actualités 19 | 02 | 2008

Le sacre de François Veillerette

C’est officiel : selon le compte rendu du comité d’orientation d’EcoPhyto 2018, François Veillerette, président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF), siège parmi « les quinze personnes chargées de formuler des propositions », afin de définir la politique française sur les pesticides. Une sacrée promotion pour cet ex-militant de Greenpeace, qui dirige un groupuscule à peine capable de réunir une trentaine d’adhérents lors de ses assemblées générales !

D’ailleurs, les sources de financement de son association sont tellement occultes que le MDRGF a été noté 0 sur 5 dans le Baromètre de transparence des ONG publié en décembre 2007 par la Fondation Prometheus. Ne pouvant vivre de ses adhésions, il aurait même fait appel à des subventions de fondations étrangères, comme la Fondation Goldsmith et la Fondation Pentagonia. Et son adhésion à l’Alliance pour la Planète ne lui confère pas davantage de légitimité, puisque l’Alliance – qui n’est rien d’autre qu’un collectif – n’a aucun statut juridique, ce qui rend son fonctionnement encore plus opaque.

Mais qu’importe ! Depuis le Grenelle de l’environnement, François Veillerette a été promu au titre de « représentant de la société civile » par Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet. Il est vrai que depuis que certains journalistes l’ont chouchouté en lui donnant la parole à la première occasion, François Veillerette est devenu un « homme des médias ». Que ses propos soit souvent approximatifs, voire erronés, n’a visiblement guère d’importance. Il lui suffit d’être dans l’air du temps, c’est-à-dire de vilipender les pesticides et autres produits chimiques. Ce qu’il a d’ailleurs fait avec un sens certain de la communication à travers son pamphlet Pesticides : révélations sur un scandale français, dans lequel il n’a pas hésité à mettre en cause de nombreux chercheurs de l’Inra, de l’Igref, des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture ; bref, ceux qu’il a baptisés « lobby des pesticides », et qui siègent avec lui au sein d’EcoPhyto 2018.

Guy Paillotin, le président de ce plan ministériel, n’y est d’ailleurs pas épargné. Le militant anti-pesticides lance en effet l’attaque à la page 244 de son livre : « Et dans un rapport remis en février 2000, Paillotin entretient sans façon la confusion entre agriculture raisonnée et agriculture intégrée, sans doute pour mieux justifier la légitimité de la première ». Ironisant au sujet de l’ancien directeur de l’Inra, il poursuit : « Paillotin n’a pas été président de l’Inra pour rien. Il va plus loin encore, assurant que l’agriculture raisonnée [que François Veillerette dénigre dans son livre] vise à “respecter de la meilleure façon possible la nature, tout en maintenant, voire même en améliorant, la rentabilité économique des exploitations et en favorisant la qualité technologique et bien sûr sanitaire des produits”. Rien que ça ! »

Voilà qui devrait créer une ambiance de travail saine et hautement constructive lors des prochaines réunions d’EcoPhyto 2018...

Générations Futures/MDRGF biotechnologie

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