Le Cruiser, le Poncho et le Gaucho de nouveau autorisés en Allemagne

actualités 09 | 07 | 2008

Le Cruiser, le Poncho et le Gaucho de nouveau autorisés en Allemagne

Le 27 juin dernier, le bureau fédéral allemand de la protection des consommateurs et de l’alimentation (BVL) a réautorisé les traitements de semences à base de thiamethoxam, de clothianidine et d’imidaclopride pour les cultures de colza.

L’utilisation de ces matières actives avait été suspendue le 16 mars dernier, suite à des mortalités d’abeilles signalées dans le Baden-Württemberg (Allemagne du Sud). Selon l’avis du BVL, les enquêteurs allemands privilégient aujourd’hui la piste d’un problème de poussières du à la conjonction de plusieurs facteurs tels qu’une mauvaise qualité de l’application, l’utilisation de certains semoirs pneumatiques et des conditions climatiques très particulières (temps très sec et venteux). « Chez le maïs, une abrasion a conduit à ce que des poussières du produit phytosanitaire soient disséminées dans l’environnement et ensuite absorbées par les abeilles », peut-on lire dans l’avis. Dans son autorisation, le BVL préconise donc de renforcer l’adhésion du produit phytosanitaire à la graine et d’utiliser exclusivement des machines qui ne libèrent pas de poussières dans l’air. Par ailleurs, il a demandé au Julius Kühn Institut de vérifier s’il existait ou non un risque que la matière active absorbée par la plante de colza puisse se retrouver au niveau de la fleur, exposant les butineuses à un danger. La réponse de l’institut a été claire : « Un impact sur les abeilles par ce biais est impossible ».

« La décision allemande permet aux semenciers de commencer le traitement des graines à temps pour les semis de colza », explique Claude Grand, directeur général de RAGT Semences. Sur les 1,4 million d’hectares consacrés au colza outre-Rhin, « 99% des surfaces sont en effet semées avec des semences traitées », souligne M. Grand.

Selon le ministre de l’Agriculture du Baden-Württemberg, Peter Hauck, la société Bayer CropScience, propriétaire de la clothianidine, a mis à la disposition de la région une somme de 2 millions d’euros, qui devrait être attribuée aux apiculteurs touchés par l’intoxication, en fonction des preuves apportées et sous réserve que la molécule soit bien à l’origine de cet incident particulier. Ce geste de bonne volonté s’inscrit dans le cadre d’une longue collaboration entre les principaux syndicats apicoles allemands et Bayer CropScience. Evitant toute polémique et cherchant surtout à trouver les causes de leurs problèmes, les apiculteurs d’outre-Rhin ont participé depuis plusieurs années avec leurs instituts techniques apicoles, les pouvoirs publics et les entreprises agrochimiques, à la réalisation d’un monitoring permettant d’évaluer l’ampleur et les causes réelles des mortalités des abeilles. Ce monitoring a d’ailleurs clairement mis en évidence le rôle majeur des maladies, en particulier de la varroase, dans les mortalités.

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