actualités 14 | 06 | 2007

La CGB récuse l’étude de Greenpeace sur le maïs OGM MON 810

Saisie le 24 mai 2007 d’une demande d’avis sur un rapport de Greenpeace relatif à la teneur en protéine Bt du maïs MON810, par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche, la Commission du génie biomoléculaire (CGB) a rendu ses conclusions le 13 juin 2007. Elles sont claires et sans appel : « Les données scientifiques apportées par Greenpeace [...] n’apportent pas d’éléments pertinents de nature à remettre en question l’évaluation environnementale de la culture du maïs MON 810 ».

L’avis de la CGB jette un sérieux doute sur la forme comme sur le fond du document de Greenpeace.

1. Sur la forme, les experts de la CGB [1] ont estimé que « le protocole fourni dans le rapport de Greenpeace n’est pas suffisamment détaillé pour juger de la validité des mesures en vue d’une comparaison avec d’autres études ». Les experts ont également relevé que Greenpeace n’avait pas réalisé une « une procédure d’assurance qualité », ce qui constitue le B.A.BA d’une étude scientifique. Ainsi, par exemple, « l’absence de production de toxine dans 8 % des échantillons de maïs prélevés dans un des champs » pourrait parfaitement résulter d’un mélange de semences non transgéniques et de semences transgéniques dans les lots. Or, « un tel taux ne se trouve pas en principe dans les semences commerciales », explique la CGB.

En outre, la Commission rappelle toute la prudence avec laquelle il faut utiliser les tests ELISA (utilisés par Greenpeace) pour déterminer la quantité exacte de toxine dans un échantillon : « Cette quantité [...] peut varier en fonction de la stabilité de la protéine, qui dépend du milieu - en l’occurrence le tissu végétal - et des conditions dans lesquelles les échantillons ont été récoltés, acheminés et stockés sur le lieu d’analyse ». Or, les différences qui apparaissent dans le document de Greenpeace concernant « certaines plantes ou parties de plantes acheminées par courrier, dans des conditions non décrites [...], peuvent résulter de l’âge des tissus prélevés, d’une mauvaise ou trop longue conservation, de variations d’ordre expérimental (lors de l’extraction des protéines par exemple), etc. ».

2. Sur le fond, la Commission est encore plus sévère. Rappelant que « les éléments essentiels pour l’évaluation des risques sont l’efficacité de l’OGM sur les insectes cibles et son impact sur les organismes non-cibles, qui peuvent être évalués indépendamment de la mesure de la production de toxine Bt », la CGB conclut que « même en admettant que les concentrations de toxine Bt observées dans l’étude de Greenpeace correspondent à la production réelle de toxine dans les plantes testées, il n’est pas nécessaire d’évoquer une toxicité supérieure de la toxine produite par les feuillages des maïs MON 810 pour expliquer l’efficacité de ce maïs contre les ravageurs cibles. »

En effet, d’une part, « les maïs MON 810 semblent produire des doses de toxine qui, indépendamment des variations selon l’âge de la plante et l’environnement, sont suffisamment élevées pour tuer les larves sensibles avant qu’elles n’atteignent le stade diapausant. » ; d’autre part, « concernant l’hypothèse d’une toxicité accrue de la protéine Cry1Ab produite par le maïs MON 810 pour l’entomofaune non cible, la récente étude de Marvier et al. (2007) montre que les variétés MON 810 n’ont pas plus d’impact sur les invertébrés non cibles que les autres variétés de maïs Bt, et que cet impact est limité, et inférieur à celui des traitements insecticides. »

Voilà quelques clarifications bienvenues, qui devraient permettre une fois pour toutes à Alain Juppé, ministre de l’Ecologie, du Développement et l’Aménagement durables, de mesurer à leur juste valeur les « études » dites scientifiques de Greenpeace...

Télécharger le communiqué de presse d’Alain Juppé, ministre d’Etat, chargé de l’Environnement, du Développement et de l’Aménagement durables et de
Christine Lagarde, ministre de l’Agriculture et de la Pêche

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