privé les producteurs de toute solution efficace pour l’éclaircissage des pommiers. La benzaladénine, accordée par dérogation de 120 jours depuis 2009 montre ses limites, avec des pommes « nanifiées ». « Pour uniquement la variété Golden, l’éclaircissage manuel provoque un surcoût d’environ 6.000 euros/ha, soit une diminution de rentabilité de 67 millions d’euros pour cette seule variété », indique l’étude, qui met en garde contre les conséquences d’une telle perte de compétitivité. « Nous allons vers des cessations d’activité massives, notamment dans les régions fruitières, comme la région Rhône-Méditerranée, ou légumière comme la Bretagne », s’inquiète Jean-François Proust, responsable de ForumPhyto, qui aurait également pu prendre l’exemple des producteurs de carottes et de céleris, dépourvus de solutions face aux ravages de la mouche en culture, ou de ceux de pêches et de nectarines, bien démunis face aux problèmes causés par la mouche méditerranéenne.

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