Le repli de la production de pommes françaises se poursuit

actualités 30 | 09 | 2010

Le repli de la production de pommes françaises se poursuit

Cette année encore, la récolte française de pommes devrait marquer un repli, estime l’Association nationale pommes-poires (ANPP). Avec une production de 1,58 million de tonnes, la France ne cesse de perdre du terrain face à la concurrence. « En 2000, les producteurs français dominaient le marché européen grâce à une production située autour de 2,2 millions de tonnes ; aujourd’hui nous sommes dépassés par la Pologne et l’Italie », rappelle Daniel Sauvaitre, le président de l’ANPP. « 4,3% de la surface des vergers ont été arrachés encore l’hiver dernier », explique-t-il. Il constate une certaine morosité sur le terrain, « alors qu’en Italie, il n’y a pas d’arrachage et qu’un sentiment de confiance prévaut ». Même constat dans les pays de l’Est, notamment en Ukraine et en Biélorussie, « où de très beaux projets se mettent en place, avec une offre qui va se développer ».

Pourtant, le contexte économique de la pomme est plus favorable que l’année précédente. Alors que l’an dernier, les producteurs avaient vendu à perte (entre 15 et 17 centimes le kg, contre un prix de revient de 35 à 37 centimes le kg), cette année, les prix devraient être supérieurs aux prix de revient. « Cela donne du baume au cœur aux producteurs qui en ont vraiment besoin. Mais est-ce suffisant pour recréer un climat de confiance et d’entreprise ? », s’interroge Daniel Sauvaitre, qui attend toujours des pouvoirs publics un signal fort montrant que la France veut vraiment relever le défi de la compétitivité. « Avec le Grenelle de l’environnement, nous avons mis la barre très, très haut – et la filière qui vient de présenter son nouveau logo Verger Ecoresponsable, qui traduit les efforts réalisés en vergers, joue entièrement le jeu –, mais encore faut-il que l’innovation et l’homologation de nouvelles solutions suivent », déclare Pierre Varlet, responsable technique de la filière. Il ne manque pas d’exemples témoignant de l’insuffisance de réalisme des autorités françaises : l’arrêté du 12 septembre concernant le délai de réentrée à la parcelle après traitement (DRE) , l’augmentation des usages non pourvus, le manque de réactivité face à l’émergence de nouveaux parasites... De même, le bicarbonate de potassium est utilisé en Autriche et Suisse mais interdit en France, ainsi que de très nombreuses solutions autorisées par le cahier des charges bio européen mais interdites par la législation française.

A l’inverse, les producteurs italiens disposent de la bouillie sulfocalcique italienne (Polisenio), qui leur donne satisfaction. « La station de la Morinière, dans le Val de Loire, a expérimenté l’efficacité de la Bouillie Nantaise, seule bouillie sulfocalcique homologuée en France, et elle a clairement démontré son insuffisance d’efficacité pour la protection contre la tavelure du pommier, contrairement à Polisenio, plus dosée en soufre, et mise au point par la station de recherche agronomique italienne de Laimburg, en Italie », note Pierre Varlet. Idem pour le système dit de « confusion sexuelle double carpocapse et tordeuse », dont la matière active isolée n’entre jamais en contact avec les fruits ou l’utilisateur : utilisé en Italie et en Espagne, il n’est toujours pas homologué en France.

« Le combat de la compétitivité peut être gagné par les producteurs français... mais seulement si nous nous battons à armes égales », conclut Daniel Sauvaitre.

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