actualités 30 | 10 | 2007

La hausse exagérée du prix des produits laitiers

« Après ceux du pain, les prix du fromage s’apprêtent à leur tour à grimper. Fortement », annonce le quotidien économique Les Echos dans son édition du 22 octobre. Le champion européen du secteur Lactalis annonce ainsi pour les prochains mois une augmentation de 15 % à 17 % des prix de son camembert, de son roquefort et de son lait, vendus à la grande distribution. Et ses concurrents sont sur la même longueur d’ondes : Danone compte également relever ses prix de 10,48 % au mois de novembre, alors qu’une première augmentation (limitée à 2,5 %) avait déjà eu lieu cet été. « C’est une hausse vitale pour nous. Elle ne fait que répercuter la flambée de nos matières premières » , se justifie le patron de Lactalis, Michel Léonard, dans un entretien donné au quotidien économique. Faux, rétorque la Coordination rurale dans un communiqué daté du même jour. Le syndicat agricole s’insurge contre cette « vaste campagne de désinformation des industriels » et rappelle que l’impact réel de la hausse du prix du lait sur le prix de revient des produits laitiers est de 1,4 %, « bien loin des 10 % ou 17 % annoncés par les industriels ».

Certes, les professionnels se sont entendus sur une augmentation des prix accordés aux éleveurs depuis le 1er octobre, « mais pas du tout de 20 %, comme le prétendent Les Echos », explique François Lucas, le président de la Coordination rurale. En réalité, le prix à la ferme a seulement été majoré de 0,02 €/litre par rapport au mois dernier, soit une hausse de 7,1%. Le prix du lait à l’étable a été fixé pour le quatrième trimestre 2007 en moyenne à 0,368 €/litre, car il varie également en fonction du contenu en matière grasse, du taux en protéines, voire de la région de production. « Mais ce n’est pas tout, car il faut savoir que le prix du lait ne représente en moyenne que 20 % du produit fini, voire beaucoup moins. Donc en réalité, la hausse actuelle du prix à la production ne représente au plus que 20 % de 7,1 %, soit 1,4 % dans le produit fini ! Les hausses annoncées par Lactalis et Danone sont donc largement exagérées », estime avec raison le syndicat agricole.

Sans oublier que comme pour de nombreuses autres denrées alimentaires, le prix du lait payé aux producteurs a subi depuis plusieurs années une telle baisse - jamais répercutée sur les produits de consommation - que de nombreux éleveurs ont dû abandonner leur ferme. Et ceux qui ont su résister subissent comme tous les autres acteurs économiques la pression de l’augmentation du prix des matières premières...

Tout ceci n’est pas de bon augure pour la commission Attali, chargée de trouver des solutions pour améliorer le pouvoir d‘achat des Français. « Elle pourrait proposer une nouvelle réforme de la loi Galland et mettre un peu plus la pression sur les distributeurs et leurs fameuses marges arrières », concluent Les Echos.

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