actualités 30 | 05 | 2008

Le Conseil économique et social (CES) jette un pavé dans la mare de l’agriculture bio

Atteindre l’objectif de 6 % de surfaces en agriculture biologique en 2013, et 20 % en 2020, comme le propose le Groupe 4 du Grenelle de l’environnement, pourquoi pas ?

Encore faut-il savoir ce que cela signifie. C’est ce que vient de rappeler le Conseil économique et social (CES) dans son avis soumis à l’assemblée plénière les 27 et 28 mai 2008. Le CES s’interroge en effet sur le sens d’un tel objectif « puisqu’il n’est pas corrélé à des chiffres en volume de production ».

Le CES s’interroge surtout sur la pertinence de viser une part de 20 % de produits biologiques dans la restauration collective publique d’ici à 2012. Car l’agriculture biologique « ne constitue pas une garantie de qualité nutritionnelle », rappelle l’avis du conseil. Ne serait-il donc pas souhaitable que d’autres modes de production agricole, « à faible empreinte écologique », puissent également être recensés dans l’objectif de 20 % d’ici à 2012, se demande le CES.

C’est précisément ce que propose le Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf), qui s’est exprimé suite à une circulaire adressée le 2 mai dernier par le Premier ministre aux administrations afin de les encourager à utiliser davantage de produits issus de l’agriculture bio. Sauf que, comme le note Agnès Laszczyk, directrice du Synalaf, « il y a actuellement une offre insuffisante en bio. En 2006, le nombre de volailles biologiques produites en France était de 4,5 millions, avec une progression de 1 % en 2007. Pour approvisionner la restauration collective à hauteur de 20 %, il faudrait une production d’environ 20 millions de poulets bio ! » C’est que les poulets bio représentent un coût estimé à 50 % de plus qu’une volaille Label rouge ! « Le bio, oui, très bien, mais ce n’est pas la panacée. Depuis plusieurs années, nous avons engagé une démarche volontaire de qualité, y compris en volailles. Or, il y a bien souvent confusion en matière de qualité concernant le bio. Elle se trouve aussi dans les labels. Nous voulons faire de la qualité au quotidien, avec le bio, ce ne sera pas possible, à cause du surcoût engendré », renchérit Jean-Loup Germain, du Comité de coordination des collectivités.

Au final, l’objectif du Grenelle en ce qui concerne l’approvisionnement en bio risque d’entraîner des effets pervers. Pour compenser une offre épisodique de menus bio plus onéreux, les restaurants collectifs qui tenteront l’expérience pourraient être amenés à équilibrer leur budget en reportant leur choix sur des produits d’importation ou de basse qualité. Pour les autres, pas assez compétitifs pour fournir des repas à un prix abordable, la question ne se pose même pas...

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